Les débuts sont modestes : autour de 1 800 à 2 000 € brut par mois, parfois proche du SMIC dans le secteur associatif, et à partir d'environ 1 965 € brut pour un chargé d'études à l'Office français de la biodiversité. Dans les conservatoires botaniques nationaux, la rémunération suit généralement la grille des ingénieurs territoriaux et dépend de l'expérience reprise. Après 5 à 10 ans, un chargé de mission confirmé se situe entre 2 400 et 3 000 € brut, et un responsable de pôle conservation ou un conservateur de collection peut dépasser 3 400 €. Les postes de technicien de conservation (bac+2/+3) démarrent plus bas, autour de 1 700 à 1 900 € brut.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le parcours le plus courant est un master en écologie ou en biologie des organismes (mention Biodiversité, écologie et évolution, avec un parcours orienté « gestion et conservation de la biodiversité », « biologie végétale » ou « biologie de la conservation »), ou un diplôme d'ingénieur agronome / en environnement (Institut Agro, AgroParisTech, ENSAT, ISA, UniLaSalle). Le Muséum national d'Histoire naturelle est une référence pour la spécialisation conservation et gestion des collections. En amont : licence Sciences de la vie ou BUT Génie biologique. Un BTSA Gestion et protection de la nature ou un BTSA Production horticole permet d'accéder aux postes de technicien de conservation (récolte, tri, culture, suivi des collections) et de progresser ensuite par l'expérience ou la reprise d'études. Les stages et volontariats en conservatoire botanique, jardin botanique, parc zoologique ou réserve naturelle pèsent lourd dans le recrutement : c'est souvent l'expérience de terrain et la maîtrise de la détermination des espèces qui font la différence, plus que le seul diplôme. Un doctorat est un atout pour les postes de recherche ou de coordination scientifique.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
« Ex-situ » veut dire « hors du milieu naturel ». Le chargé de conservation ex-situ organise la sauvegarde d'espèces sauvages menacées ailleurs que là où elles vivent : dans une banque de graines, une serre, un jardin botanique, un laboratoire de culture in vitro ou un parc zoologique.
Son quotidien alterne trois univers. Sur le terrain, il repère les populations d'espèces rares, réalise des inventaires naturalistes et récolte du matériel biologique (graines, boutures, échantillons) en respectant des protocoles stricts — on ne prélève jamais plus qu'une petite fraction d'une population fragile. Au laboratoire ou en serre, il trie, nettoie, sèche, pèse et met en conservation les lots : congélation à -20 °C pour les graines, culture in vitro, cryoconservation, mise en collection vivante. Il teste régulièrement la germination pour vérifier que les lots restent viables. Au bureau, il saisit et fiabilise les données de collection dans des bases spécialisées, rédige des plans de conservation d'espèces, monte des dossiers de financement et échange avec les autres conservatoires, muséums et zoos du réseau (les parcs zoologiques travaillent par exemple dans le cadre des programmes européens EEP coordonnés par l'EAZA).
Dernière étape, la plus gratifiante : contribuer aux opérations de réintroduction ou de renforcement de populations dans la nature, en fournissant les plants ou les animaux issus des collections et en suivant leur reprise sur plusieurs années.
Le métier s'exerce surtout dans les 14 Conservatoires botaniques nationaux, au Muséum national d'Histoire naturelle, dans les jardins botaniques, les parcs zoologiques, les centres de ressources biologiques, l'Office français de la biodiversité, les conservatoires d'espaces naturels et certaines associations de protection de la nature.
Le rythme est très saisonnier : les campagnes de récolte de graines se concentrent sur quelques semaines en été et à l'automne, avec des journées longues, des déplacements fréquents et parfois des sites d'accès difficile (falaises, marais, montagne). Le reste de l'année, le travail est plus sédentaire, entre laboratoire, serre et bureau. L'effort physique reste modéré mais réel : marche en terrain accidenté, station debout prolongée, manipulations minutieuses. Le télétravail est possible pour la partie rédaction et analyse de données, jamais pour le cœur du métier. Le permis B est quasi indispensable, et un bon niveau d'anglais est nécessaire pour les échanges internationaux (réseaux ENSCONET, EAZA, listes rouges UICN).
On commence souvent comme technicien ou chargé d'études en CDD ou en service civique, avant de décrocher un poste de chargé de mission. Ensuite, plusieurs voies : se spécialiser (banque de semences, culture in vitro, génétique des populations, une famille d'espèces particulière), prendre la responsabilité d'un pôle conservation ou d'une collection entière, devenir conservateur d'un jardin botanique ou coordinateur d'un programme d'élevage européen. Certains basculent vers la recherche via un doctorat, d'autres vers la coordination de projets de biodiversité en collectivité, en bureau d'études ou en ONG internationale. Les passerelles sont naturelles vers les métiers de chargé de projet biodiversité, gestionnaire d'espaces naturels ou chargé de mission développement durable.
C'est un métier passion, donc très demandé et peu pourvu : les employeurs se comptent en dizaines (14 conservatoires botaniques nationaux, Muséum national d'Histoire naturelle, jardins botaniques, une centaine de parcs zoologiques, OFB, conservatoires d'espaces naturels, centres de ressources biologiques) et chaque offre attire de nombreux candidats. Les premiers postes passent souvent par des stages, services civiques et CDD saisonniers liés aux campagnes de récolte, avant une stabilisation en CDI ou en contrat de la fonction publique. La dynamique de fond est cependant porteuse : Stratégie nationale biodiversité 2030, plans nationaux d'actions en faveur des espèces menacées, obligations de compensation écologique et montée en puissance des programmes de réintroduction créent régulièrement des postes. Les profils qui savent combiner détermination des espèces, gestion de données et montage de projets s'en sortent nettement mieux. La mobilité géographique est presque obligatoire pour décrocher son premier poste.