Pendant l'internat, un interne perçoit environ 1 800 à 2 800 € bruts par mois selon l'année et les gardes. À l'hôpital public, un praticien hospitalier débutant démarre autour de 4 200 € bruts mensuels selon la grille indiciaire, atteint 7 800 à 9 300 € en milieu de carrière et environ 11 500 € en fin de grille ou comme chef de service, hors gardes et activité d'intérêt général. En libéral, les revenus sont nettement plus élevés et très variables selon le secteur de conventionnement (secteur 1 ou 2), le volume opératoire et la sur-spécialisation : les moyennes publiées tournent autour de 15 000 à 20 000 € bruts mensuels avant charges, avec des écarts importants (les charges professionnelles absorbent une grande part du chiffre d'affaires). Le statut mixte hôpital + activité libérale apporte un complément fréquemment estimé entre 2 000 et 4 000 € nets. Attention : ces chiffres sont des revenus d'activité, pas des salaires nets en poche.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter environ 12 années d'études après le bac, sans compter le post-internat. Le parcours : bac général avec spécialités scientifiques (physique-chimie, SVT ou maths), puis PASS ou L.AS à l'université. Ensuite viennent le DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales, 3 ans) puis le DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales, 3 ans) avec l'externat et les stages hospitaliers. À l'issue des EDN (épreuves dématérialisées nationales, ex-ECN), le classement et les épreuves de sélection donnent accès à l'internat : le DES d'urologie dure 6 ans (phase socle, phase d'approfondissement, phase de consolidation, dont un docteur junior). L'obtention du diplôme d'État de docteur en médecine, avec soutenance de thèse, et l'inscription à l'Ordre des médecins sont indispensables pour exercer. Beaucoup poursuivent par un post-internat (assistanat, clinicat) et complètent avec un master 2 / doctorat de sciences pour une carrière universitaire, ou des DIU (chirurgie robotique, andrologie, onco-urologie, urodynamique). L'urologie est une spécialité très demandée aux EDN : elle demande un bon classement.
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L'urologue partage sa semaine entre le cabinet ou la consultation hospitalière et le bloc opératoire. En consultation, il reçoit des patients pour des calculs rénaux, des infections urinaires à répétition, des troubles de la prostate, une incontinence, une infertilité masculine ou un dépistage de cancer (prostate, rein, vessie, testicule). Il interroge, examine, puis prescrit et interprète des examens : analyses biologiques, échographie, scanner, IRM, bilan urodynamique, fibroscopie de la vessie.
Au bloc, il opère : ablation de calculs au laser, résection de prostate, chirurgie du cancer du rein ou de la vessie, pose de prothèses, transplantation rénale dans certains centres. Une grande partie des interventions se fait aujourd'hui en endoscopie (par les voies naturelles), en cœlioscopie ou avec un robot chirurgical piloté depuis une console. L'urologie est d'ailleurs l'une des spécialités les plus en pointe sur la chirurgie robotique. Le reste du temps se répartit entre le suivi post-opératoire, les réunions de concertation pluridisciplinaire en cancérologie, les gardes et astreintes (coliques néphrétiques, rétentions d'urine, traumatismes), et parfois l'enseignement ou la recherche clinique en CHU.
On exerce à l'hôpital public, en clinique privée, en cabinet de groupe ou en statut mixte. Le rythme est soutenu : journées longues, horaires variables selon le programme opératoire, gardes et astreintes en urgence. Le travail au bloc demande de la résistance physique — plusieurs heures debout, concentré, en position parfois contraignante — même si la chirurgie robotique a nettement amélioré le confort de posture. C'est un métier d'équipe : anesthésistes, infirmiers de bloc, radiologues, oncologues, néphrologues.
La spécialité impose aussi beaucoup de tact. On aborde des sujets intimes (sexualité, continence, fertilité) avec des adolescents comme avec des personnes âgées, et on annonce parfois des diagnostics de cancer. Le télétravail est très limité : hors quelques téléconsultations de suivi ou de résultats, tout se fait en présentiel.
Après l'internat, on se sur-spécialise : onco-urologie, chirurgie robotique, endo-urologie et lithiase, andrologie et infertilité, urologie pédiatrique, urologie fonctionnelle et pelvi-périnéologie chez la femme, transplantation rénale. À l'hôpital, la carrière passe par le clinicat puis le poste de praticien hospitalier, avec la possibilité de devenir chef de service, professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) ou responsable de pôle. En libéral, on s'associe dans une clinique ou on crée sa structure. D'autres bifurquent vers la recherche clinique, l'expertise médicale, l'innovation en dispositifs médicaux (industrie de la santé, MedTech) ou la santé publique.
L'emploi est assuré : la France compte environ 1 500 urologues pour une population vieillissante, alors que les besoins explosent (cancer de la prostate, troubles urinaires liés à l'âge, calculs rénaux). Les effectifs ont fortement progressé depuis 2007 mais restent insuffisants et très mal répartis sur le territoire : les zones rurales et certaines villes moyennes peinent à recruter, quand les grandes métropoles et les CHU sont plus disputés. La spécialité vieillit (âge moyen proche de 50 ans) et se féminise lentement, ce qui laisse de la place aux nouvelles générations. Le point de tension n'est pas l'emploi mais l'accès à la formation : l'urologie est une spécialité très prisée aux EDN, avec peu de postes d'internes ouverts chaque année, et le post-internat (clinicat, assistanat) peut être concurrentiel dans les régions attractives.