En début de carrière, la convention collective de la bijouterie-joaillerie garantit environ 2 000 à 2 100 € brut par mois (soit ~1 600 € net). Après quelques années, un sertisseur confirmé se situe autour de 2 400 à 2 900 € brut. Les spécialistes du pavage et de la haute joaillerie, notamment en Île-de-France, peuvent dépasser 3 500 à 4 500 € brut mensuels (38 000 à 55 000 € brut annuels). Les primes d'ancienneté (après 3 ans) et les primes liées à la valeur des pièces travaillées complètent souvent la rémunération. À son compte, la rémunération dépend du carnet de commandes et de la clientèle (maisons de luxe, bijoutiers de détail, particuliers).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie principale est le CAP Art et techniques de la bijouterie-joaillerie option bijouterie sertissage (1 an après un autre CAP ou en reconversion, 2 ans en apprentissage après la 3e). On peut ensuite se perfectionner avec le BMA Bijou option bijouterie sertissage (2 ans après le CAP, niveau bac), qui forme des techniciens d'art capables de maîtriser tous les types de sertis. Pour les salariés déjà en poste, la branche propose des CQP (Certificat de Qualification Professionnelle) « Opérateur en sertissage » puis « Expert en sertissage ».
Les écoles de référence sont la Haute École de Joaillerie (Paris et Aix-en-Provence), la SEPR à Lyon, le lycée Nicolas Flamel à Paris, l'École Boulle, et plusieurs CFA en région. L'apprentissage est la voie royale : les maisons recrutent massivement leurs futurs sertisseurs parmi leurs apprentis. Face à la pénurie, certaines maisons de luxe forment aussi en interne des profils en reconversion sans bagage artisanal initial. Pour aller plus loin en création, un DN MADE mention objet/matériaux (bac+3) est envisageable, même s'il oriente davantage vers la conception que vers le geste de sertissage.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Assis à son établi, le sertisseur ou la sertisseuse commence par étudier le bijou et le dossier de fabrication : quelle pierre, à quel endroit, avec quelle technique ? Il ou elle trace les emplacements, perce et fraise le métal pour créer le « lit » de la pierre, puis fixe chaque gemme avec des outils spécialisés (échoppes, burins, perloirs, marteau à sertir) sous une loupe binoculaire ou un microscope.
Selon le bijou, plusieurs techniques sont mobilisées : le serti clos (le métal entoure la pierre comme une bordure), le serti à griffes (des petites pattes de métal retiennent la gemme), le serti à grains (de minuscules billes de métal soulevées à l'échoppe), le serti rail, le serti descendu, ou encore les pavages (creux, clous, feston, calibré) qui recouvrent une surface entière de pierres. Le travail se termine toujours par un contrôle qualité minutieux : la pierre ne doit ni bouger, ni être rayée, ni présenter le moindre défaut d'alignement.
Le métier s'exerce en atelier, souvent en équipe réduite, aux côtés des joailliers et des polisseurs. Les horaires sont généralement classiques (journée de bureau), sans télétravail possible : le matériel, les gemmes de grande valeur et les conditions de sécurité imposent la présence à l'atelier. C'est un travail sédentaire mais exigeant physiquement d'une autre manière : postures statiques prolongées, gestes ultra-répétitifs, fatigue oculaire. La responsabilité est forte, car on manipule des pierres qui peuvent valoir plusieurs dizaines de milliers d'euros — un geste trop appuyé et un diamant peut s'ébrécher.
Une grande partie de l'activité est concentrée en Île-de-France (place Vendôme et ses sous-traitants), avec d'autres bassins actifs à Besançon, Lyon, Aix-en-Provence ou dans le Jura. On travaille soit en haute joaillerie sur des pièces uniques, soit en bijouterie de série, soit en atelier artisanal polyvalent (réparation, transformation de bijoux de famille).
Après quelques années, un sertisseur peut se spécialiser dans les techniques les plus pointues (pavage haute joaillerie, serti mystérieux, sertissage sur montres) — ce sont les profils les mieux payés. D'autres évoluent vers l'encadrement : chef d'équipe, responsable d'atelier, contrôleur qualité, ou formateur en école de joaillerie. Beaucoup finissent par s'installer à leur compte comme artisan sertisseur indépendant, en travaillant en sous-traitance pour plusieurs maisons. Les passerelles vers les métiers voisins (joaillier, bijoutier, lapidaire) sont fréquentes, et le titre de Meilleur Ouvrier de France reste la consécration du métier.
Le sertissage est l'un des métiers d'art les plus en tension en France. Le dynamisme du luxe (Cartier, Van Cleef & Arpels, Chaumet, Boucheron et leurs sous-traitants) crée un besoin continu d'artisans d'atelier, alors que les départs à la retraite ne sont pas compensés par les sorties de formation — les promotions de CAP sertissage comptent seulement quelques dizaines d'élèves par an au niveau national. Résultat : les apprentis sont très souvent embauchés à la fin de leur contrat, et les maisons vont jusqu'à former en interne des profils en reconversion. L'emploi est fortement concentré en Île-de-France, avec des pôles secondaires à Besançon, Lyon, Aix-en-Provence et dans le Jura. La mobilité géographique est donc un vrai atout.