Un débutant recruté comme assistant de diffusion ou chargé de conduite d'antenne démarre généralement entre 2 000 et 2 300 € brut par mois ; le CIDJ situe le gestionnaire d'antenne autour de 2 500 € brut en début de carrière. Avec l'expérience, et surtout en accédant aux fonctions de responsable d'antenne ou de chef de chaîne, la rémunération grimpe entre 3 000 et 4 000 € brut mensuels. Les grands groupes nationaux (France Télévisions, TF1, M6, Canal+, NextRadioTV) rémunèrent nettement mieux que les télévisions locales, les chaînes thématiques ou les radios associatives. Les vacations de nuit, de week-end et de jours fériés donnent souvent lieu à des majorations ou à des primes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le niveau bac+2 est le socle minimum. La voie la plus directe est le BTS Métiers de l'audiovisuel, option « gestion de production » (la plus proche de la planification et du suivi des programmes) ou option « techniques d'ingénierie et exploitation des équipements » (pour la partie régie et diffusion). Beaucoup poursuivent ensuite en licence professionnelle des métiers de l'audiovisuel ou en bachelor production audiovisuelle (ISCPA, EMIC, ISA, ESRA…), voire en master cinéma-audiovisuel ou mastère management de production. L'INA campus, école de référence des médias, propose plusieurs de ces parcours en formation initiale comme continue. L'alternance et les stages en régie ou au service programmes d'une chaîne sont le meilleur passeport : le recrutement se fait beaucoup par le réseau et par le bouche-à-oreille. Un bon niveau d'anglais et une solide culture des programmes (formats, séries, sport, actualité) font la différence.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
À partir de la grille des programmes décidée par la chaîne ou la station, le conducteur d'antenne construit le déroulé précis d'une journée de diffusion. Concrètement, il vérifie chaque élément avant qu'il ne parte à l'antenne : durée exacte, time code, format, version linguistique, sous-titrage, signalétique jeunesse, disponibilité du fichier. Il intercale ensuite les écrans publicitaires, les auto-promotions, les bandes-annonces et l'habillage de la chaîne, en respectant à la fois les accords commerciaux et les obligations légales fixées par l'Arcom.
Ce conducteur n'est plus une feuille de papier : c'est une liste de diffusion informatique qui pilote un automate en régie finale. Le professionnel doit donc « caler » son déroulé sur des rendez-vous intouchables — le JT de 20 h commence à 20 h pile — quitte à raccourcir un module ou à ajouter un élément de bouche-trou. Le jour J, il suit la diffusion en temps réel, coordonne son travail avec la régie et les équipes de programmation, et rattrape les imprévus : direct qui déborde, invité en retard, fichier corrompu, événement d'actualité qui fait sauter toute la fin de soirée.
Le métier s'exerce en chaîne de télévision, en station de radio, chez un diffuseur thématique ou une plateforme, le plus souvent dans un bureau équipé de plusieurs écrans, à côté ou à l'intérieur de la régie de diffusion. La partie « préparation » ressemble à un travail de bureau très minutieux ; la partie « antenne » se vit en direct, dans une régie climatisée et sans fenêtres, avec une pression réelle : la moindre seconde de silence ou d'écran noir se voit immédiatement.
Les chaînes émettant 24 h/24, le travail s'organise en vacations qui tournent, avec des soirées, des week-ends, des jours fériés et parfois des nuits. Sur certaines chaînes d'info ou de sport, les postes peuvent atteindre 12 heures d'affilée. L'effort physique est faible, mais la concentration demandée est très soutenue et le télétravail reste marginal : on ne conduit pas une antenne depuis son salon.
On entre souvent dans le métier comme assistant de diffusion ou vacataire, avant de prendre la responsabilité complète du conducteur. Après quelques années, plusieurs portes s'ouvrent : chef de chaîne (responsable technique de tout ce qui sort en régie finale), responsable ou directeur d'antenne (encadrement des équipes et cohérence globale de la diffusion), chargé de programmation, ou encore coordinateur d'habillage. D'autres bifurquent vers la production, la programmation éditoriale, la gestion des droits et de la médiathèque numérique, ou vers les plateformes de streaming, où les compétences de planification de contenus se transposent très bien.
C'est un métier de niche : chaque chaîne ou station ne compte que quelques postes, et l'emploi est très concentré en Île-de-France, où sont installés les principaux diffuseurs. L'automatisation croissante des régies a réduit certaines fonctions purement techniques, mais la multiplication des canaux (TNT, chaînes thématiques, chaînes sportives, déclinaisons régionales, plateformes et chaînes FAST en streaming) maintient un besoin constant de professionnels capables de fabriquer et de sécuriser un conducteur. Les employeurs recherchent aussi ce profil pour la diffusion en ligne et le replay. L'entrée dans le métier se fait souvent par l'alternance, des CDD d'usage ou des vacations avant une stabilisation ; la mobilité géographique et la disponibilité pour les horaires décalés sont des atouts décisifs.