La rémunération suit la logique de la vente automobile : un fixe modeste complété par des commissions. En début de carrière, compter environ 1 900 à 2 100 € brut par mois (fixe + primes), soit un peu au-dessus du SMIC. Le fixe représente en général 50 à 75 % du package total. Sur le segment de la collection et du haut de gamme, les commissions sont plus élevées en valeur absolue — un véhicule vendu 80 000 € rapporte bien plus qu'une citadine — mais le volume de ventes est beaucoup plus faible : quelques voitures par mois, parfois moins. Un vendeur confirmé (3 à 5 ans) se situe autour de 2 500 à 3 500 € brut, et les meilleurs profils spécialisés dépassent 4 500 € voire nettement plus sur les segments premium. Les indépendants qui achètent-revendent pour leur compte vivent de leur marge : revenus très variables, dépendants de la trésorerie immobilisée dans le stock.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est spécifiquement dédié à la vente de véhicules de collection : le parcours se construit en deux temps, une formation commerciale automobile puis une spécialisation par l'expérience et la passion.
Voie commerciale (la plus courante) : Bac pro Métiers du commerce et de la vente, puis titre professionnel « Vendeur automobile » de l'ANFA (12 à 14 mois, souvent en alternance, dispensé par le GNFA ou des CFA comme le GARAC et l'ESCRA), ou un BTS NDRC / MCO. Le niveau bac+2 tend à devenir la norme dans la vente automobile, et l'alternance en concession est la meilleure porte d'entrée.
Voie technique : Bac pro Maintenance des véhicules puis CQP Mécanicien réparateur de véhicules anciens et historiques (créé par l'ANFA et Mobilians avec le soutien de la FFVE) ou une FCIL « véhicules anciens ». Cette voie donne une crédibilité technique très recherchée pour expertiser un véhicule avant achat.
Dans tous les cas, la culture automobile s'acquiert en dehors des cours : clubs, forums, salons, lecture des revues spécialisées, bénévolat sur des rassemblements, stages en garage de restauration. C'est souvent ce qui fait la différence à l'embauche, davantage que le diplôme lui-même.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le vendeur en véhicules de collection est à la fois commercial, expert et passionné. Sa première mission, c'est de trouver les bonnes voitures : il écume les petites annonces, les ventes aux enchères, les successions, les clubs et son propre carnet d'adresses pour repérer des modèles anciens ou rares. Devant chaque véhicule, il joue au détective : numéro de châssis, correspondance des pièces d'origine, carnet d'entretien, historique des propriétaires, traces de restauration ou de corrosion. C'est cette expertise qui lui permet d'estimer une valeur juste, à partir des cotes spécialisées et des résultats de ventes récentes.
Côté vente, il accueille des clients qui achètent avec le cœur autant qu'avec la tête : il raconte l'histoire du modèle, organise les essais, explique les points forts et les défauts, négocie le prix, puis gère toute la paperasse — carte grise de collection (attestation FFVE), certificat de cession, TVA sur la marge, formalités d'importation ou d'export. Entre deux ventes, il soigne son stock (nettoyage, mise en route régulière des moteurs, petites remises en état confiées à des ateliers spécialisés), photographie les voitures, rédige les annonces et anime les réseaux sociaux du garage. Enfin, il passe beaucoup de temps sur le terrain : Rétromobile, Epoqu'Auto, Le Mans Classic, ventes Artcurial ou Interencheres, rassemblements de clubs… c'est là que se construit le réseau qui fait vivre le métier.
On exerce ce métier dans de petites structures : garages spécialisés, négociants indépendants, showrooms « classic cars », maisons de ventes aux enchères, parfois le département « Heritage » d'un constructeur. L'ambiance n'a rien à voir avec une concession classique : peu de collègues, un stock de quelques dizaines de voitures maximum, une clientèle de collectionneurs souvent exigeante et internationale — l'anglais est un vrai plus.
Les horaires sont variables et le samedi est un jour de travail, comme les week-ends de salon ou de rassemblement. Les déplacements sont fréquents : aller voir un véhicule à l'autre bout de la France, accompagner un transport, tenir un stand pendant quatre jours. L'effort physique reste modéré (on est beaucoup debout, on manœuvre des voitures, on ouvre des capots), mais le rythme peut être intense pendant les périodes de salon. Le télétravail est marginal : le métier se joue devant les voitures et face aux clients.
On entre rarement dans ce métier directement après le bac : la plupart des professionnels ont d'abord vendu des véhicules neufs ou d'occasion, ou viennent de la mécanique et de la restauration. Avec l'expérience, on peut se spécialiser sur une marque ou une période (Porsche, Alpine, préguerre, youngtimers des années 80-90), devenir responsable de showroom, expert automobile en véhicules de collection, spécialiste chez une maison de ventes aux enchères, ou consultant pour des collectionneurs et des fonds d'investissement. Beaucoup finissent par s'installer à leur compte et ouvrir leur propre négoce. Les passerelles existent aussi vers l'assurance spécialisée, la location de voitures anciennes pour le cinéma et les mariages, ou l'organisation d'événements automobiles.
Le marché de la voiture ancienne est dynamique en France : la FFVE recense plus de 800 000 véhicules de collection, 230 000 collectionneurs et une filière qui pèse environ 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour près de 20 000 emplois. En 2025, les ventes aux enchères ont progressé fortement (4 385 véhicules vendus sur Interencheres contre 3 349 en 2024, soit +31 %), portées par la montée en puissance des enchères en ligne et par les youngtimers des années 1980-1990, très recherchés par les acheteurs plus jeunes. Les prix moyens ont en revanche reculé d'environ 10 %, signe d'un marché qui se normalise après l'euphorie. Attention toutefois : c'est un métier de niche. Les structures sont petites, les recrutements peu nombreux et rarement affichés — on y entre souvent par le réseau, après une première expérience en vente automobile classique (où le recrutement, lui, est nettement plus facile) ou en mécanique. La bonne stratégie pour un jeune : se former à la vente auto, faire ses armes en concession ou en VO, se construire une réputation dans les clubs et les salons, puis basculer vers la collection.