Un gérant de salon n'a pas de « salaire » au sens classique : il se rémunère sur les résultats de son entreprise. Un salon indépendant réalise en moyenne 76 000 € de chiffre d'affaires par an (de 80 000 à 180 000 € pour les salons bien implantés). Après loyer, produits, salaires et charges sociales, le revenu net du gérant se situe le plus souvent entre 1 500 et 3 500 € par mois, soit environ 20 000 à 45 000 € nets par an. Les premières années sont souvent proches du SMIC, le temps de rembourser l'investissement de départ (30 000 à 100 000 € pour créer ou reprendre un salon). En franchise, le chiffre d'affaires est généralement plus élevé (150 000 à 300 000 €) mais les redevances (5 à 8 % du CA) réduisent la marge. Les gérants salariés d'un salon de réseau touchent plutôt 2 000 à 3 000 € brut par mois, souvent avec une part variable sur le chiffre d'affaires.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le socle, c'est le CAP Métiers de la coiffure (2 ans après la 3e, souvent en apprentissage). Mais depuis le décret n° 2023-500 du 22 juin 2023, pour exercer ou diriger en salon, il faut détenir un BP Coiffure, un Brevet de maîtrise coiffeur ou un diplôme de niveau égal ou supérieur inscrit au RNCP (bac pro Métiers de la coiffure, BTS Métiers de la coiffure). Le CAP seul suffit uniquement pour la coiffure à domicile. Un salon qui n'a pas de gérant titulaire du BP doit employer en permanence un responsable technique qui l'est.
Parcours types : • CAP Métiers de la coiffure → BP Coiffure (2 ans en alternance) → ouverture ou reprise d'un salon après quelques années d'expérience. C'est la voie la plus fréquente. • Bac pro Métiers de la coiffure (3 ans après la 3e) → expérience salariée → gérance. • CAP ou bac pro → BTS Métiers de la coiffure (bac+2, très orienté management, stratégie commerciale et gestion financière) pour ceux qui visent plusieurs salons ou un poste de manager de réseau. • Après 3 ans d'expérience professionnelle, la VAE permet d'obtenir tout ou partie du BP Coiffure sans repasser par l'école.
À compléter utilement par une formation à la création d'entreprise auprès de la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA), ou par un Brevet de maîtrise, qui reste la référence artisanale pour diriger et former des apprentis.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence rarement par un café tranquille : on vérifie l'agenda des rendez-vous, on répartit les clients entre les coiffeurs, on anticipe les annulations et les retards. Dans la plupart des salons français (souvent 1 à 5 salariés), le gérant ou la gérante reste coiffeur avant tout : coupes, couleurs, brushings, conseils personnalisés. Entre deux clients, il faut encaisser, vendre des produits capillaires, commander le shampoing qui manque, répondre aux messages sur les réseaux sociaux et gérer les avis en ligne.
Le soir ou le lundi (jour de fermeture fréquent), place à la casquette de chef d'entreprise : suivi du chiffre d'affaires, préparation des éléments pour le comptable, paie et plannings des salariés, recrutement d'un apprenti, négociation avec les fournisseurs, choix des promotions ou d'une nouvelle gamme de produits. C'est aussi la personne responsable du respect des règles d'hygiène, de sécurité et d'accessibilité du salon.
Le salon est ouvert en général du mardi au samedi, avec des pics de fréquentation le week-end et les veilles de fêtes. Les journées sont longues (rares sont celles qui se terminent avant 19 h) et les pauses dépendent de l'affluence. Le métier se pratique majoritairement debout, avec les bras levés : il faut de l'endurance, et l'exposition régulière aux produits chimiques (colorations, décolorations) impose des gestes de protection.
Aucun télétravail possible côté coiffure, même si la partie gestion peut se faire depuis chez soi. Le statut varie : artisan ou commerçant indépendant, chef d'entreprise en franchise (Franck Provost, Jean Louis David, Camille Albane…), ou responsable salarié d'un salon appartenant à un réseau. Le revenu n'est jamais garanti quand on est à son compte : il dépend directement du remplissage du salon et de la maîtrise des charges (loyer, salaires, produits).
Le parcours classique démarre comme coiffeur salarié, puis chef d'équipe ou responsable technique, avant la reprise ou la création d'un salon. Ensuite, plusieurs pistes : ouvrir un deuxième puis un troisième salon, se spécialiser sur un créneau porteur (barbier, coloriste expert, cheveux bouclés et texturés, coiffure végétale), rejoindre ou monter une franchise.
D'autres bifurquent vers la formation (formateur en CFA ou en école de coiffure), le conseil et la démonstration technique chez un fabricant de produits capillaires (L'Oréal Professionnel, Schwarzkopf…), la direction artistique, ou encore la coiffure de spectacle et de plateau. Les compétences de gestion acquises ouvrent aussi la porte à d'autres commerces de proximité (institut de beauté, spa, boutique).
Le secteur compte plus de 111 000 établissements de coiffure et près de 178 000 actifs, dont plus de 23 000 apprentis : c'est l'un des plus gros employeurs de l'artisanat français. Environ 10 % des actifs sont des dirigeants non salariés. Deux réalités coexistent. D'un côté, une **très forte tension sur le recrutement** : 9 salons employeurs sur 10 déclarent avoir du mal à trouver des coiffeurs qualifiés, ce qui facilite l'accès aux postes de responsable et rend la reprise de salons de départs à la retraite fréquente. De l'autre, un marché sous pression : chiffre d'affaires par actif en recul (−2,75 % en 2024), fréquentation en baisse (−1,94 %), concurrence croissante de la coiffure à domicile (31 % des établissements) et des salons de barbier. Ouvrir un salon reste accessible, mais la rentabilité dépend beaucoup de l'emplacement, du positionnement et de la maîtrise des charges. La reprise d'un salon existant avec sa clientèle est souvent plus sûre qu'une création ex nihilo.