En début de carrière, un affréteur gagne généralement entre 2 000 € et 2 200 € bruts par mois (certains postes juniors démarrent plus bas, autour du SMIC, notamment en sortie de bac pro). Avec 3 à 7 ans d'expérience, la fourchette monte à 30 000 € – 40 000 € bruts annuels, soit environ 2 500 € à 3 350 € bruts mensuels. Les profils seniors et les spécialistes de l'affrètement aérien ou maritime dépassent régulièrement 40 000 € bruts annuels. Particularité du métier : une part variable importante, sous forme de primes ou de commissions indexées sur les marges réalisées — elle peut représenter plusieurs milliers d'euros par an et fait une vraie différence sur la fiche de paie.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est le BTS Gestion des transports et logistique associée (GTLA), en 2 ans après le bac, très souvent suivi en alternance — un vrai plus, car les recruteurs valorisent l'expérience terrain. Le BUT Management de la logistique et des transports (MLT, bac+3) est l'autre grande porte d'entrée, avec un profil plus polyvalent orienté supply chain.
On peut aussi commencer plus tôt avec un bac pro Organisation de transport de marchandises (OTM), qui mène d'abord à des postes d'assistant d'exploitation ou d'agent d'affrètement, puis à celui d'affréteur avec l'expérience — la promotion interne est très courante dans ce secteur. À bac+3, la licence pro Logistique et transports internationaux et les bachelors des écoles spécialisées (AFTRAL/ISTELI, Promotrans, ESLI) sont des voies solides. Un master (bac+5) en logistique, achats ou droit des transports ouvre plutôt vers l'encadrement.
AFTRAL et Promotrans sont les deux grands réseaux de formation du secteur et proposent la plupart de ces diplômes en apprentissage. Un stage ou une alternance dans un service d'affrètement est vivement recommandé : c'est là qu'on apprend la négociation réelle. Bon niveau d'anglais indispensable pour l'international.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent par les demandes clients : un lot de palettes à envoyer, un conteneur à faire partir du Havre, une livraison urgente à assurer. Pour chaque demande, l'affréteur étudie le besoin (volume, poids, délai, nature de la marchandise), identifie la meilleure solution de transport et interroge son réseau de transporteurs partenaires. Il négocie les tarifs, sélectionne le prestataire, établit le contrat de transport et vérifie que tous les documents sont conformes (lettre de voiture, CMR, documents douaniers, Incoterms pour l'international).
Ensuite vient le suivi : où est le camion, le bateau a-t-il bien chargé, la livraison passera-t-elle dans les délais ? Quand un problème arrive — retard, panne, marchandise abîmée, chauffeur bloqué —, c'est lui qui gère le litige et rappelle le client. Entre-temps, il surveille en permanence la rentabilité de ses dossiers : le prix d'achat, le prix de vente, la marge dégagée. Téléphone, e-mail et logiciel TMS (Transport Management System) sont ses trois outils permanents.
L'affréteur travaille en bureau, au sein d'une commission de transport, d'un transporteur, d'un commissionnaire, d'un prestataire logistique ou du service transport d'une entreprise industrielle ou commerciale. Les bureaux sont souvent installés à proximité des grandes plateformes logistiques, des ports (Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque) ou des zones aéroportuaires.
Le rythme est soutenu et irrégulier : la charge varie fortement d'un jour à l'autre et les heures supplémentaires sont fréquentes, car un dossier ne se met pas en pause. Il faut être joignable, réactif et savoir gérer plusieurs urgences en même temps. Le télétravail est possible partiellement, mais beaucoup d'entreprises privilégient la présence en équipe pour la réactivité. L'anglais est indispensable dès qu'on touche à l'international, et une partie de la rémunération dépend souvent des marges réalisées.
Avec quelques années d'expérience, on peut se spécialiser sur un type de flux à forte valeur : marchandises dangereuses (ADR), transport sous température dirigée, transport exceptionnel, affrètement aérien ou maritime — des niches mieux rémunérées. L'évolution classique mène ensuite vers des postes de responsable d'affrètement, responsable d'exploitation, responsable d'agence ou directeur commercial transport.
Certains passent côté client (responsable transport chez un industriel ou un distributeur) ou créent leur propre société de commission de transport : cela suppose alors d'obtenir l'attestation de capacité professionnelle de commissionnaire de transport et de s'inscrire au registre tenu par la DREAL. Les passerelles vers le transit, la douane ou la supply chain sont également nombreuses.
Le transport-logistique emploie plus de 1,6 million de salariés en France et prévoyait environ 195 400 recrutements en 2025. Le secteur reste en tension : trop peu de candidats formés, de nombreux départs à la retraite et un déficit d'image freinent les embauches. L'affréteur fait partie des profils activement recherchés, aux côtés des exploitants transport et des responsables d'exploitation. Le profil le plus disputé est l'affréteur confirmé (3 à 7 ans d'expérience) : c'est à ce moment que la négociation salariale a le plus d'effet. L'alternance est une porte d'entrée très efficace, beaucoup d'entreprises recrutant leurs apprentis à l'issue de leur formation. Les bassins d'emploi se concentrent autour des grands axes logistiques : Île-de-France, Lyon, Lille, Le Havre, Marseille-Fos et les zones frontalières.