En début de carrière, le salaire de base tourne autour du SMIC à environ 1 900 € brut par mois dans le privé, mais la rémunération réelle est nettement remontée par les primes et majorations : coupures, amplitude, travail de nuit, dimanche et jours fériés, prime de repas, 13e mois selon les entreprises. Un conducteur débutant perçoit couramment 1 900 à 2 200 € brut, soit environ 1 550 à 1 750 € net. Après plusieurs années, on atteint 2 400 à 2 900 € brut (environ 1 900 à 2 250 € net). À la RATP, le machiniste-receveur démarre autour de 2 150 € brut avec 13e mois, primes et intéressement, et dépasse 2 700-2 800 € brut de base après une dizaine d'années, avec en plus la gratuité du réseau, une mutuelle avantageuse et un régime de retraite spécifique. Le grand tourisme peut rapporter davantage grâce aux découchés et aux pourboires, mais avec des périodes creuses en hiver.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme de l'enseignement général n'est strictement obligatoire : ce qui compte, c'est le permis D et la qualification de conducteur. Trois voies principales.
1) La voie scolaire/apprentissage : le CAP Conducteur agent d'accueil en autobus et autocar (nouveau CAP créé en 2023, qui remplace le CAP Agent d'accueil et de conduite routière — transport de voyageurs). Il se prépare en 1 an après un premier diplôme, ou en 2 ans après la 3e, en lycée professionnel ou en apprentissage (AFTRAL, Promotrans, GRETA, CFA de la branche). Il permet d'obtenir le permis D et, depuis 2024, de conduire dès 18 ans sous conditions.
2) La voie de la formation professionnelle, la plus fréquente chez les adultes : le Titre professionnel Conducteur de transport en commun sur route (CTCR), délivré par le ministère du Travail, en 3 mois environ. Il donne par équivalence le permis D, la qualification initiale de conducteur et la carte de qualification de conducteur (CQC). Il est très souvent financé par France Travail, la Région, le CPF ou directement par l'entreprise (contrat de professionnalisation, POEI).
3) La voie « permis + FIMO » : passer le permis D puis la FIMO voyageurs (140 heures). Les grands réseaux (RATP, Keolis, Transdev, RATP Dev, Lacroix…) recrutent aussi des candidats titulaires du seul permis B et financent l'intégralité de la formation au permis D en échange d'un engagement.
Âge : le permis D s'obtient à 24 ans, abaissé à 21 ans avec la qualification initiale (FIMO), et à 18 ans dans le cadre d'un titre professionnel ou d'un CAP, avec des restrictions (lignes régulières de moins de 50 km ou conduite à vide).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence avant le premier passager : le conducteur prend son service au dépôt, récupère sa feuille de route, fait le tour du véhicule et vérifie les points de sécurité (pneus, freins, éclairage, portes, niveaux). La moindre anomalie est signalée à l'atelier. Ensuite, il prend la ligne : arrêt après arrêt, il accueille les voyageurs, vend et contrôle les titres de transport, renseigne sur les correspondances et les horaires, veille à l'installation des personnes à mobilité réduite et des poussettes.
Entre deux arrêts, il conduit un véhicule long et lourd dans la circulation, souvent en milieu urbain dense, tout en respectant un horaire au cordeau. Il reste en liaison radio permanente avec le poste de régulation pour signaler un incident, un retard, un accident sur l'itinéraire ou une déviation. Il doit aussi savoir désamorcer une tension à bord, gérer un malaise voyageur ou une panne, et rédiger un compte rendu en fin de service.
Le poste de conduite est le bureau : on y passe l'essentiel de la journée, assis, en position de vigilance constante. Les horaires sont organisés en roulements, avec une forte amplitude — prises de service dès 4h30-5h du matin, fins de service tard le soir, travail le week-end et les jours fériés, souvent des services « en deux fois » (matin puis soir). Le télétravail est évidemment impossible.
On distingue plusieurs univers : le réseau urbain (RATP, Keolis, Transdev, régies municipales), où l'on enchaîne les arrêts et le contact permanent avec le public ; l'interurbain et le scolaire, avec de plus longs trajets et un public d'élèves ; le tourisme et le grand tourisme, où l'on part parfois plusieurs jours en France ou à l'étranger. Le métier demande une bonne résistance nerveuse, du sang-froid et une hygiène de vie solide : les visites médicales sont régulières et obligatoires.
Avec de l'expérience, on peut devenir conducteur formateur (accompagner les nouveaux embauchés), conducteur référent ou moniteur d'entreprise. D'autres évoluent vers l'exploitation : régulateur au poste de commande centralisé, agent de planning/graphicage, chef de dépôt, responsable d'exploitation — un BTS Gestion des transports et logistique associée ou une formation interne facilitent ce passage. Certains bifurquent vers le contrôle des titres de transport, la médiation et la sécurité du réseau, ou vers d'autres permis (poids lourd, transport sanitaire, transport de fonds). Enfin, il est possible de créer sa propre société d'autocars en obtenant l'attestation de capacité professionnelle de transport de personnes.
C'est l'un des métiers les plus en tension en France. Le transport routier de voyageurs emploie près de 120 000 salariés et la FNTV chiffre le déficit à plusieurs dizaines de milliers de conducteurs ; chaque rentrée scolaire, plusieurs milliers de postes restent non pourvus. Au premier trimestre 2026, environ 46 % des entreprises du secteur déclaraient des difficultés de recrutement, et jusqu'à 70 % pour les postes à temps partiel (typiquement le transport scolaire). Les causes sont connues : pyramide des âges vieillissante, horaires en coupure, temps partiels subis. Conséquence pour un jeune candidat : les employeurs financent très souvent la formation au permis D et embauchent en CDI à l'issue. Le développement des réseaux urbains, des cars express régionaux et l'ouverture à la concurrence des lignes de bus en Île-de-France entretiennent la demande. Les principaux recruteurs sont Keolis, Transdev, RATP et RATP Dev, les régies municipales et de nombreuses PME familiales d'autocaristes.