En cinéma, la convention collective fixe un salaire minimum garanti d'environ 2 630 € brut pour 39 heures hebdomadaires, avec des majorations pendant les périodes de tournage. En audiovisuel, le minimum en CDI tourne autour de 3 030 € brut par mois. Un directeur ou une directrice de production débute plutôt entre 2 600 € et 3 200 € brut sur des projets modestes (documentaire, court, web) et se situe autour de 3 500 € à 4 500 € brut avec quelques années d'expérience. Sur des longs-métrages à gros budget, des séries ou des coproductions internationales, la rémunération peut dépasser 6 000 € brut par mois, voire atteindre 70 000 à 85 000 € brut par an. Attention : la plupart des professionnels sont en CDD d'usage (intermittence), donc le revenu annuel dépend directement du nombre de projets enchaînés — les périodes creuses entre deux productions sont la norme.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le niveau d'entrée minimum est le BTS métiers de l'audiovisuel option gestion de production (bac+2), la voie la plus directe et la plus reconnue du secteur : on y apprend le devis, le plan de travail, le droit social de l'audiovisuel et la gestion d'équipe. Il mène d'abord aux postes d'assistant de production, régisseur adjoint ou administrateur de production.
Beaucoup poursuivent ensuite en licence professionnelle techniques du son et de l'image (parcours gestion de production) ou en master cinéma et audiovisuel parcours production (Sorbonne Nouvelle, Lyon 2, Aix-Marseille, Lorraine…). Les écoles spécialisées sont très recherchées : La Fémis, département production (concours très sélectif, 4 ans, frais de scolarité publics), l'ENS Louis-Lumière, l'INA Sup, l'ESRA, l'ESEC, le CLCF, l'ISCPA ou l'EICAR.
Dans ce milieu, le diplôme ouvre la porte mais c'est l'expérience de plateau et le réseau qui font la carrière : stages, courts-métrages, assistanat, alternance en société de production. Compter en moyenne 5 à 10 ans d'expérience avant d'occuper réellement le poste de directeur ou directrice de production sur un projet d'envergure.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par la lecture du scénario, mais pas comme un spectateur : chaque scène se traduit en jours de tournage, en décors, en figurants, en effets spéciaux… donc en euros. Le directeur de production établit un devis détaillé, puis, une fois le projet financé, il construit le plan de travail : qui tourne quoi, où et quand, pendant combien de semaines.
Vient ensuite la préparation : recruter les techniciens et techniciennes, négocier avec les loueurs de matériel, les studios, les hôtels et les prestataires de postproduction, rédiger et faire signer les contrats, obtenir les autorisations de tournage. Pendant le tournage, il ou elle représente le producteur sur le plateau : suivi quotidien de la dépense et de la trésorerie, gestion des heures supplémentaires, arbitrages quand la météo tourne mal ou qu'un comédien tombe malade. Il faut trouver une solution en quelques minutes, sans faire exploser le budget ni mettre l'équipe en danger. Après le tournage, le suivi continue jusqu'à la livraison du film : postproduction, clôture des comptes, justificatifs pour le CNC et les financeurs.
Le métier alterne deux mondes : des semaines de bureau (chiffrage, contrats, plannings) et des semaines de terrain, sur les plateaux, en décors naturels ou en régie. Les horaires sont très variables et deviennent intenses à l'approche et pendant le tournage — journées longues, week-ends parfois mobilisés, déplacements fréquents en France ou à l'étranger. Le télétravail est possible sur la phase de préparation administrative, mais impossible pendant le tournage.
Les employeurs sont les sociétés de production cinéma et audiovisuel, les chaînes de télévision, les plateformes, les agences de publicité et les studios d'animation. Le statut dominant dans le cinéma est le CDD d'usage (intermittent du spectacle), projet par projet ; en télévision et en publicité, le CDI existe davantage. Beaucoup de professionnels finissent par exercer en indépendant, voire par créer leur propre structure.
On n'arrive presque jamais directement à ce poste. Le parcours classique passe par assistant ou assistante de production, régisseur, administrateur de production, puis chargé de production — cinq à dix ans pour prendre la direction d'un long-métrage ou d'une série. Ensuite, l'évolution se fait par la taille des projets : du court-métrage et du documentaire vers la fiction lourde, les coproductions internationales ou les séries à gros budget.
À plus long terme, deux voies s'ouvrent : devenir producteur ou productrice (déléguée ou exécutive) et porter soi-même le choix des projets, ou monter sa propre société de production. Les compétences acquises (budget, droit du travail, négociation, gestion de projet) se transposent aussi vers la production événementielle, le spectacle vivant, le jeu vidéo ou la direction de production dans les studios de postproduction et d'animation.
Le secteur reste très attractif, donc très concurrentiel, et l'accès au poste passe presque toujours par plusieurs années d'assistanat. Les études d'Audiens présentées à Cannes en 2026 signalent une baisse des effectifs d'environ 4 % en 2025 dans le cinéma et l'audiovisuel, avec une fragilité marquée en production cinématographique. En parallèle, le nombre d'entreprises du secteur a progressé d'environ 18 % entre 2019 et 2024 (+28 % en production audiovisuelle) et la demande de contenus pour les plateformes de streaming, le web et la publicité crée de nouveaux besoins. Résultat : les profils confirmés, capables de tenir un budget et de maîtriser le droit social de l'audiovisuel, restent recherchés, mais l'entrée dans le métier est difficile et se joue beaucoup sur le réseau, la mobilité (Paris et grandes régions de tournage) et la capacité à enchaîner les projets.