En début de carrière hospitalière (assistant spécialiste, praticien contractuel), le revenu tourne autour de 4 000 à 5 000 € bruts par mois, primes et gardes comprises. En libéral, mode d'exercice de l'immense majorité des angiologues, les revenus sont bien plus élevés mais très variables : les estimations 2025 situent la moyenne autour de 13 000 € bruts mensuels, avec une fourchette allant d'environ 5 000 € à plus de 20 000 € selon le lieu d'installation, le secteur de conventionnement (secteur 1 ou 2), le volume d'actes techniques et l'ancienneté. Attention : en libéral, il s'agit d'honoraires bruts — charges sociales, frais de cabinet, matériel d'échographie et impôts absorbent couramment 50 à 60 % de la somme. Le revenu net réel est donc nettement inférieur à ces montants.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter environ 10 ans d'études après le bac. Le parcours démarre par une première année d'accès aux études de santé — PASS ou L.AS à l'université — puis le 2ᵉ cycle (DFGSM puis DFASM) jusqu'aux Épreuves dématérialisées nationales (EDN, ex-ECN) en fin de 6ᵉ année. Le classement obtenu détermine l'accès à la spécialité.
Vient ensuite l'internat : le DES de médecine vasculaire, créé par la réforme du 3ᵉ cycle et organisé en co-DES avec la médecine cardiovasculaire. Il dure 4 ans : une phase socle (1 semestre de médecine vasculaire + 1 semestre à orientation cardiovasculaire), une phase d'approfondissement de 2 ans (stages de médecine vasculaire complétés par des stages libres en chirurgie vasculaire, hématologie, néphrologie…) et une phase de consolidation d'un an en médecine vasculaire, en tant que docteur junior. La soutenance d'une thèse donne le Diplôme d'État de docteur en médecine, avec mention de la spécialité.
La formation théorique passe par la plateforme SIDES NG, des séminaires interrégionaux et les enseignements validés par le Collège des enseignants de médecine vasculaire (CEMV) et la SFMV. Il est possible d'ajouter une FST (formation spécialisée transversale, par exemple en pharmacologie médicale ou nutrition) et des DU/DIU : échographie vasculaire, phlébologie interventionnelle, plaies et cicatrisation.
À noter : avant la réforme, on devenait angiologue via la capacité d'angiologie ou un DESC, après un DES de médecine générale ou d'une autre spécialité. Ces voies ne sont plus ouvertes aujourd'hui. L'inscription au Tableau de l'Ordre des médecins est obligatoire pour exercer.
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La journée type se déroule surtout en consultation. L'angiologue interroge le patient, examine ses jambes, prend les pouls, mesure la pression aux chevilles — puis passe presque systématiquement à l'écho-Doppler, un appareil d'échographie qui montre en direct le sang circuler et fait entendre son bruit. C'est l'outil emblématique du métier : il permet de repérer un caillot, une veine qui fuit ou une artère rétrécie en quelques minutes, sans piquer ni irradier.
À partir de là, il pose le diagnostic et décide : prescrire des anticoagulants et surveiller le traitement, poser une compression médicale, orienter vers un chirurgien vasculaire ou un radiologue interventionnel. Beaucoup d'angiologues pratiquent aussi des gestes eux-mêmes — sclérothérapie des varices, traitement des varicosités au laser, parfois procédures endoveineuses. Le reste du temps : rédaction de comptes rendus, échanges avec les médecins traitants, cardiologues, diabétologues, néphrologues, et suivi au long cours des malades chroniques.
La très grande majorité des médecins vasculaires exercent en libéral, dans un cabinet de ville ou une clinique : environ 1 800 sur les quelque 2 000 praticiens que compte la France. Les autres travaillent à l'hôpital, dans des services de médecine vasculaire et thérapeutique, avec des gardes et une part d'enseignement ou de recherche.
Les horaires sont plutôt réguliers (consultations sur rendez-vous), ce qui rend cette spécialité réputée plus « vivable » que la chirurgie ou l'urgence — mais les journées sont denses et l'agenda souvent saturé. Le travail est majoritairement assis ou debout devant l'échographe ; la répétition des mouvements du bras et de l'épaule expose aux troubles musculo-squelettiques, un point dont parlent volontiers les praticiens. Le télétravail est très marginal : l'écho-Doppler impose la présence du patient, seul un suivi ponctuel peut se faire en téléconsultation.
On peut se sur-spécialiser : phlébologie interventionnelle, pathologie lymphatique et lymphœdème, maladie thromboembolique, plaies et cicatrisation, microcirculation, médecine vasculaire du sport ou de la femme enceinte. Un DIU d'échographie vasculaire ou de techniques endoveineuses ouvre l'accès à des gestes plus techniques.
À l'hôpital, la carrière passe par le statut de praticien hospitalier, puis éventuellement chef de service, professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) avec recherche et enseignement. En libéral, beaucoup s'associent, montent leur propre structure ou un centre vasculaire pluriprofessionnel. D'autres voies existent : expertise médicale, industrie pharmaceutique ou dispositifs médicaux (recherche clinique, affaires médicales), enseignement au sein du Collège des enseignants de médecine vasculaire.
La médecine vasculaire est une spécialité en tension forte, du côté de l'offre : la France ne compte qu'environ 2 000 médecins vasculaires, dont plus d'un tiers ont dépassé 60 ans. Les départs à la retraite ne sont pas compensés, le nombre de postes ouverts à l'internat restant limité (une cinquantaine par an), ce qui crée de véritables déserts vasculaires dans plusieurs régions et des délais de rendez-vous longs. Dans le même temps, la demande explose : vieillissement de la population, diabète, tabagisme, obésité et maladie thromboembolique font des pathologies vasculaires un enjeu de santé publique croissant. Conséquence pour un jeune qui s'y engage : l'emploi est quasi garanti, les offres de remplacement et d'association abondent partout en France, et l'installation en libéral se fait sans difficulté. La contrainte principale n'est pas de trouver un poste, mais de décrocher la spécialité au classement des EDN.