En début de carrière à l'hôpital public, un praticien hospitalier démarre autour de 4 200 € brut par mois hors primes, gardes et astreintes — celles-ci peuvent ajouter plusieurs centaines d'euros. Le salaire progresse ensuite à l'ancienneté sur la grille PH, jusqu'à environ 9 000 à 10 500 € brut en fin de carrière. En libéral installé, le revenu médian (BNC) tourne autour de 105 000 € par an, avec une fourchette courante de 80 000 à 145 000 €, soit environ 6 500 à 12 000 € brut mensuels avant charges — sachant qu'un libéral supporte lui-même ses cotisations (35 à 40 %) et ses frais de cabinet. Les écarts sont importants selon le secteur de conventionnement (secteur 1 ou 2), la région, l'activité en clinique et les vacations complémentaires. Attention : ces revenus arrivent après 10 à 11 ans d'études, avec un internat rémunéré autour de 1 500 à 2 500 € net mensuels.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compte 10 à 11 ans d'études après le bac. Le parcours : un bac général avec des enseignements de spécialité scientifiques (physique-chimie, SVT, maths) ; puis une première année PASS ou LAS à l'université, très sélective ; ensuite le 2e cycle (externat) jusqu'en 6e année, qui se termine par les EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales, ex-ECN) accompagnées des ECOS. C'est le classement à ces épreuves qui détermine l'accès à la neurologie, une spécialité plutôt demandée. Vient enfin l'internat : le DES de Neurologie dure 4 ans (8 semestres), avec des stages obligatoires en neurologie générale, en unité neuro-vasculaire et en exploration fonctionnelle. Pour la session 2025/2026, environ 180 postes de DES de neurologie étaient ouverts (contre 119 l'année précédente). L'interne soutient une thèse d'exercice pour obtenir le diplôme d'État de docteur en médecine, et un mémoire pour valider le DES. Il doit enfin s'inscrire au tableau de l'Ordre des médecins pour exercer. Beaucoup complètent leur formation par des FST (douleur, neurologie vasculaire, sommeil) ou des DIU de sur-spécialisation, voire un master 2 puis un doctorat en neurosciences pour une carrière hospitalo-universitaire.
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Le neurologue reçoit en consultation des patients qui présentent des symptômes touchant le système nerveux : maux de tête violents, pertes de mémoire, vertiges, fourmillements, troubles de la marche, crises convulsives, paralysies. Sa première arme, c'est l'examen clinique neurologique — tester les réflexes, la force musculaire, la sensibilité, l'équilibre, la vision, le langage — pour localiser précisément où se situe le problème dans le cerveau ou les nerfs.
Il prescrit ensuite les examens complémentaires utiles (IRM, scanner cérébral, électroencéphalogramme, électromyogramme, ponction lombaire, bilan sanguin) et surtout il les interprète : lire une IRM cérébrale et relier ce qu'on y voit aux symptômes du patient, c'est le cœur du métier. Vient enfin l'annonce du diagnostic, la mise en place du traitement (médicaments, injections, rééducation) et le suivi, souvent sur plusieurs années. Le neurologue prend en charge des maladies fréquentes et parfois lourdes : AVC, sclérose en plaques, épilepsie, maladie de Parkinson, maladie d'Alzheimer, migraines, maladies neuromusculaires. À l'hôpital, il travaille aussi en urgence, notamment en unité neuro-vasculaire où chaque minute compte pour traiter un AVC.
On exerce ce métier dans trois cadres principaux. À l'hôpital public (service de neurologie, CHU, unité neuro-vasculaire) : consultations, patients hospitalisés, gardes et astreintes, parfois enseignement et recherche si l'on est hospitalo-universitaire. En clinique privée. Ou en cabinet libéral, seul ou en groupe, avec des journées de consultations mieux maîtrisées mais aussi une entreprise à gérer.
Les horaires sont variables : consultations en journée, mais gardes de nuit, week-ends et urgences neurologiques à l'hôpital. Le métier est peu physique — il se pratique surtout debout au lit du patient et assis en consultation — mais il est intellectuellement exigeant et émotionnellement dense : annoncer une sclérose en plaques à une personne de 25 ans ou une maladie d'Alzheimer à une famille demande beaucoup de tact. La téléconsultation et la télé-expertise se développent (avis à distance, relecture d'imagerie, télé-AVC), mais l'essentiel du travail reste en présentiel car l'examen clinique se fait avec les mains.
La neurologie est une spécialité où l'on se sur-spécialise vite : neurologie vasculaire (AVC), épileptologie, troubles du sommeil, maladies neurodégénératives et centres mémoire, sclérose en plaques, neuro-oncologie, pathologies neuromusculaires, neurologie pédiatrique, médecine de la douleur. Ces orientations passent par des FST (formations spécialisées transversales) ou des DIU pris pendant ou après l'internat.
À l'hôpital, on peut évoluer vers chef de service, chef de pôle ou vers la carrière hospitalo-universitaire (maître de conférences puis professeur des universités – praticien hospitalier), qui associe soin, enseignement et recherche. D'autres voies existent : la recherche en neurosciences (avec un master puis un doctorat), l'industrie pharmaceutique (essais cliniques, direction médicale), l'expertise médicale et judiciaire, ou encore des fonctions en santé publique et en agences sanitaires. L'installation en libéral, souvent après quelques années d'hôpital, reste le choix de nombreux neurologues.
La neurologie est une spécialité en tension positive : les besoins explosent avec le vieillissement de la population (AVC, Parkinson, Alzheimer) et l'arrivée de traitements innovants dans la sclérose en plaques et la migraine, tandis que le nombre de neurologues reste insuffisant. Résultat : des délais de rendez-vous qui atteignent souvent plusieurs mois, notamment hors des grandes métropoles, et des dizaines à centaines d'offres d'emploi et de remplacement ouvertes en permanence sur les plateformes spécialisées. Les pouvoirs publics ont fortement augmenté le nombre de postes d'internes (environ 180 postes de DES ouverts en 2025/2026 contre 119 l'année précédente), mais l'effet ne se fera sentir qu'au bout de plusieurs années. Concrètement, un jeune neurologue diplômé n'a aucune difficulté à trouver un poste, à l'hôpital comme en libéral, et peut largement choisir sa région et son mode d'exercice.