Un coiffeur débutant démarre au niveau du SMIC ou légèrement au-dessus (environ 1 800 € brut par mois), selon la grille de la convention collective de la coiffure. Avec 5 ans d'expérience et une clientèle fidèle, on atteint 2 100 à 2 400 € brut ; un coiffeur très qualifié, coloriste expert ou responsable de salon peut dépasser 2 800 à 3 000 € brut. Deux compléments comptent beaucoup dans ce métier : les pourboires et les primes sur la vente de produits ou sur le chiffre d'affaires réalisé. À son compte (salon ou domicile), les revenus dépendent entièrement du volume de clientèle et des charges — très variables d'un cas à l'autre.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale est le CAP Métiers de la coiffure, préparé en 2 ans après la 3e (ou en 1 an après un autre CAP), en lycée professionnel ou — le plus souvent — en apprentissage. C'est le diplôme minimum pour être embauché en salon. On peut ensuite poursuivre avec le BP Coiffure (2 ans en alternance), très recherché car il donne la qualification légale pour ouvrir et diriger un salon. Autre parcours : le Bac pro Métiers de la coiffure en 3 ans après la 3e. Pour se spécialiser en 1 an : la mention complémentaire (devenue certificat de spécialisation) Coiffure coupe couleur ou un CQP Barbier. Les plus ambitieux visent le BTS Métiers de la coiffure (bac+2, management et expertise technique) ou le Brevet de maîtrise (BM) de la Chambre de métiers. L'alternance est très majoritaire dans la filière : on est payé pendant sa formation et on entre dans le métier par la pratique.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un coiffeur commence par l'accueil : installer le client, écouter ce qu'il souhaite, observer la forme de son visage, la nature et l'implantation de ses cheveux. Ce « diagnostic capillaire » permet de proposer une coupe ou une couleur réalisable et flatteuse — parfois de dissuader le client d'une idée qui ne lui ira pas.
Viennent ensuite les gestes techniques : shampooing et soins, coupe aux ciseaux ou à la tondeuse, coloration, balayage, mèches, permanente, lissage, brushing, coiffage. Chez les messieurs, la taille de barbe prend de plus en plus de place. Entre deux clients, il faut nettoyer et désinfecter le matériel, ranger le poste, et souvent conseiller puis vendre des produits (shampooings, soins, cires) — une part réelle du chiffre d'affaires du salon. S'y ajoutent la prise de rendez-vous, la caisse et la gestion des stocks.
Le métier s'exerce surtout en salon indépendant ou franchisé, mais aussi à domicile, en EHPAD, en hôpital, en institut, sur des plateaux de tournage ou en coulisses de défilés. On travaille debout toute la journée, les bras souvent levés : c'est physique, et les troubles musculo-squelettiques sont un vrai sujet de la profession. Les horaires suivent la clientèle : le samedi est le gros jour, les fins de journée et les veilles de fêtes sont des périodes de rush, et le repos tombe souvent en début de semaine. Aucun télétravail possible — le métier est par définition un métier de contact et de geste.
Après quelques années, on peut se spécialiser : coloriste, visagiste, barbier, coiffure événementielle (mariage), coiffure de mode, de spectacle ou d'audiovisuel. En salon, on évolue vers responsable technique, chef de salon ou manager d'équipe. Beaucoup passent le BP Coiffure, indispensable pour ouvrir et diriger son propre salon, ou se lancent en indépendant à domicile — un créneau en forte croissance avec le vieillissement de la population. D'autres bifurquent vers la formation (professeur en CFA ou en lycée pro), la démonstration technique pour une marque de cosmétiques, ou la socio-coiffure auprès de publics fragiles.
La France compte environ 63 000 salons de coiffure et le secteur recrute en permanence : près de 9 salons employeurs sur 10 déclarent avoir des difficultés à recruter. La filière a perdu des milliers d'apprentis en dix ans, ce qui crée une réelle pénurie de professionnels qualifiés — un diplômé motivé trouve un poste rapidement, partout en France, y compris en zone rurale. Les conditions de travail (station debout, samedis travaillés, salaires proches du SMIC en début de carrière) restent le frein principal à l'attractivité du métier. Deux créneaux sont particulièrement porteurs : le barbier et la coiffure à domicile / en établissement pour personnes âgées.