En début de carrière, la rémunération se situe au niveau du SMIC ou du minimum conventionnel de la branche des pompes funèbres (IDCC 759), soit environ 1 860 € brut par mois au 1ᵉʳ janvier 2026 (les minima de la grille vont de ~1 836 € à ~4 352 € selon les niveaux). S'y ajoutent souvent des primes qui pèsent réellement dans la fiche de paie : indemnités d'astreinte, majorations pour les week-ends, jours fériés et heures de nuit, prime d'habillement, paniers repas. Avec quelques années d'expérience, un porteur-chauffeur confirmé se situe généralement entre 2 000 et 2 400 € brut mensuels (soit environ 23 à 30 k€ brut par an, primes comprises). Le passage maître de cérémonie puis conseiller funéraire permet de dépasser nettement ces niveaux.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est requis pour être recruté comme conducteur de corbillard / porteur-chauffeur. Les prérequis concrets sont : le permis B en cours de validité (souvent depuis au moins 2 ou 3 ans selon les assureurs des entreprises), un casier judiciaire compatible, une bonne condition physique et une présentation irréprochable. Dans les trois mois suivant l'embauche, la formation obligatoire de 16 heures prévue par le Code général des collectivités territoriales (art. R2223-42 et suivants) doit être suivie : elle porte sur la législation et la réglementation funéraire, l'hygiène et la sécurité, et la psychologie et la sociologie du deuil. Elle est dispensée par un organisme habilité et généralement prise en charge par l'employeur. Pour progresser ensuite, deux diplômes nationaux encadrés par le décret n° 2012-608 du 30 avril 2012 (modifié en 2020) structurent la filière : maître de cérémonie (70 h de théorie + 140 h de pratique en entreprise) et conseiller funéraire et assimilé (formation plus longue, seul titre autorisant à conseiller les familles et vendre des prestations). Ces deux diplômes sont enregistrés au RNCP au niveau 3 (équivalent CAP) et accessibles en alternance ou en reconversion.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent à la chambre funéraire ou au garage de l'entreprise : nettoyage intérieur et extérieur du corbillard, vérification des niveaux et du chargement (chariot, sangles, articles funéraires). Le conducteur récupère ensuite le cercueil et conduit le convoi jusqu'au lieu de la cérémonie, puis au cimetière ou au crématorium, en respectant scrupuleusement l'itinéraire et l'horaire prévus — un retard est impensable dans ce métier.
Sur place, il ne reste pas dans sa cabine. Dans la grande majorité des entreprises, le poste est en réalité un poste de porteur-chauffeur : il installe les fleurs et les articles funéraires, aide au portage du cercueil (à quatre en général), participe à la descente en pleine terre et remet le lieu en ordre. Il travaille sous la conduite du maître de cérémonie et en lien avec le conseiller funéraire, les officiants et les agents du cimetière. Il peut aussi assurer des transports de corps avant mise en bière, du domicile ou de l'hôpital vers la chambre funéraire.
C'est un métier physique : un cercueil pèse fréquemment entre 80 et 150 kg à porter à plusieurs, souvent sur des allées de cimetière irrégulières, par tous les temps. On travaille debout, dehors, et beaucoup en déplacement. La tenue est stricte (costume sombre), la présentation soignée, et la discrétion absolue.
Les horaires sont variables : les convois sont concentrés en journée mais les transports de corps peuvent survenir tôt le matin, en soirée, le week-end ou les jours fériés, avec des astreintes fréquentes. Le télétravail est évidemment exclu. La charge émotionnelle est réelle : on côtoie la mort au quotidien et on croise des familles bouleversées. Il faut savoir rester présent sans s'imposer, et laisser le travail au vestiaire le soir venu.
Aucun diplôme n'est exigé à l'embauche, mais le permis B est indispensable et une formation obligatoire de 16 heures (législation funéraire, hygiène et sécurité, psychologie du deuil) doit être suivie dans les trois mois qui suivent la prise de poste, généralement financée par l'employeur.
Le poste de porteur-chauffeur est la porte d'entrée classique du secteur funéraire, et c'est une vraie rampe de lancement. Avec de l'expérience et une formation complémentaire, on peut devenir maître de cérémonie (diplôme national, RNCP36839) : c'est lui qui orchestre le déroulé des obsèques. Étape suivante possible : conseiller funéraire (diplôme national, RNCP36840), qui reçoit les familles, organise les obsèques et établit les devis — un poste plus commercial et administratif.
D'autres évolutions existent vers la thanatopraxie (soins de conservation, formation spécifique), la marbrerie funéraire, la responsabilité d'agence ou la conduite d'équipe. Certains professionnels expérimentés créent leur propre entreprise de pompes funèbres, à condition de justifier de la capacité professionnelle et d'obtenir l'habilitation préfectorale. À l'inverse, l'expérience de conduite acquise ouvre aussi vers d'autres métiers du transport de personnes (VTC, navettes, transport sanitaire après formation).
Le secteur funéraire recrute en continu et peine à trouver des candidats. La France compte environ 600 000 décès par an, un chiffre qui progresse avec le vieillissement de la population, et plus de 2 500 entreprises de pompes funèbres employant près de 20 000 personnes. Le secteur recrute de l'ordre de 2 000 personnes par an, et le poste de porteur-chauffeur est la fonction la plus recherchée : c'est le poste d'entrée du métier. Le déficit d'image et la charge émotionnelle expliquent une partie de la tension au recrutement — pour un jeune motivé, c'est donc un secteur où l'on trouve un emploi relativement vite, y compris sans diplôme et sans expérience. Les employeurs sont variés : entreprises indépendantes familiales, réseaux nationaux (OGF/PFG, Roc-Eclerc, Funecap), régies municipales et sociétés d'économie mixte, agences d'intérim spécialisées. De nombreux postes démarrent en vacation ou à temps partiel avant de basculer en CDI.