Halieute

À partir du Bac +5 Emploi : Difficile
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Halieute
Paul Einerhand / Unsplash
Salaire net ~1 650 – 3 450 €/mois
Télétravail Partiel
Horaires Variable

Aperçu rapide

L'halieute est le scientifique de la mer et des rivières : il compte les poissons, comprend comment ils vivent et se reproduisent, et calcule combien on peut en pêcher sans vider l'océan. Entre campagnes en mer, laboratoire et modèles statistiques, il donne aux pouvoirs publics et aux pêcheurs les chiffres qui servent à fixer les quotas. Un métier rare, très scientifique, pour celles et ceux qui veulent mettre les maths et la biologie au service de la protection des océans.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 650 €
net / mois
≈ 1,2 SMIC
2 200 € brut
Expérimenté
3 450 €
net / mois
≈ 2,4 SMIC
4 600 € brut

En début de carrière, un halieute gagne environ 2 100 à 2 500 € brut par mois (soit 25 000 à 30 000 € brut par an), souvent en CDD de recherche ou en contrat doctoral au départ. Après quelques années, la rémunération se situe entre 2 500 et 3 300 € brut mensuels, et peut atteindre 3 700 à 4 600 € brut pour des profils très expérimentés occupant des postes d'encadrement ou d'expertise. Dans les organismes publics (Ifremer, IRD, INRAE), le salaire suit une grille indiciaire : le salaire moyen d'un ingénieur Ifremer est estimé autour de 39 000 € brut par an. Les campagnes en mer donnent lieu à des indemnités d'embarquement.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du Bac +5
Diplôme de référence : Diplôme d'ingénieur de l'Institut Agro Rennes-Angers, spécialité agronomie — spécialisation Sciences halieutiques et aquacoles

Bac général avec les spécialités mathématiques et SVT (ou physique-chimie), puis obligatoirement un niveau bac+5 minimum. Deux grandes voies : (1) l'école d'ingénieur agronome, avec en France la référence historique du domaine — la spécialisation « Sciences halieutiques et aquacoles » de l'Institut Agro Rennes-Angers (ex-Agrocampus Ouest), accessible après une prépa BCPST ou sur dossier après un bac+2/+3 ; (2) l'université, avec une licence Sciences de la vie ou Sciences de la mer suivie d'un master (Sciences de la mer, Sciences halieutiques et aquacoles co-accrédité avec l'UBO Brest, Biodiversité écologie et évolution, Gestion de l'environnement…). Pour les postes de chercheur, le doctorat (bac+8) est quasi indispensable, souvent complété par un ou deux post-doctorats. Les compétences quantitatives (statistiques, modélisation, programmation R/Python) font aujourd'hui la différence à l'embauche, autant que la biologie. Un très bon niveau d'anglais est indispensable.

Diplômes les plus adaptés

Bac+5
Diplôme d'ingénieur de l'Institut Agro Rennes-Angers, spécialité agronomie — spécialisation Sciences halieutiques et aquacoles
Bac+5
Master mention sciences de la mer (parcours halieutique, ressources aquatiques, exploitation durable)
Autre
Doctorat en halieutique, écologie marine ou dynamique des populations exploitées (bac+8)

Diplômes envisageables

Bac+5
Master mention biodiversité, écologie et évolution
Bac+3
Licence mention sciences de la vie (parcours biologie des organismes / biologie marine)

Certifications et permis

Atout
Certificat de formation de base à la sécurité (CFBS / STCW) Exigé pour embarquer sur un navire océanographique lors des campagnes en mer.
Atout
Certificat médical d'aptitude à la navigation maritime Visite médicale obligatoire avant tout embarquement sur un navire de recherche.
Atout
Permis B Très utile pour les déplacements sur les ports, criées et sites d'échantillonnage.
Atout
Certification ou formation avancée en analyse de données (R, Python, modélisation statistique) Non obligatoire mais devenue un vrai atout : l'essentiel du métier repose sur le traitement de données.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Biologie et écologie des espèces aquatiques
Indispensable Statistiques et modélisation de la dynamique des populations
Indispensable Analyse de données et programmation (R, Python)
Important Techniques d'échantillonnage et de pêche scientifique
Important Économie des pêches et droit maritime
Indispensable Anglais scientifique (lecture, rédaction, réunions internationales)
Important Rédaction scientifique et vulgarisation

