En début de carrière, un vitrailliste salarié démarre souvent autour du SMIC, soit environ 1 800 € brut par mois, parfois un peu plus dans les ateliers spécialisés en Monuments historiques. Avec plusieurs années d'expérience, la rémunération se situe généralement entre 2 000 et 3 000 € brut mensuels. Les vitraillistes installés à leur compte peuvent gagner davantage, mais leurs revenus dépendent fortement de la commande publique (restauration du patrimoine), de leur réputation et de leur clientèle privée — avec des périodes creuses possibles. La convention collective nationale de l'industrie du vitrail encadre les grilles de salaires du secteur.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est le CAP arts et techniques du verre, option vitrailliste, accessible dès la 3ᵉ en 2 ans, très souvent en apprentissage (alternance atelier / CFA). Peu d'établissements le préparent en France : le Cerfav à Vannes-le-Châtel (54), l'École du Verre de Paris – Lycée Lucas de Nehou, quelques CFA de chambres de métiers.
On peut ensuite poursuivre vers un BMA verrier décorateur (niveau bac, 2 ans) ou une FCIL peinture sur verre pour se spécialiser dans le décor peint. Pour aller plus loin, le DN MADE mention matériaux (parcours verre/vitrail) ou mention ornement (spécialité vitrail, Ensaama) mène à un bac+3 orienté conception et création. Un master en conservation-restauration des biens culturels (Paris 1, Université d'Avignon…) ouvre vers la restauration de vitraux classés Monuments historiques.
Autre entrée possible : le bac techno STD2A (design et métiers d'art) puis un DN MADE. Et pour les personnes en reconversion, le Cerfav propose un titre professionnel « Vitrailliste » de niveau 4 accessible en formation continue.
Dans tous les cas, l'apprentissage sur le terrain est déterminant : les employeurs regardent d'abord le book, la qualité du geste et l'expérience en atelier.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par le dessin : le vitrailliste réalise une maquette à petite échelle, puis l'agrandit en « carton » grandeur nature qui servira de patron. Vient ensuite le choix des verres — teintés dans la masse, soufflés, imprimés — et leur découpe pièce par pièce au coupe-verre, en suivant le tracé au millimètre. Certaines pièces sont peintes à la grisaille ou à l'émail, puis cuites au four pour fixer le décor. Enfin, le sertissage : chaque morceau est enchâssé dans des baguettes de plomb (ou du ruban de cuivre pour les petites pièces), les jonctions sont soudées à l'étain et le panneau est masticé pour devenir étanche et rigide.
En restauration — qui représente aujourd'hui l'essentiel de l'activité — le travail est différent : il faut déposer le vitrail existant, l'analyser, relever son état, nettoyer les verres encrassés, coller ou remplacer les pièces brisées, refaire le réseau de plomb fatigué, puis reposer l'ensemble. Le vitrailliste travaille alors comme un enquêteur du patrimoine : il doit comprendre les gestes d'un artisan du XIIIᵉ siècle pour les reproduire fidèlement.
Le métier se partage entre deux mondes. L'atelier d'abord : un espace lumineux, équipé de tables lumineuses, de fours, de postes de soudure, où l'on travaille debout, souvent seul ou à deux ou trois, dans une ambiance calme et concentrée. Le chantier ensuite : églises, cathédrales, chapelles, mais aussi bâtiments civils, hôtels particuliers ou maisons privées. Là, il faut monter sur des échafaudages, travailler en hauteur, dans des positions inconfortables, parfois par temps froid.
Le rythme est plutôt régulier (horaires d'atelier classiques), mais les phases de dépose et de pose sur chantier imposent des déplacements et des journées plus longues. Le métier demande de la minutie et une bonne condition physique : les panneaux de verre sont lourds, les gestes répétitifs, et l'on manipule des matériaux sensibles — le plomb notamment, qui impose des règles d'hygiène strictes (gants, ventilation, pas de nourriture à l'atelier). Le secteur est petit : on compte environ 500 ateliers de vitrail en France, souvent des structures de quelques personnes.
Après le CAP, on entre généralement comme ouvrier ou compagnon dans un atelier de restauration ou de création. Avec l'expérience, on peut se spécialiser : peinture sur verre et grisaille, restauration de vitraux anciens classés Monuments historiques, création contemporaine, dalle de verre, ou techniques architecturales modernes. Les postes de chef d'atelier ou de responsable de chantier s'ouvrent après plusieurs années.
Beaucoup de vitraillistes finissent par s'installer à leur compte et créer leur propre atelier — c'est la trajectoire la plus fréquente dans les métiers d'art. D'autres passent par le Tour de France des Compagnons, visent le titre de Meilleur Ouvrier de France, obtiennent le label « Entreprise du Patrimoine Vivant », ou se tournent vers l'enseignement en CFA et lycée des métiers d'art. Une poursuite d'études (DN MADE, master conservation-restauration du patrimoine) ouvre aussi vers les métiers de la conservation et de l'expertise.
C'est un métier rare : environ 500 ateliers de vitrail en France, souvent de très petites structures de 1 à 5 personnes. Le nombre de postes ouverts chaque année est donc limité, et l'entrée dans le métier passe presque toujours par l'apprentissage, qui permet de se faire repérer par un employeur. La bonne nouvelle : la demande de savoir-faire existe. La France conserve près de 90 000 m² de vitraux dans ses édifices religieux, dont une grande partie nécessite une restauration régulière — l'État et les collectivités restent les principaux donneurs d'ordre, et des chantiers emblématiques comme Notre-Dame de Paris ont remis le métier en lumière. La restauration représente aujourd'hui environ 80 % de l'activité. À côté, un marché privé se développe (vitraux contemporains, décoration, verrières d'intérieur, restauration de maisons anciennes). Les ateliers peinent parfois à recruter des jeunes correctement formés : la difficulté n'est pas tant le manque de débouchés que la rareté des places en formation et la nécessité d'être vraiment bon techniquement.