Un débutant démarre entre 1 800 € et 2 100 € brut par mois, un peu au-dessus du SMIC ; dans les grands chantiers navals, l'embauche d'un profil qualifié (soudure certifiée) se situe plutôt entre 2 100 € et 2 400 € brut. Après quelques années et avec des qualifications de soudage, on atteint 2 500 € à 3 200 € brut, davantage en chef d'équipe. À cela s'ajoutent souvent des primes qui pèsent lourd : panier, primes de poste (2x8/3x8), d'insalubrité, de grand déplacement. Les missions en intérim spécialisé, les chantiers offshore ou à l'international peuvent majorer la rémunération de 30 à 60 %, avec des pointes à 4 000 € et plus pour des profils très expérimentés.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible dès le CAP (niveau 3) : CAP Réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage, option A chaudronnerie ou option B soudage. Les chantiers navals recrutent aussi beaucoup via le CQPM 0210 « Chaudronnier naval — coques et structures métalliques » (10 mois, ~1 440 h, délivré par l'UIMM), très prisé en reconversion comme en sortie de scolarité, avec des taux d'insertion proches de 100 %. Le bac pro Technicien en chaudronnerie industrielle (TCI) est de plus en plus demandé par les employeurs et permet d'accéder plus vite aux postes qualifiés. Pour viser l'encadrement, le bureau d'études ou les méthodes, le BTS Conception et réalisation en chaudronnerie industrielle (CRCI) ou une licence pro Métiers de l'industrie navale et maritime sont les suites logiques. L'alternance est la voie royale : les grands donneurs d'ordres (Chantiers de l'Atlantique, Naval Group, Piriou, Socarenam) et leurs sous-traitants forment dans leurs propres écoles ou via les Pôles formation UIMM. Le Campus des industries navales (CINav) labellise les formations qui débouchent réellement sur l'emploi de la filière.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par les plans. Le charpentier métallique lit des plans de construction navale, reporte les cotes sur la tôle (le traçage), puis découpe les pièces au chalumeau, à l'oxycoupage ou au plasma. Il les met en forme (pliage, cintrage, roulage), les présente, les ajuste au millimètre puis les pointe et les soude pour constituer des « blocs » : sections de coque, cloisons, ponts, superstructures, membrures. À la meuleuse, il ébavure et prépare les bords à souder.
Une fois les blocs fabriqués en atelier, il participe à leur assemblage sur la cale ou en forme de radoub : élingage et levage au pont roulant ou à la grue, positionnement, accostage des sections, contrôle de l'alignement, reprise des soudures. Il vérifie ensuite la conformité et l'étanchéité de son ouvrage (contrôles dimensionnels, essais d'étanchéité, préparation aux contrôles non destructifs). En réparation navale, il découpe et remplace les tôles abîmées ou corrodées d'un navire à quai, souvent dans des délais très serrés.
Le métier se partage entre l'atelier (halls de préfabrication, machines de découpe numérique) et le navire lui-même. Sur un bateau, on travaille en hauteur sur échafaudage, dans des espaces confinés (double fond, ballasts, cales), parfois à l'extérieur par tous les temps. Bruit, poussières, fumées de soudage, port de charges et postures contraignantes (à genoux, bras en l'air, en torsion) font partie du quotidien : les équipements de protection et les habilitations sécurité sont obligatoires, et la vigilance permanente.
Les chantiers navals fonctionnent souvent en roulement (2x8, 3x8), avec des journées qui démarrent tôt, autour de 7h30. Les pics d'activité avant une livraison ou pendant un arrêt technique peuvent imposer des samedis travaillés. Le travail est collectif : on avance en équipe, en coordination permanente avec les soudeurs, tuyauteurs, monteurs, électriciens et les contrôleurs qualité. Les emplois se concentrent sur les grands bassins industriels du littoral : Saint-Nazaire, Lorient, Brest, Cherbourg, Toulon, Le Havre, La Ciotat, Concarneau.
Avec l'expérience et des qualifications de soudage supplémentaires, on se spécialise (structures complexes, aluminium, tuyauterie, montage à bord) ou on passe chef d'équipe puis chef de chantier. Un BTS ou une licence pro ouvre les portes du bureau d'études, de la préparation-méthodes, du contrôle qualité ou du contrôle non destructif. Les compétences acquises sont très transférables : chaudronnerie industrielle, éolien offshore, nucléaire, pétrochimie, charpente métallique du bâtiment. Certains partent en grand déplacement ou à l'international, où les rémunérations grimpent fortement, d'autres se mettent à leur compte en réparation navale ou en métallerie.
La filière navale française rassemble plus de 770 entreprises, 15,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires (2024) et plus de 58 200 emplois directs, avec près de 10 000 recrutements par an à pourvoir. Les métiers de la coque — charpentiers métalliques, chaudronniers, soudeurs, tuyauteurs — figurent parmi les plus en tension : les carnets de commandes sont pleins (paquebots, navires militaires, renouvellement des flottes, sous-stations électriques pour l'éolien offshore) et les départs en retraite nombreux. Résultat : un jeune diplômé avec un CAP ou un CQPM et de bonnes qualifications de soudage trouve un emploi rapidement, souvent en CDI après un passage en intérim ou en alternance. Les postes se concentrent près des grands sites : Saint-Nazaire, Lorient, Brest, Cherbourg, Toulon, Le Havre, Concarneau. Point de vigilance : l'activité reste cyclique, dépendante des grands contrats et des commandes militaires ou civiles.