Taxidermiste

À partir du CAP / BEP Emploi : Stable
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Taxidermiste
Jon Tyson / Unsplash
Salaire net ~1 170 – 2 340 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le taxidermiste redonne l'apparence du vivant à un animal mort : il prépare la peau, sculpte un mannequin sur mesure et reconstitue la posture exacte de l'espèce. C'est un métier d'artisanat d'art ultra-rare — quelques centaines de professionnels en France — qui mélange anatomie, sculpture et connaissance de la faune. On y travaille aussi bien pour des muséums d'histoire naturelle que pour des chasseurs, des collectionneurs ou des décors de cinéma.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 170 €
net / mois
< 1 SMIC
1 500 € brut
Expérimenté
2 340 €
net / mois
≈ 1,6 SMIC
3 000 € brut

Un taxidermiste salarié débutant démarre autour du SMIC, soit environ 1 500 € brut par mois. Avec l'expérience, la rémunération se situe le plus souvent entre 2 000 et 3 000 € brut mensuels, les moyennes publiées par les sites d'emploi tournant autour de 2 300-2 400 € brut. Attention : la très grande majorité des professionnels sont indépendants, et leur revenu dépend directement de leur chiffre d'affaires, de leur réputation et de leur spécialité — une naturalisation peut être facturée de quelques dizaines d'euros pour un petit oiseau à plusieurs milliers pour un grand mammifère. Les postes salariés sont rares : seuls quelques ateliers en France emploient du personnel, auxquels s'ajoutent les postes de préparateur en muséum, rémunérés selon les grilles de la fonction publique.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du CAP / BEP
Diplôme de référence : CAP Taxidermiste

La voie principale est le CAP taxidermiste, créé par arrêté du 25 février 2019 et préparé en deux ans, presque exclusivement en apprentissage auprès d'un professionnel agréé. Deux établissements seulement le proposent en France : le CFA de la SEPR à Lyon et le Campus des métiers et de l'artisanat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire). Les places sont donc très peu nombreuses, et trouver un maître d'apprentissage est souvent l'étape la plus sélective : mieux vaut démarcher les ateliers très en amont, dès la classe de 3e ou pendant l'année qui précède.

La formation couvre l'analyse de la demande du client, la conception du projet artistique et technique, le prélèvement de la peau et des os, le traitement et le tannage, la fabrication du mannequin, le montage, la réalisation du décor et la livraison. S'y ajoutent les enseignements généraux du CAP (français, histoire-géo, maths-sciences, EPS, prévention santé-environnement).

D'autres profils arrivent au métier par des chemins détournés : études de biologie animale, tannerie, sellerie ou conservation-restauration, complétées par un apprentissage des techniques de naturalisation sur le terrain ou lors de stages proposés par des professionnels. Pour viser un poste en muséum ou en université, un parcours universitaire en sciences de la vie ou en conservation-restauration des biens culturels est un vrai plus. Il existe aussi des stages courts privés, utiles pour découvrir le métier mais non diplômants.

Diplômes les plus adaptés

CAP
CAP Taxidermiste

Diplômes envisageables

Bac+3
Licence Sciences de la vie (parcours biologie animale)
Bac+5
Master Conservation-restauration des biens culturels

Certifications et permis

Requis
Agrément sanitaire de l'atelier (DDPP) L'atelier qui manipule des sous-produits animaux doit être déclaré et agréé par la Direction départementale de la protection des populations.
Requis
Autorisations espèces protégées et certificats CITES Chaque spécimen d'espèce protégée ou soumise à la CITES doit être accompagné des autorisations légales avant toute naturalisation.
Atout
Permis de chasser Non obligatoire, mais très utile pour comprendre la clientèle des chasseurs et observer les animaux dans leur milieu.
Atout
Formation aux risques biologiques et chimiques Atout fortement recommandé pour manipuler en sécurité les dépouilles et les produits de tannage.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Anatomie et morphologie animale
Indispensable Techniques de dépouillement, tannage et traitement des peaux
Indispensable Modelage et sculpture de mannequins
Important Couture et montage sur mannequin
Important Réglementation des espèces protégées et CITES
Important Retouche colorimétrique et finitions (pinceau, aérographe)
Un plus Gestion d'une entreprise artisanale (devis, clientèle, comptabilité)

Les qualités qui comptent

Indispensable Sens de l'observation
Important Autonomie
Important Sang-froid
Indispensable Minutie et patience
Important Goût artistique

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

Tout commence par l'arrivée d'un spécimen à l'atelier : un oiseau, un renard, un poisson, parfois un grand mammifère pour un muséum. Le taxidermiste vérifie d'abord que l'animal est accompagné des autorisations légales, puis il l'examine, le mesure et le photographie pour garder en mémoire ses proportions et ses attitudes. Vient ensuite le dépouillement : la peau est séparée du corps avec une extrême minutie, nettoyée, dégraissée, puis plongée dans des bains de tannage pendant une à deux semaines pour être définitivement conservée.

