En début de carrière, la rémunération se situe autour de 1 800 à 2 000 € brut par mois, proche de celle d'un matelot débutant. Avec de l'expérience et des responsabilités (chef de service général, économe), on peut atteindre 2 500 à 2 800 € brut, parfois davantage sur les longues rotations. À cela s'ajoutent des éléments propres aux métiers embarqués : indemnité de nourriture (environ 15 à 20 € par jour embarqué), prime d'embarquement, majorations pour heures supplémentaires, travail de nuit, dimanches et jours fériés. Le logement et les repas sont fournis à bord, ce qui réduit fortement les dépenses. Les marins relèvent du régime spécial de l'ENIM (protection sociale et retraite des gens de mer). Attention : sur les navires de croisière sous pavillon étranger, les grilles de salaire et les conditions peuvent être très différentes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme unique pour ce métier : ce qui compte, ce sont les titres maritimes obligatoires pour pouvoir embarquer, plus un profil hôtellerie/restauration ou logistique.
Le socle indispensable : le CFBS (Certificat de formation de base à la sécurité, norme STCW, valable 5 ans), une formation courte (environ une semaine) délivrée par l'ENSM, un lycée professionnel maritime ou un centre agréé. Il faut aussi un certificat médical d'aptitude à la navigation maritime et être inscrit comme gens de mer (affiliation ENIM). Sur les navires à passagers (ferries, croisières), s'ajoutent les attestations « navires à passagers » : gestion des foules, sécurité des passagers, gestion de crise et comportement humain.
Côté diplôme, plusieurs voies mènent au poste : un CAP hôtellerie-restauration (commercialisation et services en HCR, production et service en restaurations), un CAP ou bac pro logistique, ou le certificat de formation maritime hôtelière (CFMH), spécifiquement conçu pour les fonctions d'agent du service général à bord. Le CAP maritime ou le certificat de matelot pont sont d'autres portes d'entrée, notamment pour évoluer ensuite vers le pont. De nombreuses compagnies (Corsica Linea, Brittany Ferries, La Méridionale, MSC, Costa…) recrutent aussi des saisonniers avec un simple CFBS et une expérience en service ou en entretien, puis forment en interne.
À noter : l'ONISEP n'a pas de fiche métier dédiée à ce poste précis — se référer aux fiches « matelot de la marine marchande » et aux ressources du ministère de la Mer (formations.mer.gouv.fr).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
À bord d'un navire, tout doit être prévu à l'avance : impossible de faire un aller-retour au magasin en pleine mer. C'est là qu'intervient l'agent de service général. Il réceptionne et contrôle les livraisons pendant les escales, range et suit les stocks (denrées, produits d'entretien, linge, fournitures, petit matériel), et distribue ce dont chaque service a besoin — cuisine, hôtellerie, machine, pont.
Il assure aussi l'entretien et la propreté des espaces communs, des cabines d'équipage et parfois des zones passagers, prépare des salles (réunions, réceptions à bord), vérifie l'état des équipements et signale les pannes au service technique en suivant l'intervention jusqu'à sa résolution. Enfin, comme tout membre d'équipage, il applique et fait respecter les règles d'hygiène et de sécurité, et participe aux exercices obligatoires : incendie, abandon du navire, évacuation des passagers.
C'est un métier embarqué : on vit sur son lieu de travail. Selon le type de navire, les embarquements durent de quelques jours (ferry transmanche ou Corse, souvent une semaine à bord / une semaine à terre, ou 15 jours / 15 jours) à plusieurs mois (croisière, marine marchande au long cours). Les horaires sont variables, avec du travail le week-end, les jours fériés et parfois de nuit, et une forte polyvalence : sur un navire, on met la main à tout.
Le travail est physique sans être extrême : manutention de cartons et de linge, déplacements permanents dans les coursives et les escaliers, station debout, gestes répétitifs, parfois par mer agitée. L'espace est confiné, l'équipage souvent multiculturel — l'anglais est très utile, voire indispensable sur les navires de croisière. En contrepartie : les voyages, une vie de groupe très soudée et de longues périodes de congés à terre. Le télétravail, évidemment, n'existe pas.
Avec l'expérience et des formations complémentaires, on peut devenir chef de service général, économe (responsable des approvisionnements du bord), maître d'hôtel, ou se spécialiser en restauration, en hôtellerie de bord ou en maintenance. Les certificats maritimes acquis (CFBS, gestion des foules, sûreté) ouvrent aussi des passerelles vers les fonctions pont ou machine via le certificat de matelot. Beaucoup choisissent après quelques années de « débarquer » vers des postes à terre : logistique portuaire, avitaillement de navires, magasinage, services généraux d'une compagnie maritime ou d'un hôtel.
Le transport maritime français représente environ 22 000 emplois directs, dont une majorité de postes embarqués, et le secteur peine à recruter : les compagnies signalent des difficultés à constituer leurs équipages, notamment sur les fonctions techniques et de service. Les compagnies de ferries recrutent chaque année plusieurs centaines de saisonniers entre juin et septembre — chez Corsica Linea par exemple, environ 90 % des recrutements estivaux concernent le personnel hôtelier et les agents d'accueil de bord. Le contrat saisonnier (2 à 4 mois) est souvent la porte d'entrée : beaucoup de professionnels y débutent avant d'être fidélisés en CDI. Les employeurs sont les compagnies de ferries (Brittany Ferries, Corsica Linea, La Méridionale, Corsica Ferries), les armateurs de la marine marchande, les compagnies de croisière (françaises et internationales) et les navires de services (offshore, câbliers, navires océanographiques). L'anglais et une bonne condition physique sont des critères de sélection récurrents.