En début de carrière, la rémunération tourne autour du SMIC (environ 1 800 € brut par mois), parfois complétée par le logement et les repas quand on travaille en gîte ou en ferme équestre. Le métier étant très saisonnier, le revenu annuel dépend surtout du nombre de mois travaillés : beaucoup de guides cumulent un CDD saisonnier l'été avec une autre activité le reste de l'année. Un professionnel expérimenté, notamment s'il enseigne aussi ou encadre une structure, peut atteindre 2 000 à 2 300 € brut mensuels. En indépendant, les prestations se facturent couramment entre 20 et 30 € de l'heure, mais il faut en déduire les charges et l'entretien de la cavalerie. Créer sa propre ferme équestre ou son entreprise de randonnées est le principal levier pour augmenter significativement ses revenus.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie principale est le titre professionnel d'Accompagnateur de tourisme équestre (ATE), délivré par la Fédération française d'équitation (FFE) et enregistré au RNCP au niveau 4 (équivalent bac). Pour y entrer : avoir 18 ans minimum (17 ans en apprentissage), être titulaire de la licence fédérale de pratique de l'année, justifier du Galop 6 (ou Galop 6 de pleine nature), du PSC1, d'un certificat médical de non contre-indication et de 7 jours de randonnée validés (3 jours en apprentissage). La formation représente au minimum 455 heures dans un établissement habilité par la FFE, sur 6 à 24 mois selon le niveau d'entrée, pour un coût généralement compris entre 4 000 et 7 000 € (finançable par apprentissage, CPF ou aides régionales). La VAE est possible pour les professionnels déjà expérimentés.
Autre voie très courante : le BPJEPS spécialité éducateur sportif mention équitation (anciennement mention activités équestres, option C « équitation d'extérieur »), qui permet à la fois d'enseigner et d'encadrer des sorties en extérieur — un vrai atout pour travailler toute l'année. En amont, le bac pro CGEH (Conduite et gestion de l'entreprise hippique) est une excellente préparation dès la sortie du collège : il couvre les soins, la valorisation du cheval et l'organisation de randonnées, et donne des équivalences pour la suite. Le CQP Enseignant activités équestres constitue une passerelle supplémentaire.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Avant même que le groupe arrive, la journée du guide de tourisme équestre commence à l'écurie : panser les chevaux, vérifier les sabots et les ferrures, contrôler chaque selle, chaque filet, chaque sacoche. Il attribue ensuite une monture à chaque participant en fonction de son niveau — un débutant n'aura pas le même cheval qu'un cavalier confirmé — puis fait un point sécurité avant le départ.
En selle, il ouvre la marche. Il règle l'allure sur le cavalier le moins à l'aise, surveille en permanence le groupe et les animaux, gère les passages délicats (routes, gués, dénivelés) et intervient au moindre problème : sangle qui se desserre, cheval qui boite, cavalier fatigué. Il transporte la trousse de secours et sait s'en servir. Entre deux étapes, il raconte : l'histoire du village traversé, la faune locale, les traditions de la région. Sur une randonnée de plusieurs jours, il gère aussi la logistique — hébergements, repas, foin et eau pour les chevaux, transport des bagages. Beaucoup de guides assurent en plus l'accueil des clients, les réservations et l'entretien du matériel et des installations.
C'est un métier de plein air, par tous les temps, physiquement exigeant : de longues heures à cheval, du port de charges (selles, sacs de grain, bottes de foin) et une vigilance constante. Les horaires suivent l'activité, pas l'horloge : week-ends, jours fériés, vacances scolaires. L'activité est fortement saisonnière — le gros du travail se concentre entre mai et septembre — ce qui pousse beaucoup de professionnels à la combiner avec un autre emploi hors saison (moniteur d'équitation, accompagnateur de randonnée pédestre, moniteur de ski, travail en centre équestre). Les employeurs sont des centres équestres, des fermes équestres, des gîtes et relais d'étape, des bases de loisirs, des villages vacances ou des tour-opérateurs spécialisés. Une part importante des guides travaille à son compte, souvent avec sa propre cavalerie.
Avec de l'expérience, un guide peut se spécialiser : randonnées itinérantes à l'étranger, séjours avec public en situation de handicap, équitation d'extérieur pour les scolaires, attelage. En complétant sa qualification par un BPJEPS mention équitation ou un CQP Enseignant activités équestres, il peut enseigner en centre équestre et sécuriser un emploi à l'année. Beaucoup finissent par créer leur propre structure — ferme équestre, gîte équestre, entreprise de randonnées — ce qui suppose d'acquérir des compétences en gestion et en commercialisation. D'autres passent à l'encadrement d'un centre équestre ou rejoignent les comités départementaux et régionaux de tourisme équestre pour baliser et développer les itinéraires.
La filière équine française représente environ 120 000 emplois et le tourisme équestre s'appuie sur un réseau de près de 2 500 établissements affiliés au Comité national de tourisme équestre. La demande de randonnées et de séjours nature progresse, portée par l'engouement pour le tourisme de proximité et les activités de plein air. Les offres existent donc, mais elles sont majoritairement saisonnières et concentrées dans les régions touristiques (littoral, montagne, Provence, Sud-Ouest, Centre-Val de Loire). Décrocher un poste à l'année suppose presque toujours d'être polyvalent : encadrement de randonnées + enseignement (BPJEPS ou CQP) + soins à la cavalerie + accueil de la clientèle. La certification ATE a été renouvelée au RNCP en juillet 2025, et l'apprentissage est désormais accessible dès 17 ans, ce qui relance les entrées en formation. Beaucoup de professionnels finissent par s'installer à leur compte.