Pêcheur sous-marin / Pêcheuse sous-marine

Pêcheuse sous-marine
À partir du CAP / BEP Emploi : Difficile
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Pêcheur sous-marin / Pêcheuse sous-marine
Karl Callwood / Unsplash
Salaire net ~1 404 – 3 510 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le pêcheur sous-marin descend sous l'eau, en apnée ou en scaphandre, pour récolter à la main des espèces que les filets ne peuvent pas attraper : oursins, corail rouge, coquillages, algues ou éponges. C'est un métier de mer extrêmement rare — quelques centaines de professionnels en France — qui combine plongée technique, connaissance fine des fonds et respect de quotas très stricts. Une passion qui se transforme en travail, mais qui demande un vrai sang-froid et une hygiène de vie de sportif de haut niveau.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 404 €
net / mois
≈ 1,0 SMIC
1 800 € brut
Expérimenté
3 510 €
net / mois
≈ 2,5 SMIC
4 500 € brut

France Travail retient un salaire de référence d'environ 2 180 € brut par mois pour ce métier. Comme dans toute la pêche, la rémunération se fait le plus souvent « à la part » : le marin touche un pourcentage du produit de la vente, avec une rémunération minimale garantie (93,76 € brut par jour de mer). Un débutant embarqué tourne autour de 1 700-2 200 € brut, un professionnel installé à son compte entre 2 500 et 4 500 €, avec de fortes variations. Les revenus sont très saisonniers (la saison de l'oursin ne dure que quelques mois) et dépendent du cours des produits : le corail rouge se vend au gramme et peut faire de très bonnes années, mais aussi des saisons blanches en cas de mauvaise météo. La plupart des professionnels cumulent plusieurs activités sur l'année.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du CAP / BEP
Diplôme de référence : CAP maritime de matelot

Il n'existe pas de diplôme unique « pêcheur sous-marin ». Le parcours se construit en deux temps : d'abord devenir marin, ensuite devenir plongeur professionnel.

1) La voie maritime : après la 3e, CAP maritime de matelot (2 ans) ou Bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes option pêche (3 ans) dans un lycée professionnel maritime (Sète, Bastia, Le Guilvinec, Étel, Paimpol, La Rochelle, Boulogne-sur-Mer…). En formation continue, le Certificat de matelot pont (environ 6 mois) est la porte d'entrée la plus directe. Pour devenir patron de son propre bateau, il faut ensuite un brevet de capitaine (capitaine 200 pêche) ou un BTS maritime PGEM.

2) La voie plongée : le Certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) mention B « techniques, sciences, pêche, aquaculture », classe I pour intervenir jusqu'à 30 m, classe II ou III (option pêche au corail) pour les grandes profondeurs. Ces formations sont délivrées par des centres agréés (Lycée de la mer Paul-Bousquet à Sète, centres privés type Aquadomia ; l'INPP de Marseille, historiquement le centre de référence, a été liquidé en juin 2024). Un certificat médical d'aptitude hyperbare, renouvelé chaque année, est indispensable.

3) L'accès à la ressource : au-delà des diplômes, il faut obtenir une licence de pêche professionnelle et une autorisation spécifique (autorisation de recherche et de pêche pour l'oursin, certificat de corailleur pour le corail rouge), délivrées par le comité régional des pêches (CRPMEM) ou la Direction interrégionale de la mer, en nombre très limité et à renouveler chaque année.

Diplômes les plus adaptés

CAP
CAP maritime de matelot
Autre
Certificat de matelot pont (option pêche)
Autre
Certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) mention B, classe I

Diplômes envisageables

Bac
Bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes - pêche
Bac+2
BTS maritime Pêche et gestion de l'environnement marin (PGEM)

Certifications et permis

Requis
Certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) mention B, classe I Obligatoire pour toute récolte en scaphandre autonome jusqu'à 30 m de profondeur.
Atout
Certificat d'aptitude à l'hyperbarie classe II ou III, option pêche au corail Indispensable pour les corailleurs, qui plongent bien au-delà de 30 m.
Requis
Licence de pêche professionnelle et autorisation spécifique (ARP oursins, certificat de corailleur) Délivrée en nombre contingenté par le comité régional des pêches ou la Direction interrégionale de la mer, à renouveler chaque année.
Requis
Certificat de formation de base à la sécurité (CFBS) Formation sécurité obligatoire pour tout marin embarqué (survie, lutte contre l'incendie, premiers secours).
Requis
Certificat d'aptitude médicale à la navigation et visite médicale hyperbare annuelle Examens approfondis (cardiovasculaire, audiogramme, ORL) renouvelés chaque année pour continuer à plonger.
Atout
Agrément sanitaire Exigé pour commercialiser directement certains produits comme les oursins.
Atout
Permis mer / brevet de capitaine 200 Nécessaire pour être patron de son propre bateau et non simple équipier.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Plongée en apnée et en scaphandre autonome
Indispensable Maîtrise des tables de décompression et des paliers de remontée
Indispensable Connaissance de la réglementation des pêches (quotas, tailles, saisons)
Important Identification des espèces marines et lecture des fonds
Important Entretien du matériel de plongée (détendeurs, compresseur, narguilé)
Important Conduite et manœuvre d'un navire de petite pêche
Un plus Tri, conditionnement et conservation des produits de la mer
Un plus Vente directe et gestion d'une petite entreprise

