En début de carrière, la rémunération se situe au niveau du SMIC ou juste au-dessus : environ 1 800 à 2 000 € brut par mois (80 % des offres se situent dans cette fourchette début 2026), soit à peu près 1 500 à 1 800 € net. Après quelques années, on atteint 2 000 à 2 400 € brut, et jusqu'à 2 600 € brut voire davantage pour les profils expérimentés, les tournées de nuit ou les spécialités (ADR, froid, santé). Le salaire médian sous la convention collective du transport routier (IDCC 16) tourne autour de 23 000 € brut par an. À cela s'ajoutent des compléments non négligeables : paniers repas, primes de tournée ou au colis (0,05 à 0,10 €/colis chez certains messagers), majorations de nuit et heures supplémentaires, qui peuvent représenter 100 à 300 € de plus par mois.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est officiellement accessible sans diplôme : le permis B est la vraie condition d'entrée, et beaucoup d'entreprises recrutent et forment en interne. Mais un diplôme facilite nettement l'embauche et l'accès aux postes les mieux payés.
La voie la plus directe est le CAP Conducteur routier de marchandises, option livraisons de proximité (2 ans après la 3e, en lycée pro ou en apprentissage — il remplace le CAP Conducteur livreur de marchandises). Pour ceux qui sont déjà sortis du système scolaire, le Titre professionnel Conducteur livreur sur véhicule utilitaire léger (VUL) se prépare en quelques mois chez AFTRAL, Promotrans ou en CFA, souvent financé par France Travail. Le TP Préparateur de commandes en entrepôt est un bon complément quand la partie préparation domine, car il inclut le CACES catégories 1A/1B.
Ensuite, pour progresser : Bac pro Métiers de la logistique ou Bac pro Conducteur routier de marchandises (avec le permis C intégré à la formation), puis éventuellement un BTS Gestion des transports et logistique associée pour viser l'exploitation. Passerelles fréquentes : la VAE permet de valider le CAP ou le TP après quelques années de pratique.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent tôt, à l'entrepôt ou dans la réserve du magasin. Première étape : préparer les commandes. Le chauffeur-livreur préparateur récupère les produits en stock, vérifie les bons de commande, regroupe les colis par point de livraison et contrôle les quantités. Il charge ensuite son véhicule dans l'ordre inverse de sa tournée, pour que le premier client livré soit le dernier chargé, et il cale sa marchandise pour qu'elle n'abîme rien pendant le trajet.
Vient ensuite la tournée : entre 20 et 80 points de livraison par jour selon le secteur (colis, alimentaire, pièces auto, matériel médical...). Il conduit un véhicule utilitaire léger de moins de 3,5 tonnes, optimise son itinéraire, gère les créneaux horaires, décharge, fait signer le bon de livraison ou scanne le colis sur son terminal. Il encaisse parfois les règlements, récupère les emballages consignés et gère les retours. À l'arrivée, il transmet ses documents, signale les incidents (client absent, colis endommagé) et effectue les contrôles de base sur son véhicule : niveaux, pneus, propreté.
C'est un métier physique et rythmé. On alterne entre le volant, la manutention (port de charges, diables, transpalettes) et le contact client. Les horaires démarrent souvent très tôt le matin — parfois avant 6 h — et certains postes en logistique ou en restauration imposent des tournées de nuit ou le samedi. On travaille dehors par tous les temps, dans la circulation urbaine, avec la pression des délais.
Les employeurs sont nombreux : transporteurs et messagers (DPD, Chronopost, GLS, La Poste et leurs sous-traitants), grande distribution et drives, grossistes alimentaires, pharmacies et dépositaires de santé, distributeurs de pièces détachées, e-commerce. Le permis B est obligatoire ; certaines entreprises exigent 1 à 3 ans de permis pour l'assurance. Le salaire de départ tourne autour du SMIC, complété par des primes (paniers repas, primes de tournée ou au colis, heures supplémentaires).
Avec de l'expérience, on peut se spécialiser : produits sous température dirigée (frais, surgelés), matières dangereuses avec l'attestation ADR, transport de médicaments, matériel médical à domicile, ou livraison-installation chez le client. On peut aussi passer le permis C et la FIMO pour devenir conducteur routier poids lourd, mieux payé.
D'autres évoluent vers des postes plus sédentaires ou d'encadrement : magasinier-cariste (avec le CACES), gestionnaire de stock, chef d'équipe logistique, responsable de quai, exploitant transport (avec un Bac pro ou un BTS). Enfin, beaucoup se mettent à leur compte comme artisan-transporteur ou sous-traitant après avoir obtenu l'attestation de capacité professionnelle en transport léger de marchandises.
C'est l'un des métiers qui recrutent le plus en France. L'explosion du e-commerce et de la livraison du dernier kilomètre a fait grimper les besoins, et le secteur du transport routier de marchandises et de voyageurs affiche plus de 45 000 projets de recrutement par an, dont une large majorité de conducteurs. Les entreprises peinent à trouver des candidats : les offres restent ouvertes longtemps et l'accès à l'emploi est quasi immédiat après une formation courte. Conséquence positive pour les jeunes : certaines entreprises revalorisent les salaires et les conditions (véhicules récents, tournées mieux calibrées, primes). Les postes existent partout sur le territoire, avec une forte concentration en zones urbaines et périurbaines. Le point de vigilance : le rythme est soutenu et le turnover important, notamment chez les sous-traitants de la messagerie ; mieux vaut regarder de près l'employeur et la convention collective appliquée.