En début de carrière à l'hôpital, un médecin perçoit environ 4 100 € brut par mois (grille des praticiens hospitaliers), auxquels s'ajoutent gardes et primes. Un praticien hospitalier expérimenté se situe entre 6 000 et 8 000 € brut mensuels. En libéral, les revenus sont plus élevés mais variables : de l'ordre de 6 000 à 10 000 € brut mensuels en moyenne, davantage avec une patientèle installée ou en secteur 2 — à condition de déduire 30 à 50 % de charges professionnelles. Les moyennes annuelles publiées tournent autour de 95 000 à 100 000 € brut. Attention : pendant l'internat (4 ans), la rémunération reste modeste (environ 1 600 à 2 600 € brut selon l'année et les gardes).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Comptez 10 à 11 ans après le bac. Le parcours : bac général (spécialités conseillées physique-chimie, SVT ou mathématiques) → PASS ou L.AS à l'université pour entrer en médecine → DFGSM (3 ans) puis DFASM (3 ans), soit 6 ans pour le 2e cycle → épreuves nationales (EDN, ex-ECN) qui déterminent la spécialité selon le classement → internat : DES d'Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition (EDN) en 4 ans / 8 semestres, dont 2 semestres en tant que docteur junior. La soutenance de thèse donne le diplôme d'État de docteur en médecine, et la validation de l'internat donne le DES. L'inscription au Tableau de l'Ordre des médecins est ensuite obligatoire pour exercer. Environ 90 postes d'internes par an ont été ouverts dans la spécialité ces dernières années. Des DU/DIU complètent souvent la formation (échographie cervicale, nutrition, obésité, éducation thérapeutique, pied diabétique).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'endocrinologue passe l'essentiel de sa journée en consultation. Il reçoit des patients envoyés par leur médecin traitant pour des symptômes qui peuvent sembler flous — fatigue permanente, prise ou perte de poids inexpliquée, retard de puberté, cycles irréguliers, soif intense — et son travail consiste à remonter la piste jusqu'à la glande ou l'hormone en cause. Il interroge longuement, examine (palpation de la thyroïde, mesure du tour de taille, examen des pieds chez le diabétique), puis prescrit des bilans hormonaux, des échographies ou des tests dynamiques.
Une grande partie du métier, c'est l'interprétation : lire un dosage de TSH, de cortisol ou une hémoglobine glyquée, croiser les résultats avec l'histoire du patient, éliminer les fausses pistes. Vient ensuite l'ajustement des traitements — doses d'hormones thyroïdiennes, schémas d'insuline, pompes et capteurs de glycémie — puis l'explication. Car l'endocrinologue est aussi un pédagogue : il apprend à des adolescents diabétiques à gérer leurs injections, il accompagne des personnes obèses avant ou après une chirurgie bariatrique, il rassure sur un nodule thyroïdien. À l'hôpital, il participe aussi à des réunions pluridisciplinaires (avec chirurgiens, radiologues, cancérologues) et parfois à des protocoles de recherche.
Environ 57 % des endocrinologues exercent à l'hôpital ou comme salariés, et 43 % en libéral (cabinet, clinique), souvent en activité mixte. Le cadre est essentiellement un bureau de consultation ou un service hospitalier : le métier est peu physique, très intellectuel, et repose sur la parole. C'est l'une des spécialités médicales aux horaires les plus réguliers — les urgences vitales y sont rares comparées à la chirurgie ou à la réanimation — même si les hospitaliers assurent des gardes et des astreintes. Le suivi à distance par téléconsultation s'est beaucoup développé, notamment pour l'adaptation des traitements du diabète, ce qui permet une part de travail à distance.
La contrainte principale est la longueur des études : 10 à 11 ans après le bac, dont 4 ans d'internat exigeants. Et une réalité de terrain : la spécialité est très demandée, les délais de rendez-vous sont longs et beaucoup de praticiens ne prennent plus de nouveaux patients, ce qui crée une charge et une pression réelles.
On peut se sur-spécialiser : diabétologie et technologies du diabète (pompes, boucle fermée), thyroïde et cancers endocriniens, obésité et nutrition, endocrinologie de la reproduction et fertilité, endocrinologie pédiatrique, maladies rares (hypophyse, surrénales) au sein de centres de référence. À l'hôpital, la carrière mène de chef de clinique à praticien hospitalier, puis à chef de service ou à un parcours hospitalo-universitaire (MCU-PH, PU-PH) mêlant soin, enseignement et recherche.
D'autres voies existent : la recherche clinique (Inserm, CHU), l'industrie pharmaceutique (études cliniques, affaires médicales, accès au marché sur les traitements du diabète et de l'obésité), la santé publique et la prévention, ou encore la création d'une structure d'éducation thérapeutique. Beaucoup combinent plusieurs de ces activités au cours de leur carrière.
La demande explose : plus de 4 millions de personnes diabétiques en France, une prévalence de l'obésité en hausse, un vieillissement de la population et des pathologies thyroïdiennes très fréquentes. En face, les effectifs sont limités — de l'ordre de 1 800 à 1 900 endocrinologues-diabétologues, soit une densité moyenne d'environ 2,6 pour 100 000 habitants, avec de très fortes disparités territoriales (près de 9 pour 100 000 à Paris, zéro dans certains départements ruraux). Résultat : des délais de rendez-vous longs, de nombreux praticiens qui ne prennent plus de nouveaux patients, et aucune difficulté à trouver un poste, en ville comme à l'hôpital. La spécialité est très féminisée (environ 75 % de femmes) et l'exercice libéral exclusif recule au profit du salariat et de l'activité mixte.