Chef / Cheffe d'équipe de manutention portuaire

Cheffe d'équipe de manutention portuaire
À partir du CAP / BEP Emploi : Favorable
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Chef / Cheffe d'équipe de manutention portuaire
Haris Illahi / Unsplash
Salaire net ~1 716 – 3 120 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

Quand un porte-conteneurs accoste, c'est le chef d'équipe de manutention portuaire qui orchestre tout : qui décharge quoi, avec quelle grue, dans quel ordre et en combien de temps. Il ou elle dirige une équipe de dockers, de pointeurs et de conducteurs d'engins, veille à la sécurité de chacun et fait en sorte que le navire reparte à l'heure. Un métier de terrain, physique et stratégique, au cœur du commerce mondial.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 716 €
net / mois
≈ 1,2 SMIC
2 200 € brut
Expérimenté
3 120 €
net / mois
≈ 2,2 SMIC
4 000 € brut

Un chef d'équipe débutant démarre autour de 2 200 à 2 500 € brut par mois, et peut dépasser 3 500 à 4 000 € brut avec l'expérience. La rémunération de base est encadrée par la Convention collective nationale unifiée Ports et Manutention (CCNU) : elle est complétée par des primes substantielles (nuit, week-end, jours fériés, primes de rendement, paniers) qui pèsent souvent 15 à 25 % du salaire annuel. Les écarts sont importants selon le port : Le Havre, Dunkerque ou Marseille-Fos, où les volumes traités sont élevés, rémunèrent nettement mieux que les ports secondaires. France Travail affiche par ailleurs un salaire net médian d'environ 1 757 € pour l'ensemble du domaine, chiffre qui recouvre aussi des postes non encadrants et ne reflète pas les primes.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du CAP / BEP
Diplôme de référence : CQP Ouvrier docker spécialisé contremaître - chef d'équipe

Il n'existe pas de diplôme unique « chef d'équipe de manutention portuaire » : le métier s'atteint le plus souvent par promotion interne. Le parcours type commence par un CAP/BEP ou un bac pro logistique, une entrée comme ouvrier docker, l'obtention du ou des CACES, puis une spécialisation (pointeur, conducteur d'engins) avant le CQP contremaître / chef d'équipe ou le CQP chef de quai délivrés par la branche (CPNE Ports et Manutention, avec l'UNIM). Les formations se font dans les centres de formation portuaires des grands ports et via l'AFTRAL. Une seconde voie, plus scolaire, passe par le bac pro Métiers de la logistique ou le bac pro Organisation de transport de marchandises, éventuellement complété par un BTS Gestion des transports et logistique associée (GTLA), puis une prise de fonction d'encadrement après quelques années de terrain. L'anglais technique est un vrai plus : les échanges avec les équipages sont quotidiens.

Diplômes les plus adaptés

CQP
CQP Ouvrier docker spécialisé contremaître - chef d'équipe
CQP
CQP Chef de quai - chef de manutentions portuaires
CQP
CQP Ouvrier docker spécialisé conducteur d'engins de manutention portuaire
Bac
Bac pro Métiers de la logistique

Diplômes envisageables

Bac
Bac pro Organisation de transport de marchandises
Bac
Titre professionnel Technicien en logistique d'entreposage
Bac+2
BTS Gestion des transports et logistique associée (GTLA)

Certifications et permis

Requis
CACES R489 (chariots de manutention automoteurs) Indispensable pour conduire les chariots élévateurs et pour encadrer en connaissance de cause les conducteurs de l'équipe.
Atout
CACES R483 (grues mobiles) / R484 (ponts roulants et portiques) Selon le type de terminal, permet de manœuvrer ou de superviser les engins de levage lourds.
Requis
Carte professionnelle d'ouvrier docker (CQP de branche) La qualification docker délivrée par la branche est la porte d'entrée quasi obligatoire vers l'encadrement de quai.
Atout
Formation sûreté portuaire (code ISPS) Sensibilisation obligatoire à la sûreté dans les zones d'accès restreint des ports internationaux.
Atout
SST (Sauveteur secouriste du travail) Très apprécié pour un encadrant responsable de la sécurité d'une équipe sur le quai.
Atout
Habilitation ADR / marchandises dangereuses (IMDG) Nécessaire pour superviser la manutention de conteneurs de matières dangereuses.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Organisation des opérations de chargement et de déchargement
Indispensable Réglementation sécurité et sûreté portuaire (QHSSE, code ISPS)
Important Conduite et supervision d'engins de manutention (CACES, portiques, grues)
Important Lecture de plans de chargement, élingage et arrimage
Important Gestion des stocks et optimisation des espaces de stockage
Un plus Logiciels d'exploitation de terminal (TOS) et suivi informatisé des flux
Un plus Anglais technique maritime

