France Travail retient un salaire de référence d'environ 2 180 € brut par mois pour ce métier. Comme dans toute la pêche, la rémunération se fait le plus souvent « à la part » : le marin touche un pourcentage du produit de la vente, avec une rémunération minimale garantie (93,76 € brut par jour de mer). Un débutant embarqué tourne autour de 1 700-2 200 € brut, un professionnel installé à son compte entre 2 500 et 4 500 €, avec de fortes variations. Les revenus sont très saisonniers (la saison de l'oursin ne dure que quelques mois) et dépendent du cours des produits : le corail rouge se vend au gramme et peut faire de très bonnes années, mais aussi des saisons blanches en cas de mauvaise météo. La plupart des professionnels cumulent plusieurs activités sur l'année.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme unique « pêcheur sous-marin ». Le parcours se construit en deux temps : d'abord devenir marin, ensuite devenir plongeur professionnel.
1) La voie maritime : après la 3e, CAP maritime de matelot (2 ans) ou Bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes option pêche (3 ans) dans un lycée professionnel maritime (Sète, Bastia, Le Guilvinec, Étel, Paimpol, La Rochelle, Boulogne-sur-Mer…). En formation continue, le Certificat de matelot pont (environ 6 mois) est la porte d'entrée la plus directe. Pour devenir patron de son propre bateau, il faut ensuite un brevet de capitaine (capitaine 200 pêche) ou un BTS maritime PGEM.
2) La voie plongée : le Certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) mention B « techniques, sciences, pêche, aquaculture », classe I pour intervenir jusqu'à 30 m, classe II ou III (option pêche au corail) pour les grandes profondeurs. Ces formations sont délivrées par des centres agréés (Lycée de la mer Paul-Bousquet à Sète, centres privés type Aquadomia ; l'INPP de Marseille, historiquement le centre de référence, a été liquidé en juin 2024). Un certificat médical d'aptitude hyperbare, renouvelé chaque année, est indispensable.
3) L'accès à la ressource : au-delà des diplômes, il faut obtenir une licence de pêche professionnelle et une autorisation spécifique (autorisation de recherche et de pêche pour l'oursin, certificat de corailleur pour le corail rouge), délivrées par le comité régional des pêches (CRPMEM) ou la Direction interrégionale de la mer, en nombre très limité et à renouveler chaque année.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence tôt, souvent avant le lever du soleil, sur un petit bateau de « petite pêche ». Le pêcheur sous-marin vérifie la météo et l'état de la mer, prépare son matériel (combinaison, détendeurs, bouteilles ou narguilé — un tuyau qui envoie l'air depuis la surface —, paniers, crochets, filets de récolte) puis rejoint une zone de pêche qu'il connaît par cœur. Sous l'eau, il repère et sélectionne les prises à la main : oursins mûrs et de taille réglementaire, branches de corail rouge, coquillages, algues ou éponges. Chaque plongée est chronométrée et suit des règles de sécurité strictes : profondeur, temps de fond, paliers de décompression à la remontée.
De retour à bord, il trie, calibre et conditionne sa récolte, remplit son carnet de pêche et déclare ses captures. Une bonne partie de son temps se passe aussi hors de l'eau : entretien du matériel de plongée (gonflage, révision des détendeurs, rinçage), entretien du bateau, vente directe sur le port ou livraison aux poissonniers et restaurants, gestion administrative de son entreprise et suivi des autorisations.
C'est un métier saisonnier, physique et réglementé. La pêche à l'oursin en Méditerranée, par exemple, n'est ouverte que quelques mois par an (de novembre à mi-avril selon les arrêtés préfectoraux, avec une taille minimale de capture et des quotas journaliers) et le nombre d'autorisations est contingenté : seulement une quinzaine de licences oursins en région Sud, une centaine de corailleurs pour toute la Méditerranée. Selon les départements, la récolte se fait en apnée (Var, Alpes-Maritimes) ou en scaphandre autonome (Bouches-du-Rhône), sur dérogation.
L'eau est froide, les courants parfois violents, et les corailleurs descendent jusqu'à 80-100 mètres pour des plongées où 20 minutes de travail au fond peuvent imposer plus de 3 heures de paliers de remontée. Le risque d'accident de décompression est réel : visite médicale hyperbare annuelle obligatoire, certificat d'aptitude à l'hyperbarie à jour, et jamais de plongée seul. Le reste de l'année, beaucoup complètent avec une autre activité (petite pêche aux filets, travaux subaquatiques, encadrement de plongée).
On commence rarement directement comme pêcheur sous-marin : on entre d'abord dans le monde de la mer comme matelot, on obtient ses brevets maritimes, puis ses qualifications de plongée professionnelle, avant d'acheter son bateau et de décrocher — quand une place se libère — une licence. L'évolution naturelle, c'est de devenir patron pêcheur à son compte, de développer la vente directe ou la transformation (corail travaillé en bijouterie, par exemple), ou de se diversifier vers le pescatourisme et la sensibilisation à l'environnement.
Les qualifications hyperbares ouvrent aussi d'autres portes : scaphandrier travaux publics, plongeur en archéologie sous-marine ou en aquaculture, plongeur scientifique pour un institut de recherche, moniteur de plongée. Beaucoup de professionnels naviguent entre ces activités selon les saisons.
C'est un métier de niche, avec très peu de places. Le nombre de licences est volontairement limité pour protéger la ressource : une quinzaine d'autorisations de recherche et de pêche pour l'oursin en région Sud, autour d'une centaine de corailleurs pour l'ensemble de la Méditerranée, dont seulement sept en Corse. Les stocks d'oursins se raréfient (le sujet est régulièrement porté devant le Sénat) et la réglementation se durcit : quotas, tailles minimales, périodes de fermeture, zones interdites dans les parcs nationaux des Calanques et de Port-Cros. Concrètement, on n'entre pas dans ce métier en répondant à une offre d'emploi : on s'y installe en reprenant une place laissée libre, souvent après plusieurs années comme marin ou plongeur professionnel, et généralement dans un cadre familial ou local. Le conseil réaliste : viser d'abord les métiers de la mer et de la plongée professionnelle, qui recrutent, et garder la pêche sous-marine comme spécialisation à construire.