Un chargé de programmation débutant se situe entre 2 000 et 2 500 € brut par mois. La convention collective de l'exploitation cinématographique fixe des minima conventionnels s'échelonnant d'environ 1 870 € à 3 670 € brut mensuel selon le niveau et l'ancienneté. Dans les circuits et multiplexes (Pathé-Gaumont, UGC, CGR, Kinepolis), un programmateur confirmé se situe plutôt entre 2 800 et 4 500 € brut. Les cinémas indépendants, associatifs ou municipaux rémunèrent en général moins, et les postes y sont souvent mixtes (programmation + médiation + communication), parfois à temps partiel. Les rémunérations les plus élevées concernent les responsables de programmation gérant plusieurs établissements.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est strictement obligatoire, mais les recruteurs attendent un Bac+3 à Bac+5 : licence cinéma et audiovisuel ou arts du spectacle, puis master cinéma et audiovisuel (parcours diffusion, exploitation, médiation) ou master en management / ingénierie culturelle (ICART, IESA, universités). Le BTS métiers de l'audiovisuel peut servir de première marche avant une poursuite d'études. La formation professionnelle « Direction d'exploitation cinématographique » de La Fémis (titre RNCP niveau 7, 16 mois en alternance de sessions) est la référence pour se professionnaliser ou évoluer vers la direction ; elle est accessible aux salariés du secteur. Les formations courtes de l'AFCAE, de l'ADRC et de l'Afdas complètent la culture professionnelle (art et essai, jeune public, éducation à l'image). Dans ce métier, l'expérience de terrain — stages, bénévolat en festival, ciné-club, poste d'accueil ou de projection — pèse autant que le diplôme.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Chaque semaine, 15 à 20 nouveaux films sortent en France. Le programmateur les voit (ou en voit un maximum) en projection de presse, en avant-première ou via des liens sécurisés, puis tranche : lesquels prendre, combien de séances, dans quelle salle, à quels horaires. Il négocie ensuite avec les distributeurs — car un film convoité ne s'obtient pas automatiquement : il faut prouver que la salle fera des entrées, proposer une avant-première, un débat, un partenariat. Il construit le plan de séances, remplit les obligations liées aux engagements de programmation, suit les résultats du box-office et ajuste d'une semaine à l'autre.
Mais le métier ne s'arrête pas au choix des films. Le programmateur monte les séances scolaires, les ciné-clubs, les festivals et les rencontres avec des réalisateurs. Il présente les films en salle, anime les débats, écrit les textes du programme papier et des réseaux sociaux, dialogue avec les enseignants, les médiathèques, les associations locales. Dans une petite structure, il fait aussi de l'accueil et de la billetterie ; dans un multiplexe ou un circuit, il programme parfois plusieurs établissements à la fois.
Le poste se partage entre un bureau (négociations, plannings, tableurs, mails, logiciels de billetterie) et la salle elle-même. Les horaires sont irréguliers : projections en journée à Paris ou en région, séances et débats en soirée, festivals et week-ends chargés. Une partie du travail administratif peut se faire à distance, mais voir les films, rencontrer les distributeurs et accueillir le public exigent d'être présent. L'effort physique est faible ; la charge mentale, elle, est réelle : il faut décider vite, tenir un budget et assumer publiquement ses choix.
Les employeurs sont variés : cinémas indépendants et art et essai, salles municipales ou associatives, circuits et multiplexes (Pathé, UGC, CGR, Kinepolis), groupements de programmation qui gèrent plusieurs salles, festivals et cinémathèques. Certains programmateurs exercent en indépendant pour plusieurs établissements.
On arrive rarement directement à ce poste : le parcours classique passe par des stages, un job d'accueil ou de projection, un service civique en médiation, puis un poste d'assistant de programmation. Ensuite, on peut se spécialiser (art et essai, jeune public, documentaire, patrimoine), prendre en charge la programmation de plusieurs salles, ou basculer vers la direction d'établissement — la formation « Direction d'exploitation cinématographique » de La Fémis est la voie de référence. D'autres passerelles existent vers la distribution de films, la direction artistique d'un festival, la programmation d'une cinémathèque ou d'une plateforme, ou la médiation culturelle.
La France compte plus de 2 000 cinémas et reste le pays le plus équipé d'Europe, ce qui garantit une activité solide. Mais les postes de programmateur à temps plein sont peu nombreux : dans beaucoup de salles, c'est le directeur qui programme, ou bien la programmation est mutualisée au sein d'un groupement ou d'un circuit. En face, la demande est forte — les formations cinéma envoient chaque année beaucoup de candidats passionnés vers un nombre limité d'offres. Résultat : l'entrée dans le métier est très concurrentielle et passe presque toujours par des stages, du bénévolat en festival, un service civique ou un poste d'accueil/caisse avant d'accéder à la programmation. Les profils qui combinent culture cinéma, compétences en médiation (séances scolaires, dispositifs d'éducation à l'image) et aisance en communication numérique sortent du lot. Les postes existent partout en France, pas seulement à Paris, notamment dans les réseaux art et essai et les salles de collectivités.