Un débutant démarre généralement entre 2 000 et 2 300 € brut par mois (environ 24 000 à 28 000 € brut annuels), avec des offres à 1 900 € pour un premier poste de dessinateur d'exécution. Après 3 à 5 ans, la fourchette courante se situe entre 2 500 et 3 000 € brut. Un projeteur confirmé spécialisé (haute tension, courants faibles, industrie, ferroviaire) ou un profil BIM dépasse 3 500 € brut, et les postes de coordinateur BIM ou de chef de projet atteignent 3 500 à 4 500 € brut. L'Apec situe 80 % des offres entre 28 000 et 41 000 € brut annuels. Le statut est le plus souvent ETAM (non-cadre) en début de carrière. L'Île-de-France, la région lyonnaise et les grands projets industriels tirent les salaires vers le haut ; primes de déplacement et intéressement s'ajoutent selon les entreprises.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est un bac+2 technique : BTS Électrotechnique (le plus courant pour l'électricité du bâtiment et l'industrie), BTS CIEL option B « Électronique et réseaux » pour la partie électronique, ou le titre professionnel « Dessinateur projeteur en électricité du bâtiment » (niveau 5, créé par arrêté du 19 février 2026), très adapté en reconversion ou en alternance. Le BUT GEII (Génie électrique et informatique industrielle), en 3 ans, donne un profil plus large et facilite l'évolution rapide vers projeteur confirmé ou chargé d'affaires.
En amont, le bac STI2D (spécialité énergies et environnement ou systèmes d'information et numérique), le bac général avec spécialités maths / physique-chimie ou sciences de l'ingénieur, et le bac pro MELEC sont les meilleures rampes de lancement. Un bac pro MELEC seul permet d'entrer comme dessinateur d'exécution, mais un bac+2 est aujourd'hui la norme pour accéder au poste de projeteur.
L'alternance est très valorisée : elle permet d'apprendre les logiciels métier en conditions réelles, ce que les écoles couvrent rarement en profondeur. Après le bac+2, une licence professionnelle (métiers de l'industrie, maîtrise de l'énergie, BIM) ou une école d'ingénieurs en alternance (CESI, ITII, Arts et Métiers en formation continue) constituent des passerelles classiques. Enfin, la maîtrise des logiciels compte souvent autant que le diplôme : AutoCAD, SEE Electrical, Caneco BT, Dialux, Revit MEP côté bâtiment ; Altium Designer, KiCad ou Zuken côté électronique.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, le dessinateur-projeteur en électricité-électronique passe l'essentiel de son temps devant deux ou trois écrans, sur des logiciels de dessin assisté par ordinateur (AutoCAD, SEE Electrical, Revit, Caneco, Altium ou KiCad pour l'électronique). Il part d'un cahier des charges et d'un avant-projet discuté avec l'ingénieur ou le chargé d'affaires, puis produit les livrables du bureau d'études : schémas unifilaires et multifilaires, plans d'implantation des équipements, cheminements de câbles, armoires électriques, nomenclatures de matériel, notes de calcul de dimensionnement (sections de câbles, protections, bilans de puissance).
Une grande partie du travail consiste aussi à vérifier et à corriger. Il contrôle que chaque choix respecte les normes en vigueur (NF C 15-100 pour les installations basse tension, NF C 13-200 pour la haute tension, directives CEM en électronique), il intègre les remarques du bureau de contrôle et du client, et il met à jour les plans à chaque évolution du projet. En fin de chantier, il produit les plans « tels que construits » (DOE) qui serviront pendant toute la vie du bâtiment ou de la machine. Selon les entreprises, il réalise également des simulations et des tests numériques (éclairement sous Dialux, routage et vérification d'une carte électronique) avant que quoi que ce soit ne soit fabriqué.
Le métier s'exerce très majoritairement en bureau d'études : bureau d'études techniques (BET) indépendant, entreprise d'installation électrique, service études d'un industriel, fabricant de matériel électrique, société d'ingénierie ou service technique de collectivité. Les horaires sont proches de ceux d'un poste administratif classique (journée standard), avec des pics d'activité et des dépassements quand une remise d'offre ou une livraison de plans approche. La charge physique est faible, mais la position assise prolongée et la concentration sur écran demandent de la discipline.
Ce n'est pas pour autant un métier totalement sédentaire : des visites de chantier, de relevés sur site ou d'usine ponctuent l'année, notamment pour vérifier la faisabilité réelle de ce qui a été dessiné. Le permis B est donc souvent demandé. Le télétravail partiel s'est bien installé dans les bureaux d'études (souvent 1 à 2 jours par semaine), mais le présentiel reste la règle pour les phases de coordination avec les autres corps d'état, surtout en projet BIM où la maquette numérique se construit à plusieurs.
Avec l'expérience, on progresse d'abord en autonomie et en complexité de projets : dessinateur d'exécution, puis projeteur, puis projeteur confirmé sur des affaires importantes. Vient ensuite l'encadrement — chef de groupe projeteur, responsable de bureau d'études — ou le pilotage d'affaires : chargé d'affaires, chef de projet technique. La montée en compétences sur la maquette numérique ouvre les postes de coordinateur BIM puis BIM manager, aujourd'hui très demandés et mieux rémunérés.
D'autres voies existent : se spécialiser (courants faibles et réseaux, haute tension, photovoltaïque et bornes de recharge, systèmes embarqués, ferroviaire, nucléaire), devenir formateur sur logiciels de CAO, technico-commercial chez un fabricant de matériel électrique, ou passer indépendant en freelance pour des bureaux d'études. Une reprise d'études (licence pro, école d'ingénieurs en alternance ou par la VAE) permet aussi de basculer vers un poste d'ingénieur études ou d'ingénieur d'affaires.
Le marché est porteur et durablement tendu côté recruteurs : plusieurs centaines d'offres sont en permanence en ligne sur les grands jobboards pour le seul intitulé « dessinateur projeteur électricité ». Trois moteurs alimentent la demande — la rénovation énergétique et la mise aux normes du parc immobilier, l'électrification massive (bornes de recharge, photovoltaïque, réseaux, data centers) et la réindustrialisation, qui relance les bureaux d'études industriels. La généralisation du BIM et l'exigence croissante en efficacité énergétique renforcent encore le besoin de profils capables de produire des plans fiables et normés. Les employeurs sont variés : bureaux d'études techniques, entreprises d'installation électrique (souvent membres de la FFIE), grands groupes d'ingénierie et de travaux (SNEF, Engie Solutions, Eiffage Énergie, Vinci Énergies, Spie), industriels, fabricants de matériel, agences d'intérim spécialisées et collectivités. L'intérim et l'assistance technique représentent une part significative des recrutements, ce qui facilite l'entrée sur le marché mais implique parfois de la mobilité. Le principal frein au recrutement reste le manque de candidats maîtrisant à la fois les normes et les logiciels métier : un jeune formé en alternance sur AutoCAD, Caneco et Revit trouve généralement un poste rapidement.