Les qualités qui comptent

Important Sens de l'observation
Indispensable Rigueur et sens du détail
Indispensable Esprit d'analyse et d'interprétation des résultats
Important Diplomatie et capacité à dialoguer avec les professionnels
Important Ténacité (travail sur le long terme, résultats lents à obtenir)
Un plus Adaptabilité (vie embarquée, conditions de terrain)

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

Contrairement à l'image d'Épinal, l'halieute passe la majorité de son temps devant un ordinateur, pas sur un chalutier. Son quotidien : traiter des jeux de données (captures déclarées par les navires, échantillonnages, campagnes scientifiques), coder des modèles statistiques de dynamique des populations sous R ou Python, estimer la biomasse d'un stock, sa mortalité par pêche, son taux de renouvellement. Il analyse la biologie des espèces — âge, croissance, reproduction, régime alimentaire, répartition dans l'espace et dans le temps — en lisant par exemple les otolithes (les « pierres d'oreille » des poissons, qui se lisent comme les cernes d'un arbre). Plusieurs semaines par an, il embarque sur un navire océanographique lors de campagnes d'évaluation (EVHOE, PELGAS, IBTS, MEDITS…) : coups de chalut, tri, mesure et pesée des prises, prélèvements. Il rencontre aussi les professionnels dans les ports, rédige des rapports et des articles scientifiques, et présente ses résultats devant des instances françaises, européennes ou internationales (CIEM, Commission européenne, commissions thoniers).

Les conditions de travail

Le métier se partage entre bureau, laboratoire et terrain. Au sec, les horaires sont proches de ceux de la recherche publique, avec du télétravail possible pour les phases d'analyse et de rédaction. En campagne, le rythme change complètement : vie à bord pendant deux à quatre semaines, quarts qui peuvent démarrer très tôt, travail debout sur un pont qui bouge, manipulation de caisses de poissons, froid et humidité. L'anglais est utilisé en permanence : publications, groupes de travail internationaux, expertises. Le métier suppose aussi de la diplomatie : les chiffres de l'halieute débouchent sur des quotas, donc sur des décisions économiques que pêcheurs, ONG et États ne reçoivent pas toujours de la même manière. Les employeurs sont majoritairement publics : Ifremer, IRD, INRAE, CNRS, universités, Office français de la biodiversité, OFB, administrations des pêches, mais aussi bureaux d'études, ONG environnementales, organisations régionales de gestion des pêches et coopération internationale.

Télétravail Partiel
Horaires Variable
Effort physique Modéré
Environnement bureau, laboratoire, mer, extérieur
Comment ça évolue ?

On commence souvent par des CDD de recherche, des thèses ou des post-doctorats avant de décrocher un poste stable, généralement sur concours dans un organisme public. Ensuite, plusieurs voies : la spécialisation scientifique (modélisation, écologie des écosystèmes marins, économie des pêches, aquaculture), la coordination de campagnes ou de programmes de recherche, la direction d'unité ou de laboratoire, l'expertise auprès des institutions européennes et internationales. D'autres bifurquent vers la gestion d'aires marines protégées, le conseil en développement durable des filières pêche et aquaculture, l'enseignement supérieur, ou la coopération internationale dans des pays où la pêche est un enjeu alimentaire majeur.

Perspectives d'emploi

Difficile

Le métier est rare et les débouchés peu nombreux : ils se concentrent dans une poignée d'organismes publics (Ifremer, IRD, INRAE, CNRS, universités, OFB) où les postes permanents s'obtiennent sur concours, après un parcours de CDD, thèse et post-doctorats. La concurrence est forte. Les enjeux actuels — surpêche, changement climatique, réforme de la politique commune de la pêche, aires marines protégées, développement de l'aquaculture durable — soutiennent toutefois la demande d'expertise, y compris hors recherche : bureaux d'études environnement, ONG, organisations régionales de gestion des pêches, coopération internationale. Les profils qui combinent biologie et solides compétences en statistiques/modélisation, avec de l'expérience terrain et un bon réseau, s'insèrent nettement mieux.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Chercheur / Chercheuse halieuteConseiller / Conseillère en halieutiqueConseiller / Conseillère halieuteConseiller / Conseillère halieutiqueIngénieur / Ingénieure agro-halieuteIngénieur / Ingénieure halieuteIngénieur / Ingénieure en sciences halieutiquesBiologiste des pêchesChercheur / Chercheuse halieute écologueScientifique des ressources halieutiques

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéFonctionnaireContractuel de la fonction publique