Un débutant titulaire du certificat de matelot pont gagne environ 1 900 à 2 130 € brut par mois (1 867 € selon l'Onisep, 2 129 € selon France Travail). Un matelot confirmé se situe autour de 3 000 € brut mensuels, avec des écarts importants selon l'armement, le pavillon et le type de navigation. À cela s'ajoutent primes d'embarquement, heures supplémentaires, indemnités de nourriture et, selon les situations, des avantages fiscaux liés au temps passé hors des eaux territoriales. Sur certains contrats internationaux ou dans l'offshore, la rémunération peut dépasser nettement ces fourchettes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux grandes voies. 1) La voie scolaire, dès la 3e : seconde professionnelle « métiers de la mer » puis CAP maritime (mention matelot) ou bac pro polyvalent navigant pont/machine, dans un des douze lycées professionnels maritimes français (Étel, Fécamp, Nantes, Le Guilvinec, Ciboure, Sète, Saint-Malo, La Rochelle, Boulogne-sur-Mer, Bastia, La Réunion...). Le CAP maritime se prépare en 2 ans après la 3e avec 12 semaines de stage embarqué. 2) La voie de la formation continue, à partir de 18 ans : le Certificat de matelot pont (CMP, ex-CIN), formation courte (quelques semaines) délivrée par les lycées maritimes et les centres agréés (CEFCM, écoles de formations maritimes, ACPM), qui suffit pour embarquer comme matelot. À cela s'ajoutent obligatoirement les modules STCW de sécurité et la visite médicale des gens de mer. Après 6 mois de navigation, le titulaire du CMP peut enchaîner sur le brevet de capitaine 200, puis vers les brevets d'officier via l'ENSM.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
À bord, le matelot pont est le bras droit des officiers pour tout ce qui touche au navire lui-même. Il participe aux manœuvres d'appareillage et d'accostage : lancer et reprendre les aussières, mouiller l'ancre, manipuler les treuils et les apparaux de pont. En mer, il assure la veille par quarts (des périodes de 4 heures, jour et nuit) sous l'autorité de l'officier de quart : il surveille l'horizon, le radar, les autres navires. Avec la qualification de matelot quart-passerelle (timonier), il tient aussi la barre.
Le reste du temps est consacré à l'entretien : piquage de rouille, peinture, graissage, contrôle et rangement du matériel de manutention et de sauvetage, nettoyage des ponts et des cales. Il veille également au bon déroulement du chargement et du déchargement des marchandises ou à l'embarquement des passagers, vérifie l'arrimage et le saisissage de la cargaison. Selon les navires, il peut participer à des convoyages, à des transports de passagers ou à des opérations de lamanage dans les ports.
Le travail se fait dehors, sur un pont qui bouge, souvent par tous les temps : c'est physique (port de charges, postures contraignantes, bruit, humidité) et cadencé par les quarts, donc parfois de nuit. La vie à bord est collective : on dort, on mange et on travaille avec le même équipage, généralement une quinzaine à une vingtaine de personnes, loin de chez soi.
Le rythme repose sur l'alternance embarquement / congés, à peu près moitié-moitié : environ 2 mois en mer pour 2 mois à terre au long cours, des rotations beaucoup plus courtes (type 3 jours / 3 jours) sur les ferries et les navires côtiers. Aucun télétravail possible, évidemment. Une aptitude médicale à la navigation maritime est obligatoire, et les débuts se font souvent sous contrat « d'embarquement au voyage », donc avec une part d'incertitude sur les premières années.
La marine marchande est un des rares secteurs où l'on progresse vraiment par la navigation : chaque mois embarqué compte. Après quelques mois de mer, le matelot peut passer des qualifications complémentaires (quart passerelle/timonier, engins de levage, sécurité avancée) puis viser le poste de maître d'équipage (bosco), qui encadre l'équipe pont.
Avec de la formation continue dans un lycée professionnel maritime ou un centre agréé, il est possible de préparer le brevet de capitaine 200 (petits navires, plaisance professionnelle, navires à passagers côtiers) puis, en reprenant des études à l'École nationale supérieure maritime, d'accéder aux brevets d'officier. D'autres passerelles existent vers le remorquage, le lamanage, le pilotage portuaire, l'offshore, la grande plaisance et le yachting, ou vers des métiers sédentaires à terre (exploitation portuaire, armement, sécurité maritime).
Le transport maritime français peine à renouveler ses équipages : Armateurs de France représente une cinquantaine d'entreprises, près de 1 000 navires et environ 16 000 marins, et les armateurs signalent régulièrement un déficit de candidats français, sur les postes d'officiers comme sur les postes d'exécution. Les débouchés existent dans le transport de marchandises (porte-conteneurs, vraquiers, rouliers), le transport de passagers (ferries, navires à passagers côtiers), les services portuaires (remorquage, lamanage), l'offshore, la pose de câbles et l'océanographie. Attention : le nombre de postes reste limité en valeur absolue, la mobilité géographique est indispensable (Le Havre, Marseille, Saint-Nazaire, Brest, Dunkerque, outre-mer) et les débuts passent souvent par des contrats courts « au voyage » pendant un an et demi à deux ans. Les portails spécialisés (Clicandsea, jeunemarine.fr) concentrent l'essentiel des offres.