Un débutant démarre autour du SMIC, soit environ 1 800 à 1 900 € brut par mois (1 450 à 1 550 € net). Les données 2025-2026 (Talent.com, Jooble, Hellowork) situent le salaire moyen du chauffeur livreur installateur autour de 1 850 à 2 000 € brut mensuel. Avec 5 ans d'expérience, un permis C ou une spécialisation technique (santé à domicile, cuisines, froid), on monte à 2 300 - 2 700 € brut. Attention, le brut ne dit pas tout dans ce métier : les primes de panier-repas et frais de route ajoutent souvent 150 à 350 € net par mois non imposables, et la convention collective des transports routiers prévoit un 13e mois après un an d'ancienneté dans de nombreuses entreprises. Les heures supplémentaires sont fréquentes et majorées. En indépendant sous-traitant, le chiffre d'affaires est plus élevé mais il faut déduire véhicule, carburant, assurance et charges.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible sans diplôme : le permis B (et parfois un âge minimum de 21 ans imposé par les assurances) reste le vrai sésame, avec quelques années de conduite derrière soi. Mais une formation courte accélère nettement l'embauche et la rémunération. Voie la plus directe : le TP (titre professionnel) Conducteur livreur sur véhicule utilitaire léger, préparé en quelques mois à l'AFPA, chez AFTRAL, Promotrans ou en alternance. Après la 3e, le CAP Conducteur routier de marchandises option « Livraisons de proximité » (2 ans, en lycée pro ou en apprentissage) permet de conduire un poids lourd dès la sortie et couvre la manutention, l'arrimage et la relation client. Pour aller plus loin, le bac pro Conducteur transport routier marchandises ouvre sur des postes plus qualifiés et sur l'encadrement. Un CAP Opérateur/opératrice logistique ou une formation technique (électrotechnique, menuiserie, froid) est un vrai plus pour la partie installation. Toutes ces voies existent en apprentissage, ce qui permet d'être payé pendant la formation.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence tôt, à l'entrepôt ou au dépôt. Tu récupères ta feuille de tournée, tu vérifies l'état des produits (pas de rayure, pas de carton enfoncé), tu contrôles ton véhicule puis tu charges en respectant l'ordre des livraisons : le dernier client chargé en premier, le premier client au fond… ou l'inverse, selon la logique de la tournée. Ensuite, la route : 10 à 25 arrêts par jour selon les produits, avec un itinéraire que tu optimises toi-même en fonction du trafic, des créneaux promis aux clients et des contraintes d'accès (centre-ville, immeuble sans ascenseur, parking souterrain trop bas).
Ce qui distingue ce métier de la simple livraison de colis, c'est la deuxième moitié du travail : chez le client, tu déballes, tu montes, tu raccordes et tu mets en service. Brancher un lave-vaisselle et vérifier l'étanchéité, encastrer un four, assembler un meuble, installer et régler un lit médicalisé ou un concentrateur d'oxygène, poser un poêle ou un appareil de chauffage… Tu expliques le fonctionnement, tu fais un essai devant le client, tu reprends l'ancien appareil pour recyclage et tu repars avec les emballages. Tu termines par l'administratif : bon de livraison signé (souvent sur PDA ou smartphone), photos, encaissement éventuel, signalement des anomalies, puis retour au dépôt.
C'est un métier physique et autonome. Tu passes ta journée entre le volant, la rue et le domicile des clients : port de charges lourdes (un lave-linge, c'est 60 à 80 kg à deux), escaliers, postures contraignantes, météo comprise. Les horaires sont souvent décalés (départs entre 6 h et 7 h), parfois avec du samedi, et la journée se termine quand la tournée est finie. Le télétravail n'existe pas ici. Tu travailles fréquemment en binôme pour les produits volumineux, ce qui rend le métier moins solitaire qu'un poste de chauffeur classique.
La relation client est centrale : tu es souvent la seule personne de l'entreprise que le client voit en vrai. Une livraison en retard, un mur éraflé ou une machine mal branchée, et c'est l'image du magasin qui trinque. À l'inverse, un livreur installateur soigneux et pédagogue est très vite repéré et fidélisé par son employeur. Les recruteurs : les enseignes d'électroménager et de meubles, les cuisinistes, les prestataires de santé à domicile, les distributeurs de matériel professionnel, les transporteurs spécialisés « dernier kilomètre » et les entreprises de déménagement.
Avec l'expérience, tu peux te spécialiser sur des produits techniques mieux payés : santé à domicile (lits médicalisés, oxygénothérapie, fauteuils), froid et climatisation, cuisines équipées, matériel professionnel. Tu peux aussi passer le permis C pour conduire un porteur, ou l'ADR pour les matières dangereuses. Côté encadrement, les évolutions classiques sont chef d'équipe livraison, formateur interne, exploitant / dispatcheur qui organise les tournées, ou responsable de plateforme logistique. Beaucoup se mettent aussi à leur compte en rachetant un véhicule et en travaillant en sous-traitance pour une enseigne, voire en créant leur société de livraison-installation. Les passerelles vers le SAV, le déménagement, la logistique d'entrepôt ou la maintenance d'équipements sont naturelles.
C'est l'un des métiers qui recrutent le plus facilement en France. La croissance du e-commerce, du mobilier et de l'électroménager vendus en ligne et du maintien à domicile a fait exploser la demande sur le « dernier kilomètre », alors que le secteur du transport routier connaît une pénurie durable de conducteurs (plus de 45 000 projets de recrutement par an dans le transport routier de marchandises et de voyageurs). Le profil livreur-installateur est encore plus recherché que le livreur simple, parce qu'il combine conduite, manutention et compétence technique : les employeurs peinent à trouver des candidats qui savent à la fois conduire proprement, porter et brancher correctement un appareil. L'accès à l'emploi est quasi immédiat après une formation courte, y compris sans expérience. Les points de vigilance : la pénibilité physique génère de l'usure et un turnover important, et la pression sur les délais s'est accentuée avec les promesses de livraison en 24-48 h. L'automatisation ne menace pas ce poste à court terme : aucun robot ne monte un lave-linge au 4e étage sans ascenseur.