La rémunération est encadrée par les conventions collectives des entraîneurs de chevaux de courses : environ 1 575 à 2 000 € brut par mois au galop, 1 584 à 1 838 € au trot, soit un démarrage proche du SMIC. S'y ajoutent des primes non négligeables : une prime d'environ 1,5 % des gains en courses des chevaux de l'écurie, et jusqu'à 10 % de l'allocation pour un cavalier qui monte et gagne une course. Le logement et parfois la nourriture sont fréquemment fournis sur les centres d'entraînement, ce qui améliore le pouvoir d'achat réel. Un premier garçon ou un garçon de voyage expérimenté dépasse 2 200-2 500 € brut ; les jockeys confirmés, eux, vivent essentiellement de leurs pourcentages et peuvent atteindre des revenus très supérieurs (mais très irréguliers).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale est le CAP agricole Lad-cavalier d'entraînement (CAPa LCE), préparé en 2 ans après la 3ᵉ, en formation initiale ou en apprentissage, principalement dans les campus de l'AFASEC (École des Courses Hippiques : Gouvieux-Chantilly, Cabriès, Mont-de-Marsan, Graignes) et dans certaines MFR. L'AFASEC propose aussi des classes de 4ᵉ et 3ᵉ « découverte des courses » dès 14 ans, ainsi qu'un parcours accéléré Qualif'Collectif en 9 mois pour les adultes en reconversion.
Poursuites d'études fréquentes : Bac pro CGEH (Conduite et gestion de l'entreprise hippique), Bac pro CGEA, ou un certificat de spécialisation « Éducation et travail des jeunes équidés ». Ceux qui visent la monte en course passent, à partir de 16 ans, la licence d'apprenti jockey délivrée par France Galop (visite médicale, tests pratiques et théoriques) ou l'autorisation de monter/conduire au trot délivrée par LeTrot. À noter : il est possible d'entrer dans le métier sans diplôme si l'on a déjà un bon niveau équestre, mais le CAPa reste très largement demandé par les entraîneurs.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée du cavalier d'entraînement commence très tôt, souvent vers 5 h ou 6 h du matin. Première mission : distribuer les rations, curer les box, refaire les litières et panser les chevaux dont il a la charge — un lad s'occupe généralement de 2 à 4 chevaux « à son compte ». Vient ensuite le cœur du métier : la montée en piste. Sous les consignes de l'entraîneur, il monte successivement plusieurs chevaux pour appliquer le programme du jour (trotting, canter, galop de chasse, travail en côte, sortie des stalles) et adapte son geste au tempérament et au niveau de chaque animal.
Au galop, on parle de lad-jockey ; au trot, de lad-driver, qui travaille les chevaux montés ou attelés au sulky (petite voiture à deux roues). Entre deux montes, le cavalier assure les soins post-effort (douche, marche, bandages, glaçage), l'entretien du harnachement et de la sellerie, et signale à l'entraîneur le moindre signe anormal : boiterie, perte d'appétit, baisse de forme. Les jours de course, il accompagne le cheval à l'hippodrome, le prépare et le présente au rond de présentation — et il lui arrive de conduire le van.
C'est un métier de plein air, exercé par tous les temps, dans des écuries de courses le plus souvent regroupées autour des grands centres d'entraînement (Chantilly, Maisons-Laffitte, Grosbois, Pau, Cabriès, Lyon…). Les horaires sont décalés et fractionnés : matinée intense de 5 h à midi, coupure l'après-midi, puis reprise pour le repas du soir des chevaux. On travaille par roulement le week-end, puisque les courses ont lieu tous les jours de l'année.
La condition physique compte beaucoup : il faut être léger et endurant. Le poids reste une contrainte forte pour qui vise la monte en course (environ 50 à 55 kg au plat, jusqu'à 60 kg en obstacle). Le risque de chute et de blessure est réel, et le rythme est soutenu. En contrepartie, c'est un métier profondément relationnel avec l'animal, où l'on voit très concrètement le résultat de son travail le jour de la course.
Une minorité de cavaliers d'entraînement (environ 5 %) décroche la licence de jockey ou de driver et monte régulièrement en course, avec à la clé un pourcentage sur les gains. Les autres évoluent au sein de l'écurie : premier garçon (head lad), responsable d'écurie, garçon de voyage (traveling lad) qui accompagne les chevaux sur les hippodromes français et étrangers, assistant entraîneur puis entraîneur public après obtention de la licence.
Les passerelles vers le reste de la filière équine sont nombreuses : élevage et pré-entraînement de jeunes chevaux, débourrage, cavalier de spectacle, chef d'écurie de sport, commerce de chevaux, ou encore métiers d'encadrement dans les sociétés de courses. L'expérience internationale (Irlande, Royaume-Uni, Émirats, Japon, Australie) est valorisée et fréquente dans ce métier.
La filière des courses hippiques est en situation de quasi plein emploi et peine à recruter : en 2023, la plateforme équi-ressources a diffusé plus de 3 200 offres dans la filière équine, dont environ 260 postes de cavalier d'entraînement au galop et une soixantaine au trot. Les écuries des grands centres d'entraînement (Chantilly, Maisons-Laffitte, Grosbois, Pau) cherchent en permanence des cavaliers qualifiés, et l'AFASEC affiche des taux d'insertion élevés à la sortie du CAPa. Le turnover reste toutefois important, car le métier est exigeant physiquement et les carrières de monte en course sont courtes : beaucoup de lads évoluent vers d'autres fonctions de la filière au bout de quelques années. La mobilité internationale (Irlande, Royaume-Uni, Émirats arabes unis, Japon, Australie) offre des débouchés supplémentaires aux profils motivés.