Un moniteur débutant démarre autour de 1 800 à 1 900 € brut par mois. La convention collective nationale des activités hippiques (signée en novembre 2023, étendue en mai 2024) situe l'enseignant d'équitation entre environ 2 080 € et 2 375 € brut mensuel selon l'échelon. Selon France Travail, 80 % des offres proposent entre 1 800 € et 2 275 € brut. Avec de l'expérience, un enseignant responsable pédagogique (instructeur) ou un coach de compétition dépasse 2 500 à 3 000 € brut. À son compte (coaching indépendant, écurie de propriétaires, reprise d'un centre équestre), les revenus dépendent fortement de la clientèle et de la saison. Beaucoup de structures proposent des avantages en nature : logement sur place, pension d'un cheval personnel.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le diplôme de référence est le BPJEPS spécialité éducateur sportif mention équitation (niveau bac, RNCP40034), qui se prépare en 1 à 2 ans, souvent en apprentissage. L'accès se fait sur tests de sélection : il faut avoir 18 ans, être titulaire du PSC1 (secourisme) et justifier d'un bon niveau équestre (galop 7 FFE ou équivalent). Aucun diplôme scolaire n'est exigé, mais le niveau CAP est généralement demandé. Le CQP EAE (Enseignant animateur d'équitation, RNCP37148), délivré par la branche professionnelle, est une alternative plus courte permettant d'enseigner sous certaines conditions. Beaucoup de jeunes passent d'abord par le bac pro CGEH (Conduite et gestion de l'entreprise hippique) ou par une maison familiale rurale spécialisée, ce qui permet d'entrer en BPJEPS avec un solide bagage technique. Pour la suite : DEJEPS perfectionnement sportif mention sports équestres (niveau bac+2, RNCP39573), puis DESJEPS. Des licences pro « management des structures équestres » complètent le parcours pour ceux qui visent la direction d'un club. Les principales structures de formation : CREPS, UCPA, écoles de la filière (Institut de Genech, Rollancourt, CFA du CEZ - Bergerie nationale), lycées agricoles et centres agréés par la FFE.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Un enseignant d'équitation passe l'essentiel de ses journées au bord de la carrière ou du manège, micro ou chambrière à la main. Il prépare et anime des séances adaptées à chaque groupe : baby-poney pour les 3-6 ans, cours de galop pour les ados, perfectionnement sur l'obstacle ou le dressage pour les cavaliers confirmés. Il fixe des objectifs, corrige les positions, rassure ceux qui ont peur, prépare les élèves aux examens fédéraux (les galops) et parfois aux concours du week-end.
Mais le métier ne s'arrête pas à l'enseignement. L'enseignant gère aussi la cavalerie du club : il choisit quel cheval convient à quel cavalier, travaille les chevaux d'école pour les maintenir en forme, débourre parfois les jeunes équidés, surveille leur santé et leur alimentation. S'y ajoutent les tâches de la vie d'un centre équestre : accueil des familles, inscriptions, entretien du matériel et des installations, organisation de stages pendant les vacances. Dans les petites structures, il participe au curage des boxes et au nourrissage.
On exerce dans un centre équestre, un poney-club, une écurie de propriétaires, une ferme équestre ou un centre de tourisme équestre — le plus souvent en zone rurale ou périurbaine. Le travail se fait dehors, par tous les temps, et le rythme suit celui des cavaliers : les cours ont lieu le mercredi, le samedi, le dimanche et en fin de journée après l'école ou le bureau. Les vacances scolaires sont les périodes les plus chargées (stages), et les week-ends de concours prolongent régulièrement les semaines. C'est un métier physique : on est debout, on manipule des chevaux de 500 kg, on porte du matériel, on monte plusieurs heures par jour.
Le métier est réglementé : enseigner l'équitation contre rémunération exige un diplôme d'État ou un certificat de qualification professionnelle inscrit au RNCP, et une carte professionnelle d'éducateur sportif. La sécurité des cavaliers est une responsabilité permanente.
Après quelques années, on peut se spécialiser dans une discipline (saut d'obstacles, dressage, complet, western, équitation éthologique) en préparant le DEJEPS perfectionnement sportif mention sports équestres, puis le DESJEPS pour former les futurs enseignants ou entraîner en compétition. D'autres deviennent enseignant responsable pédagogique (instructeur), coordonnent l'équipe pédagogique d'un grand club, ou se tournent vers l'équitation adaptée et le handicap, la médiation équine ou le tourisme équestre. Beaucoup finissent par s'installer à leur compte : reprise ou création d'un centre équestre, écurie de propriétaires, activité indépendante de coaching. Les passerelles existent aussi vers l'élevage, le commerce de chevaux ou les métiers du soin équin.
La filière équestre recrute : avec plus de 2 millions de pratiquants et près de 9 000 structures équestres en France, la FFE reste l'une des premières fédérations sportives du pays. Équi-ressources, le service emploi de l'IFCE, diffuse plus de 3 700 offres par an et l'enseignant d'équitation figure parmi les postes les plus recherchés — au point que la filière a lancé la campagne #lechevalrecrute face à la pénurie de candidats. Le revers de la médaille : une part importante de contrats courts et saisonniers (les CDD de moins d'un mois représentent une majorité des offres, les CDI moins de 20 %), des amplitudes horaires larges et des salaires modérés qui expliquent un turn-over élevé. Les profils polyvalents (enseignement + soins + tourisme équestre + gestion, avec permis B) trouvent un emploi rapidement, souvent près de chez eux ou en mobilité géographique.