Un soudeur TIG débutant démarre autour du SMIC conventionnel, soit environ 1 800 à 1 950 € brut par mois (21 700 à 23 500 € brut/an). Après 3 à 7 ans et avec plusieurs qualifications, la fourchette monte à 2 500 – 3 500 € brut mensuel (30 000 à 42 000 € brut/an, médiane autour de 36 000 €). Les spécialités rares — soudage orbital, titane, tuyauterie nucléaire, offshore — dépassent 45 000 à 60 000 € brut annuels. À cela s'ajoutent souvent les primes de poste, d'insalubrité, les heures supplémentaires et les indemnités de grand déplacement, qui peuvent représenter plusieurs centaines d'euros par mois.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est le CAP réalisations industrielles en chaudronnerie ou soudage (RICS) option B soudage, en 2 ans après la 3e, en lycée pro ou en apprentissage. Le titre professionnel Soudeur assembleur industriel et le titre professionnel Soudeur en tuyauterie industrielle (qui remplace l'ancien TP Soudeur TIG électrode enrobée) se préparent en 6 à 9 mois à l'AFPA, dans les Pôles formation UIMM ou l'Institut de Soudure — c'est la voie reine pour les reconversions et les jeunes déjà titulaires d'un bac.
Pour aller plus loin : le CS (ex-MC) Technicien en soudage se fait en 1 an après un CAP ou un bac pro et professionnalise vraiment sur les procédés TIG. Le bac pro TCI (technicien en chaudronnerie industrielle) et le BTS CRCI ouvrent ensuite vers l'encadrement, le bureau des méthodes ou la qualité.
À savoir : le diplôme ne suffit pas. C'est la qualification de soudeur (QS) selon la norme NF EN ISO 9606, passée sur éprouvette et renouvelée régulièrement, qui autorise réellement à souder sur un chantier ou un équipement sous pression. Les Compagnons du Devoir et les Écoles de production proposent aussi des parcours reconnus.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le soudeur ou la soudeuse TIG commence par lire les plans et les spécifications de l'assemblage à réaliser : type de métal, épaisseur, position de soudage, gaz à utiliser. Il prépare ensuite son poste — nettoyage et dégraissage des pièces, chanfreinage, accostage, pointage — car en TIG le moindre défaut de propreté se voit dans le cordon final.
Vient l'opération elle-même : d'une main il tient la torche qui crée l'arc électrique entre l'électrode de tungstène et la pièce, de l'autre il apporte le métal d'apport, pendant qu'un gaz inerte (argon, hélium) protège le bain de fusion de l'oxydation. C'est un geste lent, régulier, où chaque millimètre compte. Il termine par le contrôle visuel de ses soudures, les finitions (meulage, brossage, décapage), et reprend les défauts éventuels. Le respect des consignes de sécurité et le port des EPI (cagoule, gants, veste ignifugée) font partie du quotidien.
Le métier s'exerce en atelier de chaudronnerie ou de tuyauterie, en usine, et parfois sur chantier ou en grand déplacement (arrêts de tranche nucléaire, chantiers navals, plateformes). On travaille debout ou dans des positions parfois inconfortables, dans un environnement bruyant, chaud et lumineux. L'effort physique reste modéré comparé à d'autres procédés — le TIG est un travail de précision plus que de force — mais il exige une excellente concentration et une bonne vue.
Les horaires varient selon l'employeur : journée classique dans une petite entreprise, équipes alternantes en 2x8 dans l'industrie, voire samedis et nuits lors des pics d'activité. Le télétravail est évidemment impossible. L'intérim et l'alternance sont des portes d'entrée très courantes.
Avec l'expérience et de nouvelles qualifications (NF EN ISO 9606), on élargit son champ : soudage toutes positions, matériaux exotiques (titane, inconel), soudage orbital automatisé — des spécialités très bien payées. On peut ensuite devenir chef d'équipe soudage, contrôleur/inspecteur en soudage (certifications COFREND, IWI), coordonnateur en soudage (IWS/IWT via l'Institut de Soudure), ou technicien qualité.
D'autres évoluent vers la tuyauterie, la chaudronnerie, la robotique de soudage (programmation de cobots), ou la formation. Créer sa propre entreprise de soudure et de métallerie est aussi une voie fréquente après quelques années de métier.
C'est l'un des métiers les plus en tension de l'industrie française : le taux de difficulté de recrutement des soudeurs et chaudronniers approche 80 %, et environ 2 100 postes restent non pourvus chaque année. Deux causes se cumulent : les départs à la retraite massifs des générations formées dans les années 1970-1980, et l'explosion de la demande liée à la relance du nucléaire (EPR2), à la construction navale militaire, à l'aéronautique et à la réindustrialisation. Le nucléaire et le naval représentent à eux seuls environ la moitié des besoins. Résultat : un jeune qualifié en TIG, surtout avec des QS à jour, trouve un emploi très rapidement, souvent d'abord en intérim puis en CDI, et peut négocier sa rémunération.