En intermittence, la rémunération se compte surtout à la journée : environ 155 à 180 € brut par jour en télévision et 200 à 250 € brut par jour au cinéma, davantage pour un chef maquilleur sur une grosse production. Ramené au mois, un débutant tourne autour de 1 500 à 1 900 € brut, un professionnel confirmé entre 2 000 et 2 800 €, et un chef maquilleur peut dépasser 3 000 €. Attention : ces montants supposent d'enchaîner les contrats — le vrai enjeu du métier, c'est le nombre de jours travaillés dans l'année, pas le tarif journalier.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme d'État unique pour ce métier. Deux logiques coexistent. La première : partir d'une base beauté ou coiffure avec un CAP esthétique cosmétique parfumerie ou un CAP métiers de la coiffure (2 ans après la 3e), éventuellement complété par un bac pro esthétique cosmétique parfumerie ou une mention complémentaire coiffure. La seconde : viser directement un titre professionnel spécialisé « spectacle », comme le titre Maquilleur perruquier du spectacle (niveau 4, 1 an, accessible après un CAP, proposé notamment par les écoles Terrade / Acte Académie) ou un titre Maquilleur artistique de niveau 5 (bac+1 à bac+2), délivré par des écoles privées comme l'école Sophie Lecomte à Aix-en-Provence, Make Up For Ever Academy ou le Conservatoire du maquillage. Attention : ces formations privées sont souvent coûteuses (plusieurs milliers d'euros, parfois jusqu'à 15 000 €) — vérifie l'enregistrement au RNCP et les possibilités de financement (CPF, alternance, région) avant de t'inscrire. Dans tous les cas, le book (portfolio de photos) et les stages sur des tournages, des courts-métrages ou des spectacles amateurs comptent autant que le diplôme pour décrocher ses premiers contrats.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Avant chaque représentation ou chaque tournage, le maquilleur spectacle installe son poste de travail : pinceaux, fards, fonds de teint, éponges, prothèses, faux sang, postiches. Il lit le scénario ou la fiche de mise en scène, échange avec le réalisateur, le metteur en scène et le costumier, puis conçoit un maquillage qui colle au personnage et à l'époque. Vient ensuite l'exécution : teint unifié pour éviter les brillances sous les projecteurs, yeux redessinés pour être lisibles depuis le fond d'une salle, barbe collée poil par poil, prothèse en silicone fixée sur une joue. Un maquilleur peut préparer jusqu'à une dizaine d'artistes dans la même journée.
Pendant le spectacle ou le tournage, son travail n'est pas fini : il assure les retouches entre les prises, les changements de maquillage express en coulisses, la continuité (le raccord) d'une scène à l'autre — une plaie doit avoir exactement la même forme d'un plan tourné lundi à un plan tourné jeudi. Après, il démaquille, nettoie et désinfecte son matériel, entretient les perruques et note ce qui devra être reproduit le lendemain.
On exerce en loge, en atelier, en studio, sur un plateau de tournage, parfois en extérieur ou en tournée. Les horaires sont irréguliers : appel très tôt le matin sur un tournage, fin de soirée au théâtre, week-ends et jours fériés. On travaille beaucoup debout, penché sur un visage, avec beaucoup de concentration et une grande proximité physique avec les artistes — la discrétion et le respect de l'intimité font partie du métier.
La très grande majorité des professionnels relève du statut d'intermittent du spectacle : contrats à la journée ou au projet, revenus en dents de scie, notamment les premières années. Beaucoup complètent avec du maquillage mariage, de l'événementiel, de la formation ou un poste en institut de beauté le temps de construire leur réseau. La mobilité est un vrai atout : les productions se tournent partout en France et à l'étranger.
On commence presque toujours comme assistant maquilleur, puis on devient maquilleur, avant de viser le poste de chef maquilleur (ou cheffe maquilleuse) : c'est lui qui conçoit les maquillages de toute la production, gère le budget et encadre l'équipe. Beaucoup se spécialisent : effets spéciaux et prothèses (FX), posticherie et perruques, maquillage de mode et de défilé, maquillage télé. D'autres passent à l'enseignement en école de maquillage, ouvrent leur propre activité indépendante, se tournent vers le maquillage médical et correcteur, ou vers l'esthétique et le stylisme ongulaire pour sécuriser leurs revenus.
Le marché est étroit et très concurrentiel : les offres d'emploi publiées sont rares (le domaine se classe parmi les derniers secteurs en volume d'annonces) et le recrutement passe massivement par le réseau, le bouche-à-oreille et le book. Les productions cinéma, les séries, les plateformes de streaming, l'opéra, les grands théâtres nationaux et l'événementiel restent les principaux employeurs. La quasi-totalité des postes se fait en intermittence, avec des contrats d'un jour à quelques semaines. Conseil réaliste : garder une activité complémentaire (esthétique, maquillage mariage, cours) les premières années, et se démarquer par une spécialité — effets spéciaux, posticherie, maquillage d'époque.