En salarié, un convoyeur débute autour du SMIC, soit environ 1 800 à 2 000 € brut par mois (≈ 1 500 à 1 600 € net), avec des primes de route, indemnités de repas et de découcher qui font vraiment la différence sur la fiche de paie. Avec de l'expérience et le permis poids lourd, on monte vers 2 300 à 2 600 € brut. En micro-entreprise — statut très répandu dans le convoyage automobile — les revenus sont beaucoup plus variables : de 800 € les mois creux à 2 500-3 000 € nets en enchaînant les missions, une fois déduits carburant, péages, billets de train retour, assurance et entretien. Les trajets longs, les véhicules de luxe ou la possession d'un camion plateau tirent les tarifs vers le haut.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme spécifique « convoyeur de véhicules ». Pour le convoyage de voitures particulières, le métier est accessible sans diplôme : il faut le permis B (généralement exigé depuis au moins 3 ans, avec un casier de points intact) et souvent avoir 21 ans, condition posée par les assurances des sociétés de convoyage. Dès qu'il s'agit de véhicules lourds (poids lourds, cars, porte-engins, matériels agricoles), le permis C ou CE et la FIMO marchandises deviennent indispensables : on les obtient via le Titre professionnel conducteur du transport routier de marchandises (sur porteur ou sur tous véhicules), le CAP conducteur livreur de marchandises / conducteur routier de marchandises, ou le Bac pro conducteur routier de marchandises, préparés en lycée professionnel, en apprentissage ou en formation continue (AFTRAL, Promotrans, ECF, CESR City'Pro...). Les convois exceptionnels et le rôle de voiture pilote (FIP) exigent une formation complémentaire spécifique. Pour le convoyage de bateaux, il faut un brevet maritime professionnel, à commencer par le Capitaine 200 voile.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Chaque journée commence par une prise en charge. Le convoyeur récupère le véhicule ou l'engin chez un constructeur, un concessionnaire, un loueur, un garage ou un particulier, et vérifie qu'il correspond bien à la commande : modèle, numéro de série, options, kilométrage. Il réalise un état des lieux détaillé (photos, constat de départ) pour se protéger en cas de litige sur une rayure ou un impact. Il contrôle ensuite les niveaux, la pression des pneus, l'éclairage et le carburant — cette maintenance de base fait partie du job.
Vient le trajet lui-même : itinéraire souvent imposé, respect des délais, des limitations et, pour les poids lourds, des temps de conduite et de repos. Le convoyeur reste en contact avec le coordinateur de transport et prévient en cas de retard, de panne ou d'incident. À l'arrivée, il fait signer les documents de livraison (lettre de voiture, procès-verbal de réception), refait un état des lieux contradictoire avec le client, puis organise son retour : train, covoiturage, ou enchaînement direct sur une nouvelle mission dans la même région. Selon les entreprises, il peut aussi laver le véhicule, faire le plein ou expliquer rapidement son fonctionnement au client.
Le bureau, c'est le siège conducteur. Les horaires sont variables : départ très tôt pour livrer avant l'ouverture d'une concession, longue étape sur autoroute, parfois découchage quand la mission dépasse la journée. Le métier alterne des périodes très chargées et des creux, surtout pour les indépendants qui trouvent leurs missions sur des plateformes de convoyage. L'effort physique reste modéré (position assise prolongée, manutention légère, arrimage), mais la vigilance et la fatigue nerveuse sont réelles.
Les profils sont très variés : convoyage de voitures particulières (le plus accessible, permis B suffisant, généralement 21 ans minimum et 3 ans de permis, aucun point retiré), convoyage de poids lourds, de cars ou d'engins de chantier (permis C/CE et FIMO obligatoires), convois exceptionnels avec voiture pilote, ou encore convoyage de bateaux de plaisance par un skipper professionnel. Les employeurs sont des sociétés de convoyage, des transporteurs, des constructeurs, des loueurs, des concessions et des sociétés de gestion de flotte.
Avec de l'expérience, on se spécialise : véhicules de luxe et de collection, engins de chantier et matériels agricoles, convois exceptionnels (formation dédiée et vraie technicité), ou transport international. On peut aussi passer du côté organisation en devenant coordinateur de convoyage, exploitant transport ou responsable de flotte. Beaucoup de convoyeurs créent leur micro-entreprise puis développent leur propre société de convoyage avec plusieurs conducteurs. Les passerelles restent nombreuses vers les autres métiers de la conduite : conducteur routier de marchandises, chauffeur VTC, chauffeur de direction, conducteur de bus ou d'autocar.
Le convoyage profite de plusieurs moteurs : essor de la vente de voitures d'occasion en ligne, mandataires auto, développement des flottes d'entreprise et de la location longue durée, retours de véhicules de leasing. On compte plusieurs milliers d'offres publiées chaque année en France, dont beaucoup en CDD, intérim ou prestation indépendante plutôt qu'en CDI. Les régions les plus actives sont l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine. Côté véhicules lourds, la pénurie chronique de conducteurs routiers rend l'insertion rapide dès que l'on possède le permis C/CE et la FIMO. Le revers de la médaille : sur le convoyage de voitures légères, la concurrence entre auto-entrepreneurs est forte sur les plateformes, et les tarifs à la mission peuvent être tirés vers le bas.