Matelot de la navigation fluviale

À partir du CAP / BEP Emploi : Favorable
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Matelot de la navigation fluviale
Bernd Dittrich / Unsplash
Salaire net ~1 482 – 2 496 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le matelot de la navigation fluviale vit et travaille à bord d'une péniche, d'un automoteur ou d'un bateau à passagers qui sillonne les fleuves et les canaux. Amarrage, passage d'écluse, barre, entretien du moteur, chargement des marchandises : il fait tourner le bateau aux côtés du capitaine. Un métier de plein air, itinérant, accessible dès le CAP, dans un secteur qui manque de bras.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 482 €
net / mois
≈ 1,0 SMIC
1 900 € brut
Expérimenté
2 496 €
net / mois
≈ 1,7 SMIC
3 200 € brut

Un matelot débutant démarre autour du SMIC à 2 000 € brut par mois, souvent un peu au-dessus dès qu'il détient sa qualification (France Travail cite environ 2 400 € brut pour un matelot qualifié). Avec l'expérience, la qualification de maître-matelot ou de timonier, et les spécialisations (ADN, passagers), la rémunération monte vers 2 800 à 3 200 € brut. S'ajoutent des éléments qui pèsent lourd : indemnités de navigation et de nourriture, primes de nuit et de week-end, logement à bord. Les conducteurs (capitaines) dépassent régulièrement 3 500 € brut, et un artisan batelier propriétaire de son bateau est rémunéré au chiffre d'affaires.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du CAP / BEP
Diplôme de référence : CAP Transport fluvial

La voie royale est le CAP transport fluvial, préparé en 2 ans après la 3ᵉ (ou en 1 an après un premier CAP), très majoritairement en apprentissage au CFA de la navigation intérieure (Le Tremblay-sur-Mauldre, 78) ou au lycée Émile Mathis de Schiltigheim (67). Il forme directement au poste de matelot : matelotage, conduite, mécanique diesel, sécurité, réglementation. On peut poursuivre en bac pro transport fluvial (2 ans après le CAP, 3 ans après la 3ᵉ), qui ouvre plus vite l'accès aux fonctions de conducteur. La fonction de matelot reste accessible sans diplôme, mais depuis l'arrêté du 27 avril 2022 (transposition de la directive européenne 2017/2397), toute personne du personnel de pont doit détenir un livret de service et une qualification reconnue (homme de pont, matelot léger, matelot, maître-matelot, timonier, conducteur) : la qualification de matelot s'obtient désormais par examen. Des formations courtes en reconversion existent aussi pour les adultes, financées par les entreprises du secteur.

Diplômes les plus adaptés

CAP
CAP Transport fluvial
Bac
Bac pro Transport fluvial

Diplômes envisageables

Autre
Formation continue « matelot de navigation intérieure » (parcours adulte / reconversion, CFANI ou organismes agréés)

Certifications et permis

Requis
Livret de service et certificat de qualification de l'Union (matelot) Obligatoire depuis 2022 pour tout membre du personnel de pont : il atteste la qualification et enregistre les jours de navigation.
Requis
Aptitude médicale à la navigation intérieure et aptitude à la nage Visite médicale spécifique et capacité à nager (souvent brevet de natation 25 m) exigées à l'embarquement.
Atout
Certificat restreint de radiotéléphoniste du service mobile fluvial (CRR fluvial) Indispensable dès que l'on prend la barre pour communiquer en VHF avec les écluses et les autres bateaux.
Atout
Formation ADN (transport de marchandises dangereuses par voie navigable) Atout majeur et mieux rémunéré pour naviguer sur les bateaux-citernes.
Atout
Attestation « expert en navigation avec passagers » Demandée à bord des bateaux à passagers et de croisière pour les missions de sécurité et d'évacuation.
Atout
Sauveteur secouriste du travail (SST) et formation incendie Très apprécié dans un métier isolé où les secours peuvent mettre du temps à arriver.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Matelotage : amarrage, cordages, nœuds et manœuvres d'écluse
Indispensable Conduite et timonerie : lecture des cartes fluviales, radar, GPS, AIS, ECDIS
Indispensable Réglementation et règles de sécurité de la navigation intérieure
Important Maintenance de première ligne : mécanique diesel, électricité de bord, entretien de la coque
Important Opérations de chargement, déchargement et arrimage des marchandises
Important Utilisation des équipements de sauvetage et de lutte contre l'incendie

