Pendant l'internat (5 ans), l'interne est rémunéré : environ 1 500 € net par mois en début d'internat, davantage avec les gardes. Une fois diplômé, un praticien hospitalier débutant démarre autour de 4 500 € brut par mois, atteint 6 500 à 7 500 € brut en milieu de carrière et dépasse 9 000 € brut en fin de carrière, hors gardes et primes (les gardes et l'activité d'intérêt général peuvent ajouter plusieurs centaines d'euros par mois). En libéral, la rémunération dépend du nombre de patients et du secteur conventionnel : environ 5 500 à 8 000 € brut mensuels en secteur 1, souvent plus de 10 000 € en secteur 2 (honoraires libres), soit un chiffre d'affaires annuel de 120 000 à 180 000 € pour un praticien confirmé — dont il faut déduire charges et cotisations. La consultation psychiatrique conventionnée de base est passée à 57 € au 1er janvier 2026. Beaucoup de psychiatres cumulent un temps partiel hospitalier et une activité de cabinet.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter 11 ans d'études après le bac. Le parcours commence par une première année de sélection à l'université : PASS (parcours accès santé spécifique) ou L.AS (licence avec accès santé). Suivent le premier et le deuxième cycle de médecine (6 ans au total), validés par les EDN (épreuves dématérialisées nationales), les ECOS (examens cliniques objectifs et structurés) et la prise en compte du parcours de l'étudiant : c'est ce classement national qui permet de choisir la spécialité psychiatrie. Vient ensuite l'internat de psychiatrie, passé de 4 à 5 ans avec la maquette entrée en vigueur en 2022, organisé en trois phases (socle, approfondissement, consolidation) avec des stages en secteur adulte, en pédopsychiatrie, aux urgences, en addictologie. À la fin : DES (diplôme d'études spécialisées) de psychiatrie et thèse d'exercice, qui donnent le diplôme d'État de docteur en médecine, spécialité psychiatrie. Une option « psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent » est accessible pendant le DES pour se destiner à la pédopsychiatrie. Des FST (formations spécialisées transversales) permettent de compléter le cursus : addictologie, psychiatrie de la personne âgée, médecine légale et expertises médicales, douleur. Bon à savoir pour les jeunes : les internes sont rémunérés dès la première année d'internat.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'essentiel du travail se passe en entretien. Le psychiatre reçoit le patient, l'écoute raconter ce qu'il vit, pose des questions, observe. À partir de là, il pose un diagnostic (en s'appuyant sur des classifications internationales comme la CIM-11 ou le DSM-5) et construit un projet de soins : traitement médicamenteux, psychothérapie, orientation vers un psychologue, un infirmier de secteur, un éducateur, une structure adaptée. Il revoit ensuite le patient régulièrement pour ajuster le traitement, repérer les effets secondaires, évaluer les progrès.
Au quotidien, cela veut dire aussi : gérer des situations de crise (tentative de suicide, bouffée délirante, agitation aux urgences), animer des réunions de synthèse avec l'équipe soignante, rédiger des comptes rendus et des certificats, échanger avec les familles — particulièrement en pédopsychiatrie, où l'on travaille toujours avec les parents et souvent avec l'école. Une partie des psychiatres décide aussi de soins sans consentement, une responsabilité lourde encadrée par la loi.
Deux grands modes d'exercice cohabitent. À l'hôpital ou en centre médico-psychologique (CMP), on travaille en équipe pluridisciplinaire, avec des horaires variables, des gardes et des astreintes, parfois la nuit et le week-end. En cabinet libéral, on organise soi-même son agenda : consultations de 30 à 45 minutes, rythme plus régulier, mais gestion d'entreprise à assurer. Beaucoup alternent les deux (temps partiel hospitalier + cabinet).
Le métier est peu exigeant physiquement, mais psychiquement dense : entendre chaque jour de la souffrance demande de la solidité et une capacité à poser des limites entre soi et le patient. La téléconsultation s'est fortement développée en psychiatrie — c'est l'une des spécialités où elle fonctionne le mieux, puisqu'il n'y a pas d'examen clinique — ce qui rend possible une part de travail à distance, sans jamais remplacer complètement le présentiel.
Les portes sont nombreuses. On peut se spécialiser : pédopsychiatrie (enfants et adolescents), addictologie, psychiatrie de la personne âgée, psychiatrie légale et expertise judiciaire, psycho-oncologie, périnatalité, unités pour malades difficiles. On peut se former à une ou plusieurs psychothérapies (TCC, thérapie familiale, EMDR, psychanalyse) via des DU ou des instituts spécialisés. Côté carrière, il est possible de devenir chef de service ou de pôle, de diriger un établissement, de basculer vers l'université comme professeur des universités-praticien hospitalier (enseignement + recherche), ou encore de rejoindre la recherche clinique, l'industrie pharmaceutique ou la santé publique. Enfin, l'installation en libéral reste l'option choisie par une grande partie des psychiatres au fil de leur carrière.
C'est l'une des spécialités médicales où la demande est la plus forte, et de loin. Environ un tiers des postes de psychiatres sont vacants dans le secteur public, et plus de 2 500 postes seraient non pourvus en 2026 dans les établissements de santé mentale, hôpitaux généraux et structures médico-sociales. Paradoxalement, la spécialité peine encore à attirer les internes : environ 15 % des postes d'internat en psychiatrie sont restés vacants en 2025, malgré la campagne #ChoisirPsychiatrie. La pédopsychiatrie est en situation critique : seulement 355 pédopsychiatres exerçaient au 1er janvier 2025, certains départements n'en comptant aucun, alors que le nombre d'enfants et d'adolescents suivis a augmenté de 60 % en vingt ans. Conséquence pour qui se lance : un emploi quasi garanti, un choix géographique très large, des délais d'installation courts en libéral — mais aussi une charge de travail élevée et des files d'attente de patients importantes. La santé mentale a été déclarée grande cause nationale, ce qui laisse espérer des moyens supplémentaires.