En début de carrière, un passementier salarié démarre le plus souvent autour du SMIC (environ 1 800 € brut par mois). D'après France Travail, la moitié des personnes exerçant ce métier à temps plein gagnent plus de 1 757 € net par mois, ce qui correspond à environ 2 250 € brut. Avec l'expérience, la maîtrise de plusieurs techniques ou un poste de chef d'atelier, la rémunération peut atteindre 2 500 à 2 800 € brut. Les artisans installés à leur compte ont des revenus très variables : ils dépendent du carnet de commandes, du positionnement (luxe, restauration patrimoniale) et de la clientèle, souvent internationale — certains ateliers haut de gamme facturent leurs pièces à des tarifs très élevés.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe aucun diplôme spécifique au métier de passementier : le savoir-faire s'acquiert essentiellement en atelier, auprès d'un professionnel, par apprentissage ou par contrat de professionnalisation. La voie la plus courante consiste à obtenir d'abord un CAP dans le domaine des matières souples (CAP métiers de la mode - vêtement flou, CAP arts de la broderie, CAP arts du tapis et de la tapisserie de lisse), puis à se former sur le tas dans un atelier de passementerie. Un bac pro (métiers de la couture et de la confection) ou un BTS (innovation textile) sont utiles pour les postes en industrie textile, sur les métiers à tresser et à galonner. Pour les fonctions de création ou de restauration du patrimoine, un DN MADE mention matériaux (parcours créateur textile tissage/broderie, bac+3) est un vrai plus. Quelques lieux permettent de découvrir concrètement le métier avant de se lancer : la Maison des Tresses et Lacets à La Terrasse-sur-Dorlay (Loire), le Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne, ou l'École des Arts textiles du Mobilier national à Paris. La candidature spontanée auprès des rares ateliers français reste la meilleure porte d'entrée.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le passementier travaille le fil pour en faire des ornements. Sa journée s'organise autour de trois grandes étapes. D'abord le retordage : il assemble et tord plusieurs fils entre eux pour créer des cordons, des ganses ou des cordelières, à l'aide d'un rouet ou d'un échignol. Ensuite le tissage : il monte la chaîne et fait tourner des métiers à galons, à tresses ou à lacets — parfois des machines en bois du XIXᵉ siècle, parfois des métiers électroniques modernes — pour produire galons, rubans et tresses. Enfin le travail d'établi (ou « enjolivement ») : à la main, à l'aiguille, il monte, noue, frange, garnit et assemble les éléments pour obtenir la pièce finale, comme une embrasse de rideau ou un gland de passementerie.
À cela s'ajoute tout le travail invisible : lire une mise en carte ou un dessin technique, choisir les matières (soie, lin, coton, laine, fils métalliques dorés ou argentés, matières contemporaines), régler et entretenir les métiers, contrôler la régularité de l'ouvrage, gérer les stocks de bobines. Dans les ateliers d'art, il échange directement avec des décorateurs, des tapissiers, des maisons de couture ou des conservateurs de musée pour recréer une pièce sur mesure — parfois à l'identique d'un modèle du XVIIIᵉ siècle.
On exerce ce métier en atelier ou en petite unité de production, presque toujours en horaires de journée. Le travail est assis ou debout selon les postes, avec beaucoup de gestes fins et répétitifs : la fatigue vient surtout des yeux, du dos et des mains, plus que du port de charges. L'environnement peut être bruyant quand plusieurs métiers tournent en même temps, d'où le port de protections auditives ; gants et chaussures de sécurité sont courants sur les machines industrielles. Le télétravail est impossible : tout se joue devant le métier à tisser.
Deux mondes cohabitent. D'un côté l'industrie textile, avec des postes de conduite de machines à tresser, à galonner ou à lacer, notamment dans la région stéphanoise et en Auvergne-Rhône-Alpes, berceau historique de la passementerie française. De l'autre l'artisanat d'art : moins d'une dizaine d'ateliers haut de gamme subsistent en France (Paris, Versailles, Lyon, Saint-Étienne), qui fournissent le Mobilier national, les monuments historiques, les antiquaires et les grandes maisons de luxe. La majorité de la passementerie courante étant aujourd'hui importée d'Asie ou d'Afrique du Nord, ces ateliers se positionnent sur le très haut de gamme et la restauration du patrimoine.
Avec l'expérience, on se spécialise : tressage, guipage, franges et glands, restauration de passementeries anciennes, ou création contemporaine pour des designers. On peut devenir chef d'atelier, responsable de production ou mécanicien-régleur de métiers, un profil très recherché car peu de personnes savent encore régler ces machines. Beaucoup de passementiers finissent par s'installer à leur compte comme artisan d'art, seuls ou en reprenant un atelier existant — les transmissions d'entreprise sont nombreuses avec les départs à la retraite. La reconnaissance passe aussi par des distinctions comme le titre de Maître artisan d'art ou le concours Un des Meilleurs Ouvriers de France. Enfin, les compétences acquises ouvrent vers les métiers voisins du fil : brodeur, tisserand, tapissier de lisse, créateur textile, ou technicien en industrie textile après une formation complémentaire.
C'est un métier rare, avec très peu de postes ouverts chaque année, mais des difficultés de recrutement fortes : les employeurs peinent à trouver des personnes formées, car le savoir-faire ne s'apprend quasiment qu'en atelier. Côté artisanat d'art, moins d'une dizaine d'ateliers de passementerie haut de gamme subsistent en France, la production courante ayant été largement délocalisée en Asie et en Afrique du Nord. Côté industrie, la filière textile française reste en tension sur les métiers techniques (conduite d'équipements, mécanique-réglage, contrôle qualité) et les nombreux départs à la retraite prévus d'ici 2030 vont libérer des places dans les savoir-faire anciens. Concrètement : peu de portes, mais peu de candidats — un jeune motivé, prêt à se déplacer (Auvergne-Rhône-Alpes et Île-de-France concentrent l'essentiel des ateliers) et à apprendre longuement auprès d'un professionnel, a de réelles chances.