Un conducteur de travaux débutant en génie écologique démarre en général autour de 2 200 à 2 700 € brut par mois (soit environ 28 000 à 33 000 € brut/an), un niveau proche de celui du BTP pour les profils bac+3. Avec 5 ans d'expérience et la gestion d'un portefeuille de chantiers, on atteint couramment 3 200 à 4 200 € brut par mois. Les entreprises de génie écologique, souvent des PME, rémunèrent un peu en dessous des grands groupes de travaux publics, mais le poste s'accompagne presque toujours d'un véhicule de service, de primes de déplacement et parfois d'une part variable liée aux affaires signées.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus courante passe par un BTSA (Gestion et protection de la nature, Aménagements paysagers, Gestion forestière) complété par une licence professionnelle spécialisée en génie écologique, restauration des milieux aquatiques ou gestion de l'environnement. Un master ou un diplôme d'ingénieur en écologie / aménagement du territoire permet aussi d'y accéder, souvent avec une orientation plus « chargé d'affaires ». L'UPGE, l'union professionnelle de la filière, indique un accès au niveau licence pro ou bac+5.
L'alternance est très appréciée : elle apporte l'expérience chantier indispensable pour encadrer des équipes. Une autre voie, plus progressive, part d'un bac pro ou d'un CAP dans le paysage, la forêt ou les TP, se poursuit par un CS Travaux mécanisés de génie écologique, puis par une promotion interne (ouvrier → chef d'équipe → chef de chantier → conducteur de travaux). Une double compétence écologie + conduite de chantier est ce que recherchent le plus les employeurs.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le conducteur de travaux de milieux naturels (ou de génie écologique) pilote des chantiers dont l'objectif n'est pas de construire, mais de réparer la nature : reméandrage d'un cours d'eau, effacement d'un seuil pour laisser passer les poissons, restauration d'une mare ou d'une tourbière, lutte contre les espèces exotiques envahissantes, génie végétal pour stabiliser une berge, replantation de haies ou de milieux dunaires.
Sa journée se partage entre le bureau et le terrain. Au bureau, il répond aux appels d'offres et chiffre les interventions, commande le matériel et les végétaux, planifie les équipes selon leurs compétences et les périodes autorisées (on ne coupe pas une haie en pleine nidification !), gère les autorisations administratives et le suivi financier jusqu'à la facturation. Sur le terrain, il lance les chantiers, contrôle l'avancement, ajuste les techniques quand le sol ou la météo l'imposent, veille à la sécurité des équipes et au respect strict des contraintes écologiques et réglementaires.
Il travaille pour une entreprise de travaux de génie écologique, une entreprise du paysage ou de TP ayant une branche « milieux naturels », parfois pour un syndicat de rivière ou un conservatoire d'espaces naturels. Les déplacements sont constants : le véhicule de service est un vrai deuxième bureau, et les chantiers peuvent être éloignés, avec des découchés selon les entreprises.
Les horaires suivent le rythme des chantiers : démarrages tôt, journées qui s'allongent quand une fenêtre météo se referme, saisonnalité marquée par les calendriers écologiques (période de basses eaux pour intervenir en rivière, hors période de reproduction pour la faune). L'effort physique reste modéré — on marche, on grimpe sur des berges, on porte des EPI et des cuissardes — mais le vrai défi est la gestion simultanée de plusieurs chantiers. Le télétravail est possible pour la partie administrative et les réponses aux appels d'offres, jamais pour le suivi de chantier.
Beaucoup arrivent à ce poste après quelques années comme chef d'équipe ou chef de chantier en génie écologique ou en aménagement paysager. Ensuite, on peut se spécialiser (milieux aquatiques, littoral, zones humides, génie végétal), prendre en charge un portefeuille d'affaires plus important comme chargé d'affaires ou responsable d'agence, ou évoluer vers la maîtrise d'œuvre et l'ingénierie écologique en complétant sa formation. D'autres passent côté maître d'ouvrage — syndicat de bassin, collectivité, conservatoire — ou créent leur propre entreprise de travaux, un choix fréquent dans une filière encore composée de nombreuses PME.
La filière du génie écologique est jeune, en pleine structuration, et recrute nettement plus qu'elle ne trouve de candidats. Les estimations de la filière font état de plusieurs dizaines de milliers d'emplois et d'un besoin de l'ordre de 7 000 recrutements par an d'ici 2030, sur l'ensemble des métiers (ouvriers, conducteurs d'engins, chargés d'études, ingénieurs écologues, conducteurs de travaux). La demande est portée par la réglementation environnementale (séquence Éviter-Réduire-Compenser, directive-cadre sur l'eau, restauration de la continuité écologique, adaptation au changement climatique) et par les plans de restauration de la nature. Les profils combinant compétences écologiques et culture chantier sont particulièrement rares — donc très recherchés. Les régions les plus actives sont l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes, l'Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine.