Un repasseur débutant est embauché au niveau du SMIC (1 867 € brut par mois en 2026 pour 35 h). La convention collective de la blanchisserie, laverie, location de linge, nettoyage à sec, pressing et teinturerie (IDCC 2002) fixe les minima par coefficient — le premier coefficient étant à 1 823 €, c'est le SMIC qui s'applique car plus favorable. Avec de l'expérience et le statut de « première main » (pièces délicates, textiles de luxe), la rémunération monte autour de 1 900 à 2 100 € brut ; un chef d'équipe atteint 2 100 à 2 400 € brut. S'y ajoutent selon les entreprises une prime d'ancienneté, des majorations pour horaires décalés ou travail du samedi, et des heures supplémentaires en période de forte activité. En indépendant (repassage à domicile), le revenu dépend du volume et du tarif horaire pratiqué, souvent avec le crédit d'impôt services à la personne comme argument commercial.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible sans diplôme : de nombreux repasseurs sont recrutés sur leur habileté manuelle puis formés en interne, en quelques semaines, aux techniques et aux machines de l'entreprise. Le diplôme de référence reste toutefois le CAP Métiers de l'entretien des textiles (option A blanchisserie ou option B pressing), en 2 ans après la 3e, en lycée professionnel ou en apprentissage : il couvre le tri, le détachage, le lavage, la finition et le repassage, ainsi que la relation client. Pour aller plus loin, le bac pro Métiers de l'entretien des textiles (mêmes options) prépare aux postes à responsabilité et à la conduite d'atelier. Une reconversion est aussi très fréquente via une formation courte financée par France Travail, un titre de branche ou une période d'immersion en entreprise. La VAE permet de faire reconnaître l'expérience acquise sur le poste.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le repasseur intervient à la toute fin de la chaîne d'entretien du textile : une fois le linge lavé ou nettoyé à sec, c'est lui qui lui redonne forme et allure. Il commence par identifier la matière — coton, lin, laine, soie, synthétique — en lisant les étiquettes d'entretien, puis choisit la température, le degré de vapeur et l'outil adapté : fer traditionnel sur table aspirante, presse à repasser, mannequin de finition (une forme gonflable qui souffle de l'air chaud dans une chemise ou une veste), ou tunnel de finition en blanchisserie industrielle.
Au quotidien, il enchaîne les pièces : chemises, pantalons à pli marqué, vestes, robes, nappes, draps, blouses. Il vérifie chaque article après passage — pas de lustrage, pas de faux pli, pas de tache oubliée — et signale ce qui doit repartir au lavage ou au détachage. Selon les structures, il assure aussi de petites retouches (recoudre un bouton, reprendre un ourlet), le pliage, la mise sur cintre, la housse et le classement des commandes. Il entretient son poste : nettoyage de la semelle du fer, détartrage du générateur de vapeur, rangement de la zone de finition.
On repasse debout, presque toute la journée, dans une ambiance chaude et humide — c'est la principale contrainte du métier. Les gestes sont répétitifs et le rythme soutenu, surtout en blanchisserie industrielle où la cadence est mesurée en pièces à l'heure. Les lieux d'exercice sont variés : pressing de quartier ou de luxe, blanchisserie industrielle, blanchisserie d'hôpital ou d'EHPAD, lingerie d'hôtel, entreprise de services à la personne, ou à son compte en repassage à domicile. Les horaires vont du classique (pressing ouvert en journée, avec le samedi travaillé) au décalé, voire en équipes successives dans l'industrie. Le télétravail est évidemment impossible : le métier est entièrement manuel et sur site.
On peut démarrer sans diplôme et se former sur le poste, puis progresser vite : de « seconde main » (pièces simples : draps, nappes, linge plat) à « première main » (pièces délicates et complexes : vestes structurées, soie, robes de cérémonie, articles de luxe). Ensuite, plusieurs pistes s'ouvrent : élargir ses compétences au détachage, au nettoyage à sec et à l'accueil client pour devenir employé polyvalent de pressing ; passer chef d'équipe puis responsable de production en blanchisserie industrielle ; se spécialiser dans le textile de luxe, le cuir ou la restauration de pièces anciennes. Beaucoup finissent par s'installer à leur compte — micro-entreprise de repassage à domicile, reprise d'un pressing ou d'une conciergerie textile —, souvent après un CAP ou un bac pro du secteur qui facilite l'accès à la gestion d'entreprise.
Le secteur de l'entretien des textiles compte environ 5 900 établissements en France (près de 5 600 pressings et 300 blanchisseries) pour quelque 20 000 salariés. Les offres existent toute l'année et l'embauche est rapide : le métier recrute souvent sans diplôme, avec un turnover important, et les blanchisseries industrielles, hospitalières et hôtelières peinent régulièrement à pourvoir leurs postes. En revanche, deux tendances pèsent sur le volume d'emplois : le nombre de pressings de quartier diminue, et l'industrie automatise de plus en plus la finition (sécheuses-repasseuses, tunnels de finition, plieuses). Les débouchés les plus solides se trouvent donc du côté de la blanchisserie de gros — hôpitaux, EHPAD, hôtellerie, loueurs de linge — et du haut de gamme (pressings de luxe, maisons de couture, conciergeries), où la main de l'humain reste irremplaçable. L'intérim et les contrats saisonniers sont fréquents, notamment dans les zones touristiques.