Pendant ce temps, le professionnel fabrique ou adapte un mannequin — une forme sculptée en mousse, en résine ou en bois qui reproduit la musculature de l'animal. C'est l'étape la plus artistique : un millimètre d'écart sur la position d'un œil ou l'inclinaison d'un cou et l'animal paraît « faux ». La peau est ensuite montée sur ce mannequin, cousue, épinglée, puis mise à sécher pendant un à trois mois. Restent les finitions : pose des yeux de verre, retouches de couleur au pinceau ou à l'aérographe, socle et décor. Le taxidermiste gère aussi la restauration de pièces anciennes de collections, souvent abîmées par le temps ou les insectes.

Les conditions de travail

Le métier s'exerce presque toujours en atelier, le plus souvent seul et en grande autonomie. L'atelier doit être agréé par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), car on y manipule des dépouilles animales et des produits chimiques : port d'équipements de protection, ventilation, gestion stricte des déchets et prévention des risques biologiques font partie du quotidien. Le travail est minutieux, souvent debout ou penché sur un plan de travail, avec des manipulations physiques quand il s'agit de grands animaux.

La réglementation occupe une vraie place : en France, la grande majorité des espèces sauvages sont protégées par la loi de 1976, et seules les espèces chassables, les animaux d'élevage et les animaux domestiques peuvent être naturalisés librement. Pour le reste, il faut des autorisations, et la convention CITES s'applique aux espèces étrangères menacées. Une naturalisation illégale est un délit. Les rythmes sont variables : périodes très chargées après les saisons de chasse, commandes longues à cause des temps de séchage, et pour les indépendants une part de gestion d'entreprise (devis, clientèle, comptabilité).

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Modéré
Environnement atelier, laboratoire, domicile
Comment ça évolue ?

Après quelques années, beaucoup de taxidermistes s'installent à leur compte et développent une spécialité qui fait leur réputation : oiseaux, poissons, grands mammifères africains, ou reproductions de trophées. D'autres se tournent vers les institutions — muséums d'histoire naturelle, universités, parcs zoologiques — où le métier devient celui de préparateur ou de gestionnaire de collections zoologiques, avec des missions de conservation, de restauration et de montage d'expositions. Les débouchés existent aussi du côté de la scénographie, du cinéma, de la décoration et des galeries d'art, où les pièces naturalisées sont très demandées.

Certains professionnels complètent leur formation par des études en biologie ou en conservation-restauration du patrimoine pour accéder à des postes de responsable de collections. Enfin, comme le métier se transmet beaucoup par le compagnonnage, devenir maître d'apprentissage et former la relève est une évolution naturelle — et un vrai enjeu pour un savoir-faire classé parmi les métiers d'art rares.

Perspectives d'emploi

Stable

C'est un métier de niche : on estime à environ 300 le nombre de taxidermistes professionnels déclarés en France, avec un chiffre d'affaires moyen modeste. Les offres d'emploi salariées sont donc rarissimes — l'installation à son compte ou la reprise d'un atelier existant reste la voie normale. En contrepartie, le savoir-faire est recherché et peu concurrentiel : la demande vient des chasseurs et pêcheurs, des collectionneurs, des muséums d'histoire naturelle qui doivent entretenir des collections anciennes, mais aussi de secteurs plus récents comme la décoration, la scénographie, le cinéma et les galeries d'art. Le nombre de professionnels formés chaque année étant très faible (quelques diplômés par promotion), ceux qui décrochent le CAP et un maître d'apprentissage trouvent généralement leur place. Le principal frein n'est pas le marché mais l'accès à la formation et l'investissement nécessaire pour équiper un atelier aux normes.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Naturaliste-taxidermisteNaturalisteEmpailleur / EmpailleusePoseur décorateur / Poseuse décoratrice en conservation animalePréparateur / Préparatrice gestionnaire de collection en taxidermieRestaurateur / Restauratrice de collections zoologiquesTaxidermiste restaurateur / Taxidermiste restauratriceTechnicien taxidermiste / Technicienne taxidermistePréparateur / Préparatrice en taxidermie

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéContractuel de la fonction publiqueIndépendant / Auto-entrepreneurArtisanApprenti / Alternant