Un matelot débutant démarre autour du SMIC à 2 000 € brut par mois, souvent un peu au-dessus dès qu'il détient sa qualification (France Travail cite environ 2 400 € brut pour un matelot qualifié). Avec l'expérience, la qualification de maître-matelot ou de timonier, et les spécialisations (ADN, passagers), la rémunération monte vers 2 800 à 3 200 € brut. S'ajoutent des éléments qui pèsent lourd : indemnités de navigation et de nourriture, primes de nuit et de week-end, logement à bord. Les conducteurs (capitaines) dépassent régulièrement 3 500 € brut, et un artisan batelier propriétaire de son bateau est rémunéré au chiffre d'affaires.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale est le CAP transport fluvial, préparé en 2 ans après la 3ᵉ (ou en 1 an après un premier CAP), très majoritairement en apprentissage au CFA de la navigation intérieure (Le Tremblay-sur-Mauldre, 78) ou au lycée Émile Mathis de Schiltigheim (67). Il forme directement au poste de matelot : matelotage, conduite, mécanique diesel, sécurité, réglementation. On peut poursuivre en bac pro transport fluvial (2 ans après le CAP, 3 ans après la 3ᵉ), qui ouvre plus vite l'accès aux fonctions de conducteur. La fonction de matelot reste accessible sans diplôme, mais depuis l'arrêté du 27 avril 2022 (transposition de la directive européenne 2017/2397), toute personne du personnel de pont doit détenir un livret de service et une qualification reconnue (homme de pont, matelot léger, matelot, maître-matelot, timonier, conducteur) : la qualification de matelot s'obtient désormais par examen. Des formations courtes en reconversion existent aussi pour les adultes, financées par les entreprises du secteur.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
À bord, le matelot est l'homme (ou la femme) à tout faire du bateau. Il prépare le départ, largue et reprend les amarres, manœuvre lors des passages d'écluses et de ponts, et surveille le plan d'eau pendant la navigation. Selon son niveau de qualification, il prend aussi la barre en timonerie sous la responsabilité du conducteur, en s'appuyant sur les cartes fluviales, le radar, le GPS, l'AIS et l'ECDIS.
Entre deux manœuvres, il assure la maintenance de première ligne : graissage et surveillance du moteur, vérification des niveaux, petites réparations mécaniques et électriques, peinture, nettoyage du pont et des cales. Il participe aux opérations de chargement et de déchargement (céréales, granulats, conteneurs, produits chimiques…), veille à l'arrimage et au respect de l'enfoncement du bateau. Sur les unités à passagers — bateaux-promenades, bateaux de croisière, navettes fluviales — il accueille le public, assure la sécurité à bord et prête main-forte au service.
Le bateau est à la fois le lieu de travail et le logement : on embarque pour plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, avec un équipage réduit de deux à quatre personnes. Les horaires suivent la navigation, pas l'horloge de bureau : départs très tôt, journées longues, navigation de nuit sur certains axes, week-ends travaillés en haute saison touristique. Le travail se fait dehors par tous les temps, avec du port de charges, des ponts glissants et des cordages lourds : la condition physique et la vigilance sont essentielles. Une aptitude médicale et la capacité à nager sont exigées. En contrepartie : des paysages qui changent tous les jours, une vraie autonomie et une ambiance d'équipage soudée.
Le parcours est très lisible : on démarre homme de pont ou matelot léger, on passe matelot, puis maître-matelot, timonier et enfin conducteur (capitaine) de bateau après avoir validé un nombre de jours de navigation dans son livret de service et réussi les examens correspondants. Ensuite, on peut se spécialiser (bateaux-citernes avec la formation ADN, transport de passagers avec l'attestation « expert en navigation avec passagers », navigation sur le Rhin ou la Moselle), devenir artisan batelier propriétaire de son bateau, ou passer à terre : exploitation et affrètement dans une compagnie fluviale, agent de maîtrise chez Voies navigables de France, formateur en centre de formation, maintenance de flotte.
Le secteur cherche activement du monde. Entreprises fluviales de France (E2F) et la Commission centrale pour la navigation du Rhin alertent depuis plusieurs années sur la pénurie de personnel navigant : départs massifs à la retraite dans la batellerie artisanale, peu de jeunes formés (quelques dizaines de diplômés par an en France), et une concurrence des emplois à terre aux horaires plus classiques. Résultat : les diplômés du CAP et du bac pro transport fluvial trouvent un emploi très rapidement. Les besoins existent sur le fret (Seine, Rhin, Rhône, Nord–Pas-de-Calais), mais aussi sur le tourisme fluvial en forte croissance (bateaux-promenades parisiens, croisières sur le Rhône et la Seine, péniches-hôtels) et chez les opérateurs de bacs et de navettes. Le report modal vers le fluvial, moins émetteur de CO₂, et les grands chantiers comme le canal Seine-Nord Europe soutiennent la demande à moyen terme.