En sortie d'école, un ingénieur énergies renouvelables démarre autour de 2 700 à 3 300 € brut par mois (environ 33 000 à 40 000 € brut annuels). Après 5 à 10 ans d'expérience, la rémunération atteint couramment 4 000 à 5 000 € brut mensuels, et dépasse 6 000 € pour les profils confirmés en management de projets ou sur des expertises rares (éolien offshore, hydrogène, stockage). S'y ajoutent souvent une part variable, des primes de déplacement et l'intéressement. Les salaires sont plus élevés en Île-de-France et chez les grands producteurs d'énergie que dans les petits bureaux d'études régionaux.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
L'accès au métier se fait à bac +5, sans véritable alternative. Deux grandes voies :
Écoles d'ingénieurs — généralistes (INSA, Arts et Métiers, UTC, Centrale, Mines, Polytech) ou spécialisées en énergie et environnement : Grenoble INP – Ense3 (énergie, eau, environnement), ENSEM Nancy, ENSIAME, ESTP, IMT Atlantique, ENSTA. On y entre après un bac général (spécialités maths + physique-chimie ou sciences de l'ingénieur) via une prépa scientifique (MP2I, MPSI, PCSI, PTSI), un cycle préparatoire intégré (Prépa des INP, INSA, Polytech) ou en admission parallèle après un BUT ou une licence.
Université — licence sciences pour l'ingénieur, physique ou énergétique, puis master mention énergie, mention énergétique-thermique ou mention électronique-énergie électrique-automatique (EEA), avec un parcours orienté énergies renouvelables. Candidature via la plateforme Mon Master.
Un BUT MT2E (métiers de la transition et de l'efficacité énergétiques, ex-BUT génie thermique et énergie) ou un BUT GEII sont d'excellents tremplins bac +3 pour rejoindre ensuite une école d'ingénieurs ou un master. Beaucoup de formations existent en alternance, très appréciée des recruteurs. Certains complètent par un mastère spécialisé (bac +6) en management des énergies renouvelables ou en nouvelles technologies de l'énergie. Les stages en bureau d'études ou chez un développeur de projets pèsent lourd à l'embauche.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Avant qu'un parc éolien ou une centrale solaire ne sorte de terre, quelqu'un a passé des mois à vérifier que le projet tenait la route : c'est l'ingénieur énergies renouvelables. Au quotidien, il réalise des études de faisabilité — combien de vent souffle sur ce site ? quel ensoleillement ? quel rendement espérer ? quel coût au mégawattheure ? Il modélise les installations sur ordinateur avec des logiciels spécialisés (PVsyst, WindPRO, TRNSYS, MATLAB, Python), dimensionne les équipements, chiffre les investissements et rédige les dossiers techniques.
Il vérifie ensuite que tout est conforme aux normes environnementales et à la réglementation (études d'impact, raccordement au réseau, autorisations administratives), échange avec les fournisseurs, les bureaux de contrôle, les collectivités locales et parfois les riverains. Quand le chantier démarre, il supervise l'installation des équipements, contrôle les essais de mise en service, puis analyse les performances réelles pour optimiser le rendement des installations déjà en fonctionnement. En recherche et développement, il travaille plutôt sur les technologies de demain : éolien flottant, énergies marines, stockage, hydrogène vert, panneaux plus performants.
Le métier se partage entre le bureau d'études (la majorité du temps : calculs, modélisation, rédaction) et le terrain : visites de sites, suivi de chantier, mesures. Les employeurs sont variés — bureaux d'études et d'ingénierie, développeurs et producteurs d'énergie (EDF Renouvelables, Engie, TotalEnergies, Voltalia, Neoen…), industriels fabricants d'équipements, centres de recherche (CEA, CNRS, IFPEN), collectivités et agences publiques comme l'ADEME.
Les horaires sont plutôt classiques, en journée, mais avec des pics d'intensité autour des jalons de projet et des remises d'offres. Les déplacements sont fréquents : les sites de production sont souvent en zone rurale, en montagne, sur le littoral ou en mer. Le télétravail est courant pour la partie études (souvent 1 à 2 jours par semaine), beaucoup moins pendant les phases de chantier. L'anglais est indispensable, la plupart des projets et des équipes étant internationaux.
Après quelques années, on se spécialise dans une filière (photovoltaïque, éolien terrestre ou offshore, hydroélectricité, géothermie, biomasse et méthanisation, énergies marines) ou dans une expertise transverse : stockage, réseaux intelligents, hydrogène, bilan carbone. Les évolutions naturelles vont vers le poste de chef de projet, puis responsable de bureau d'études, directeur technique, directeur R&D ou responsable du développement d'une zone géographique.
D'autres bifurquent vers le conseil indépendant (ingénieur-conseil, expertise pour investisseurs ou collectivités), vers le montage financier de projets, ou vers des fonctions plus larges de responsable énergie / transition énergétique en entreprise ou en collectivité. Une thèse (bac +8) ouvre les portes de la recherche publique et des laboratoires industriels.
Le secteur est porté par les objectifs français et européens de décarbonation : plus de 100 000 emplois directs dans les énergies renouvelables en France, avec des projections proches de 200 000 postes à pourvoir d'ici 2030. Les recrutements sont soutenus chez les développeurs de projets, les bureaux d'études et les industriels. Attention toutefois : la tension la plus forte porte aujourd'hui sur les postes techniques de terrain (techniciens de maintenance, monteurs, conducteurs de travaux) plus que sur les ingénieurs bac +5, où la concurrence à l'embauche reste réelle sur les postes les plus recherchés. Les profils qui sortent du lot sont ceux qui ont fait de l'alternance ou des stages longs, maîtrisent les outils de simulation et parlent anglais couramment. Les filières les plus dynamiques : photovoltaïque, éolien offshore, méthanisation, géothermie et stockage.