Un débutant démarre autour de 1 900 € brut par mois (salaire de base proche du SMIC, dans la grille de la convention collective des transports routiers). S'y ajoutent des éléments qui changent beaucoup la fiche de paie : prime ADR / matières dangereuses, primes de nuit ou de week-end, indemnités de repas, heures supplémentaires. Avec quelques années d'expérience et les habilitations citerne étendue, la rémunération se situe couramment entre 2 400 € et 3 200 € brut mensuels, et peut dépasser 3 500 € sur les missions les plus contraignantes (GPL, astreintes, travail posté). Les avitailleurs d'aéroport débutent souvent au SMIC mais bénéficient de primes de poste et d'un 13e mois selon les entreprises.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible sans diplôme dès 18 ans si l'on possède les titres de conduite requis, mais la voie la plus directe passe par une formation transport : CAP Conducteur routier de marchandises (option livraisons de proximité ou longue distance) ou Bac pro Conducteur transport routier marchandises, tous deux préparables en lycée professionnel ou en apprentissage (AFTRAL, Promotrans, ECF, CFA du transport). Pour une reconversion ou une entrée rapide dans l'emploi, le Titre professionnel Conducteur du transport routier de marchandises sur tous véhicules (environ 350 h, finançable par le CPF ou France Travail) permet d'obtenir le permis CE, la FIMO et l'attestation ADR de base en quelques mois. Dans tous les cas, la spécialisation citernes de l'ADR est indispensable pour transporter du carburant : elle s'ajoute à la formation initiale et se recycle tous les 5 ans. Pour l'avitaillement d'avions, les entreprises recrutent souvent sans diplôme spécifique puis forment en interne (habilitations aéroportuaires, badge zone réservée, procédures kérosène). Ensuite, un BTS Gestion des transports et logistique associée permet d'évoluer vers l'exploitation.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent très tôt, au dépôt pétrolier. Le conducteur vérifie son camion-citerne (freins, flexibles, pompes, compteurs, extincteurs), contrôle ses documents de transport et charge son produit : gazole, essence, fioul domestique, GNR ou kérosène. Chaque compartiment de la citerne est identifié, scellé et pesé — pas question de mélanger deux produits.
Ensuite vient la tournée : stations-service, entreprises de travaux publics, exploitations agricoles, particuliers chauffés au fioul, ou tarmac d'aéroport pour les avitailleurs avion. À chaque point de livraison, il place ses cales et ses cônes, met le camion à la terre (pour éviter toute étincelle électrostatique), raccorde ses flexibles, vérifie le niveau des cuves du client, dépote la quantité exacte commandée puis relève les compteurs. Il effectue aussi des contrôles qualité (jaugeage, prélèvement, détection d'eau dans le produit) et fait signer le bon de livraison. Entre deux clients, il reste en contact avec l'exploitation qui peut réorganiser sa tournée en cours de route.
C'est un métier de plein air et de mouvement : on passe la journée seul au volant, mais on descend de cabine à chaque livraison pour manipuler des flexibles lourds, monter sur la passerelle de la citerne, travailler par tous les temps. Les horaires sont souvent décalés (départs à 4 ou 5 h du matin), parfois en 2x8, de nuit ou le week-end sur les sites qui tournent en continu — notamment dans l'avitaillement aéroportuaire. Les équipements de protection sont obligatoires : combinaison antistatique, gants, lunettes, chaussures de sécurité.
La sécurité structure tout : le carburant est une matière dangereuse inflammable, donc chaque geste répond à une procédure écrite (réglementation ADR, protocole de sécurité du site, consignes du client). Les employeurs sont des transporteurs spécialisés, des distributeurs de fioul et de carburants, des compagnies pétrolières, des coopératives agricoles ou des sociétés d'assistance aéroportuaire. La plupart des livraisons se font en régional, avec retour à la maison le soir — c'est un avantage réel par rapport à la longue distance.
Avec l'expérience et de nouvelles habilitations (ADR citerne étendue, GPL, produits chimiques), la rémunération grimpe rapidement. On peut se spécialiser sur les produits les plus techniques (gaz liquéfiés, kérosène aviation), devenir formateur ou tuteur de conducteurs, moniteur d'entreprise, ou passer côté sédentaire : chef de quai, responsable de dépôt, exploitant transport, affréteur. Un BTS Gestion des transports et logistique associée ou une formation de conseiller à la sécurité TMD ouvre les postes d'encadrement. Certains créent aussi leur propre activité de distribution de combustibles.
Le transport routier est un secteur en tension structurelle : les départs à la retraite sont nombreux et les conducteurs titulaires de l'ADR citerne sont particulièrement recherchés, car la formation est longue et le vivier limité. Les offres restent abondantes toute l'année (distributeurs de fioul et de carburants, transporteurs spécialisés, coopératives agricoles, assistance aéroportuaire), avec des pics saisonniers marqués en automne et en hiver pour la livraison de fioul domestique. Beaucoup d'entreprises recrutent via l'intérim ou financent la formation en contrepartie d'un engagement. La transition énergétique fera évoluer le métier (baisse du fioul domestique, montée du GNR, des biocarburants, du GNV, de l'hydrogène et de l'électrique) plus qu'elle ne le fera disparaître : les compétences de conduite et de manipulation de produits dangereux restent transférables vers les nouveaux vecteurs d'énergie.