Pendant l'internat, on est déjà payé : environ 1 700 à 2 700 € brut par mois selon l'année et les gardes. À l'hôpital public, un praticien hospitalier débutant démarre autour de 4 500 € brut mensuel et peut atteindre environ 9 200 € en fin de carrière, hors gardes et primes. En libéral, les revenus sont nettement plus élevés mais très variables : la moyenne se situe autour de 12 000 € brut par mois (environ 145 000 à 170 000 € par an de revenus déclarés), avec des charges professionnelles importantes à déduire. En clinique privée salariée, les contrats vont souvent de 105 000 à 170 000 € brut annuels. Beaucoup de pneumologues combinent activité hospitalière et cabinet.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il faut compter 10 à 11 ans d'études après le bac. Le parcours : une première année PASS (parcours accès santé spécifique) ou L.AS (licence avec option accès santé), puis le DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales, bac+3) et le DFASM (diplôme de formation approfondie, bac+6) pendant l'externat, avec des stages à l'hôpital. À la fin du 2ᵉ cycle, les épreuves nationales (EDN/ECOS, qui ont remplacé les ECN) déterminent l'accès à la spécialité choisie. Vient ensuite l'internat : le DES de pneumologie dure 4 ans (5 ans si l'on y ajoute une formation spécialisée transversale). Il faut aussi soutenir une thèse pour obtenir le diplôme d'État de docteur en médecine, puis s'inscrire à l'Ordre des médecins pour exercer. Bon à savoir : dès l'internat on est rémunéré, et on peut ensuite compléter par des DIU (sommeil, allergologie, endoscopie bronchique, oncologie thoracique).
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La journée d'un pneumologue alterne consultations et examens techniques. En consultation, il écoute le patient, l'ausculte, cherche à comprendre d'où viennent la toux, l'essoufflement ou les crises d'asthme. Il prescrit et interprète des examens : radiographie et scanner du thorax, spirométrie et explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) qui mesurent la capacité des poumons, gaz du sang, tests d'allergie, enregistrement du sommeil pour dépister les apnées.
Il réalise aussi des gestes techniques, en particulier la fibroscopie bronchique (une petite caméra glissée dans les bronches pour observer et faire des prélèvements) ou la ponction pleurale. Une grande partie de son travail consiste ensuite à suivre des maladies chroniques : ajuster un traitement inhalé, régler un appareil d'oxygène ou de ventilation à domicile, accompagner un sevrage tabagique, coordonner la prise en charge d'un cancer du poumon avec les oncologues, les radiologues et les chirurgiens lors des réunions de concertation pluridisciplinaire.
Environ un pneumologue sur deux exerce à l'hôpital public ou en CHU (service de pneumologie, unité de soins intensifs respiratoires, consultations), les autres en cabinet libéral ou en clinique privée — beaucoup combinant les deux. Le rythme est soutenu : consultations qui s'enchaînent, dossiers à relire, comptes rendus à rédiger, et à l'hôpital des gardes et astreintes qui imposent des horaires variables, parfois de nuit ou le week-end. Le travail est majoritairement debout ou assis en position d'examen, sans effort physique lourd, mais avec une charge mentale réelle : on annonce des diagnostics graves, on accompagne des patients en fin de vie.
Une partie des tâches (lecture d'imagerie, téléconsultation de suivi, télésurveillance des appareils de ventilation, réunions médicales) peut se faire à distance, mais l'examen clinique et les gestes techniques imposent la présence physique. Le pneumologue travaille rarement seul : infirmiers, kinésithérapeutes respiratoires, techniciens du sommeil, radiologues et oncologues font partie de son quotidien.
La pneumologie est l'une des spécialités les plus larges de la médecine, ce qui laisse beaucoup de portes ouvertes. On peut se surspécialiser en oncologie thoracique, en allergologie, en médecine du sommeil, en endoscopie interventionnelle, en transplantation pulmonaire, en pneumo-pédiatrie ou en médecine intensive respiratoire, généralement via une formation spécialisée transversale (FST) ou un DIU.
À l'hôpital, la carrière peut mener à chef de service, chef de pôle, ou à une carrière hospitalo-universitaire (maître de conférences puis professeur des universités – praticien hospitalier) mêlant soins, enseignement et recherche. En libéral, on peut créer ou reprendre un cabinet, s'associer en maison de santé, développer une activité de plateau technique. D'autres bifurquent vers la recherche clinique, l'industrie pharmaceutique, la santé publique, la médecine du travail ou l'expertise médicale.
La France compte environ 3 200 à 3 500 pneumologues en activité, pour une densité d'environ 4,8 pour 100 000 habitants, très inégalement répartie : les grandes villes sont bien pourvues, de nombreux départements ruraux manquent de spécialistes. La demande, elle, ne cesse d'augmenter : vieillissement de la population, BPCO liée au tabac, asthme et allergies en hausse, pollution de l'air, apnées du sommeil de plus en plus diagnostiquées, suivi post-Covid. Résultat : les postes hospitaliers vacants sont nombreux et un jeune pneumologue trouve un emploi sans difficulté, avec un vrai pouvoir de choix sur son lieu et son mode d'exercice. Le principal frein reste la longueur des études et le nombre de places ouvertes en DES chaque année.