Les qualités qui comptent

Important Autonomie et débrouillardise
Indispensable Vigilance et sens de l'anticipation
Indispensable Sang-froid face aux imprévus (avarie, météo, trafic)
Indispensable Capacité à vivre et travailler en équipage restreint
Important Rigueur dans l'application des procédures
Un plus Sens de l'accueil (bateaux à passagers)

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

À bord, le matelot est l'homme (ou la femme) à tout faire du bateau. Il prépare le départ, largue et reprend les amarres, manœuvre lors des passages d'écluses et de ponts, et surveille le plan d'eau pendant la navigation. Selon son niveau de qualification, il prend aussi la barre en timonerie sous la responsabilité du conducteur, en s'appuyant sur les cartes fluviales, le radar, le GPS, l'AIS et l'ECDIS.

Entre deux manœuvres, il assure la maintenance de première ligne : graissage et surveillance du moteur, vérification des niveaux, petites réparations mécaniques et électriques, peinture, nettoyage du pont et des cales. Il participe aux opérations de chargement et de déchargement (céréales, granulats, conteneurs, produits chimiques…), veille à l'arrimage et au respect de l'enfoncement du bateau. Sur les unités à passagers — bateaux-promenades, bateaux de croisière, navettes fluviales — il accueille le public, assure la sécurité à bord et prête main-forte au service.

Les conditions de travail

Le bateau est à la fois le lieu de travail et le logement : on embarque pour plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, avec un équipage réduit de deux à quatre personnes. Les horaires suivent la navigation, pas l'horloge de bureau : départs très tôt, journées longues, navigation de nuit sur certains axes, week-ends travaillés en haute saison touristique. Le travail se fait dehors par tous les temps, avec du port de charges, des ponts glissants et des cordages lourds : la condition physique et la vigilance sont essentielles. Une aptitude médicale et la capacité à nager sont exigées. En contrepartie : des paysages qui changent tous les jours, une vraie autonomie et une ambiance d'équipage soudée.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Élevé
Environnement extérieur, véhicule, atelier
Comment ça évolue ?

Le parcours est très lisible : on démarre homme de pont ou matelot léger, on passe matelot, puis maître-matelot, timonier et enfin conducteur (capitaine) de bateau après avoir validé un nombre de jours de navigation dans son livret de service et réussi les examens correspondants. Ensuite, on peut se spécialiser (bateaux-citernes avec la formation ADN, transport de passagers avec l'attestation « expert en navigation avec passagers », navigation sur le Rhin ou la Moselle), devenir artisan batelier propriétaire de son bateau, ou passer à terre : exploitation et affrètement dans une compagnie fluviale, agent de maîtrise chez Voies navigables de France, formateur en centre de formation, maintenance de flotte.

Perspectives d'emploi

Favorable

Le secteur cherche activement du monde. Entreprises fluviales de France (E2F) et la Commission centrale pour la navigation du Rhin alertent depuis plusieurs années sur la pénurie de personnel navigant : départs massifs à la retraite dans la batellerie artisanale, peu de jeunes formés (quelques dizaines de diplômés par an en France), et une concurrence des emplois à terre aux horaires plus classiques. Résultat : les diplômés du CAP et du bac pro transport fluvial trouvent un emploi très rapidement. Les besoins existent sur le fret (Seine, Rhin, Rhône, Nord–Pas-de-Calais), mais aussi sur le tourisme fluvial en forte croissance (bateaux-promenades parisiens, croisières sur le Rhône et la Seine, péniches-hôtels) et chez les opérateurs de bacs et de navettes. Le report modal vers le fluvial, moins émetteur de CO₂, et les grands chantiers comme le canal Seine-Nord Europe soutiennent la demande à moyen terme.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Batelier / BatelièreMarinier / MarinièreMatelot de navigation intérieureMatelot premier niveau en navigation fluvialeMatelot deuxième niveau en navigation fluvialeMatelot timonier / Matelot timonière de la navigation fluvialeTimonier / Timonière de la navigation fluvialeMatelot garde moteurMatelot mécanicien / Matelot mécanicienne de la navigation fluvialeConducteur / Conductrice de la navigation fluviale en automoteur, remorqueur pousseurConducteur passeur / Conductrice passeuse de bacConvoyeur / Convoyeuse de bateau de transport fluvialHomme / Femme de pontÉquipier fluvial / Équipière fluviale

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéArtisanApprenti / Alternant