Les qualités qui comptent

Indispensable Sang-froid et gestion du stress
Indispensable Leadership et animation d'équipe
Important Réactivité et sens des priorités
Important Communication claire et gestion des conflits
Important Rigueur et vigilance permanente

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

Le chef d'équipe de manutention portuaire est le chef d'orchestre du quai. À chaque prise de poste, il ou elle reçoit du service exploitation le plan de chargement du navire : combien de conteneurs, quels tonnages, quelles marchandises, quels délais. À partir de là, tout se joue sur le terrain : répartir les dockers sur les postes, affecter les grues, portiques, chariots et tracteurs, fixer l'ordre des mouvements, puis suivre la cadence heure par heure.

Au quotidien, cela veut dire briefer l'équipe avant chaque vacation, communiquer en permanence avec le bord du navire et le bureau d'exploitation (souvent par radio), contrôler l'état des marchandises avant et après manutention, signaler les avaries, et optimiser l'occupation des surfaces de stockage sur le terminal. C'est aussi former les nouveaux arrivants aux procédures et aux engins, et faire respecter des règles de sécurité très strictes : un conteneur mal élingué ou une zone mal balisée, ce sont des accidents graves. En cas d'incident, le chef d'équipe rédige le rapport et remonte l'information.

Les conditions de travail

On exerce ce métier dans les grands ports de commerce — Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque, Nantes-Saint-Nazaire, Rouen, La Rochelle, Bordeaux, ou les ports d'outre-mer — chez un opérateur privé de manutention (« stevedore ») ou un exploitant de terminal. Le travail est essentiellement en extérieur, sur le quai, par tous les temps, avec des passages en bureau ou en cabine d'exploitation pour le suivi informatique.

Le rythme est dicté par les navires, pas par l'horloge : postes en 3x8, travail de nuit, week-ends et jours fériés, pics d'activité intenses puis moments plus calmes. La tenue de sécurité (casque, chaussures, gilet haute visibilité) est obligatoire. Le poste est moins physique que celui de docker, mais il implique de rester debout, de marcher beaucoup sur le terminal et de garder son sang-froid quand un navire prend du retard. C'est un environnement encore très masculin (environ 1 % de femmes), mais qui s'ouvre.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Modéré
Environnement extérieur, chantier, bureau
Comment ça évolue ?

La très grande majorité des chefs d'équipe viennent du terrain : on commence souvent comme ouvrier docker, on se spécialise (pointeur, conducteur d'engins de manutention portuaire), puis on passe un CQP de contremaître ou de chef de quai proposé par la branche. Un bac pro logistique ou un BTS transport peut aussi servir de porte d'entrée, mais l'expérience du quai reste déterminante.

Ensuite, plusieurs voies s'ouvrent : responsable navire ou chef de chantier sur les opérations les plus complexes, agent de maîtrise puis responsable d'exploitation du terminal, planificateur (« ship planner » / « yard planner ») côté bureau, ou encore formateur pour la branche. Avec une formation continue supérieure — comme celles de l'IPER au Havre — on peut viser des postes de management de terminal ou d'exploitation portuaire. Les compétences acquises (encadrement, flux, sécurité) permettent aussi de basculer vers la logistique terrestre : chef d'équipe logistique, responsable d'entrepôt, responsable transport.

Perspectives d'emploi

Favorable

Le métier est en forte tension : les entreprises signalent d'importantes difficultés de recrutement, pour seulement quelques centaines de demandeurs d'emploi positionnés sur ce poste au niveau national (environ 270 selon les données France Travail). L'emploi a progressé d'environ 30 % sur cinq ans, porté par la croissance des flux conteneurisés et par les départs en retraite d'une génération de contremaîtres. Les postes sont à 96 % à temps plein et se concentrent sur un petit nombre de bassins d'emploi : Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque, Nantes-Saint-Nazaire, Rouen, La Rochelle, Bordeaux, Sète, ainsi que les ports d'outre-mer. L'automatisation des terminaux ne détruit pas les postes d'encadrement : elle les rend plus techniques (pilotage d'engins télé-opérés, systèmes d'exploitation de terminal). Le métier reste très masculin (environ 1 % de femmes), et la branche cherche activement à le féminiser.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Chef / Cheffe de quai manutention portuaireSous-chef de quai (transport) / Sous-cheffe de quai (transport)Chef de manutention portuaireContremaître de manutention portuaireChef d'équipe dockerOuvrier docker spécialisé contremaîtreResponsable navireChef de chantier portuaire

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéIntérimaireApprenti / Alternant