Les qualités qui comptent

Important Sens de l'observation
Important Autonomie et débrouillardise
Indispensable Sang-froid et gestion du stress sous l'eau
Indispensable Rigueur et respect absolu des procédures de sécurité
Important Endurance et excellente condition physique
Important Conscience écologique et sens de la ressource durable

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

La journée commence tôt, souvent avant le lever du soleil, sur un petit bateau de « petite pêche ». Le pêcheur sous-marin vérifie la météo et l'état de la mer, prépare son matériel (combinaison, détendeurs, bouteilles ou narguilé — un tuyau qui envoie l'air depuis la surface —, paniers, crochets, filets de récolte) puis rejoint une zone de pêche qu'il connaît par cœur. Sous l'eau, il repère et sélectionne les prises à la main : oursins mûrs et de taille réglementaire, branches de corail rouge, coquillages, algues ou éponges. Chaque plongée est chronométrée et suit des règles de sécurité strictes : profondeur, temps de fond, paliers de décompression à la remontée.

De retour à bord, il trie, calibre et conditionne sa récolte, remplit son carnet de pêche et déclare ses captures. Une bonne partie de son temps se passe aussi hors de l'eau : entretien du matériel de plongée (gonflage, révision des détendeurs, rinçage), entretien du bateau, vente directe sur le port ou livraison aux poissonniers et restaurants, gestion administrative de son entreprise et suivi des autorisations.

Les conditions de travail

C'est un métier saisonnier, physique et réglementé. La pêche à l'oursin en Méditerranée, par exemple, n'est ouverte que quelques mois par an (de novembre à mi-avril selon les arrêtés préfectoraux, avec une taille minimale de capture et des quotas journaliers) et le nombre d'autorisations est contingenté : seulement une quinzaine de licences oursins en région Sud, une centaine de corailleurs pour toute la Méditerranée. Selon les départements, la récolte se fait en apnée (Var, Alpes-Maritimes) ou en scaphandre autonome (Bouches-du-Rhône), sur dérogation.

L'eau est froide, les courants parfois violents, et les corailleurs descendent jusqu'à 80-100 mètres pour des plongées où 20 minutes de travail au fond peuvent imposer plus de 3 heures de paliers de remontée. Le risque d'accident de décompression est réel : visite médicale hyperbare annuelle obligatoire, certificat d'aptitude à l'hyperbarie à jour, et jamais de plongée seul. Le reste de l'année, beaucoup complètent avec une autre activité (petite pêche aux filets, travaux subaquatiques, encadrement de plongée).

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Élevé
Environnement mer, extérieur, véhicule
Comment ça évolue ?

On commence rarement directement comme pêcheur sous-marin : on entre d'abord dans le monde de la mer comme matelot, on obtient ses brevets maritimes, puis ses qualifications de plongée professionnelle, avant d'acheter son bateau et de décrocher — quand une place se libère — une licence. L'évolution naturelle, c'est de devenir patron pêcheur à son compte, de développer la vente directe ou la transformation (corail travaillé en bijouterie, par exemple), ou de se diversifier vers le pescatourisme et la sensibilisation à l'environnement.

Les qualifications hyperbares ouvrent aussi d'autres portes : scaphandrier travaux publics, plongeur en archéologie sous-marine ou en aquaculture, plongeur scientifique pour un institut de recherche, moniteur de plongée. Beaucoup de professionnels naviguent entre ces activités selon les saisons.

Perspectives d'emploi

Difficile

C'est un métier de niche, avec très peu de places. Le nombre de licences est volontairement limité pour protéger la ressource : une quinzaine d'autorisations de recherche et de pêche pour l'oursin en région Sud, autour d'une centaine de corailleurs pour l'ensemble de la Méditerranée, dont seulement sept en Corse. Les stocks d'oursins se raréfient (le sujet est régulièrement porté devant le Sénat) et la réglementation se durcit : quotas, tailles minimales, périodes de fermeture, zones interdites dans les parcs nationaux des Calanques et de Port-Cros. Concrètement, on n'entre pas dans ce métier en répondant à une offre d'emploi : on s'y installe en reprenant une place laissée libre, souvent après plusieurs années comme marin ou plongeur professionnel, et généralement dans un cadre familial ou local. Le conseil réaliste : viser d'abord les métiers de la mer et de la plongée professionnelle, qui recrutent, et garder la pêche sous-marine comme spécialisation à construire.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Corailleur / CorailleuseOursinier / OursinièrePêcheur / Pêcheuse en plongéeTubiste subaquatiquePlongeur pêcheur professionnelPêcheur d'oursinsPêcheur de corail rougeMarin pêcheur plongeur

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéChef d'entrepriseArtisan