Les écarts sont énormes selon le mode d'exercice. Un ophtalmologue débutant salarié ou praticien hospitalier démarre autour de 4 000 € brut/mois (hors gardes et primes), soit environ 5 000 à 9 000 € net/mois en milieu de carrière à l'hôpital avec l'ancienneté et les astreintes. En libéral, c'est une autre échelle : le revenu net moyen d'activité d'un ophtalmologue libéral dépassait 200 000 € par an en 2025 (soit environ 17 000 € net/mois), avec des profils très chirurgicaux en secteur 2 qui vont bien au-delà. Attention : en libéral, ce sont des honoraires, dont il faut déduire le loyer du cabinet, le matériel (très coûteux), les salaires des orthoptistes et secrétaires, les cotisations et les assurances. Pendant l'internat, on est rémunéré : environ 1 600 à 2 400 € brut/mois selon l'année, plus les gardes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Environ 11 ans d'études après le bac, exclusivement à l'université. 1) Une première année PASS (parcours accès santé spécifique) ou L.AS (licence avec option accès santé), très sélective. 2) Le 2e cycle de médecine jusqu'en 6e année, sanctionné par les EDN (épreuves dématérialisées nationales, qui ont remplacé l'ECN depuis 2023) : le classement obtenu détermine l'accès à la spécialité, et l'ophtalmologie fait partie des spécialités les plus demandées, donc parmi les mieux classées. 3) L'internat d'ophtalmologie, soit 10 à 12 semestres (5 ans) répartis entre consultation, bloc, rétine, glaucome, pédiatrie. 4) Soutenance d'une thèse d'exercice donnant le diplôme d'État de docteur en médecine + validation du DES d'ophtalmologie. L'inscription au tableau de l'Ordre des médecins est obligatoire avant d'exercer. Bon à savoir pour un lycéen : un bac général avec spécialités scientifiques (SVT, physique-chimie, maths) est le profil très largement majoritaire. Des passerelles existent pour entrer directement en 2e ou 3e année de médecine après une autre formation (licence scientifique, pharmacie, école d'ingénieur), mais les places sont peu nombreuses.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'ophtalmologue passe environ 80 % de son temps en consultation et 20 % au bloc opératoire. En consultation, il commence par écouter le patient (vision floue, douleur, mouches volantes, maux de tête…), puis mesure l'acuité visuelle, examine l'œil à la lampe à fente, contrôle la pression intraoculaire, réalise un fond d'œil ou un champ visuel. Il interprète des images très techniques — OCT (une sorte de scanner de la rétine), angiographie, topographie de la cornée — pour poser son diagnostic.
Ensuite il traite : prescription de lunettes ou de lentilles, collyres, injections intraoculaires (très fréquentes pour la DMLA), séances de laser. Au bloc, il opère surtout des cataractes (l'intervention chirurgicale la plus pratiquée en France), mais aussi des décollements de rétine, des glaucomes, des strabismes, ou réalise de la chirurgie réfractive au laser pour corriger la myopie. Une partie importante de son activité consiste aussi à travailler en équipe avec des orthoptistes qui réalisent les pré-examens, ce qui lui permet de voir plus de patients.
Deux mondes coexistent. En libéral (le mode d'exercice majoritaire, environ 3 ophtalmologues sur 4), on travaille en cabinet de ville ou en centre d'ophtalmologie, avec des journées assez régulières type 8h30-18h, et une demi-journée ou une journée par semaine en clinique pour opérer. À l'hôpital, les horaires sont plus contraignants : gardes et astreintes pour assurer les urgences oculaires (traumatismes, corps étrangers, brûlures chimiques), week-ends de permanence, parfois des nuits sur place.
Physiquement, ce n'est pas un métier de force, mais il demande une posture souvent statique et concentrée, penché sur des appareils, et une motricité fine irréprochable — la fatigue visuelle et les tensions cervicales font partie du quotidien. Le télétravail reste marginal : la téléconsultation et la télé-expertise se développent (lecture de rétinographies à distance, avis d'urgence), mais l'examen technique et la chirurgie exigent la présence physique.
Après l'internat, on peut se surspécialiser via des DIU ou des « fellowships » : chirurgie de la rétine, cornée et greffes, glaucome, chirurgie réfractive, ophtalmopédiatrie, oculoplastie (chirurgie des paupières), neuro-ophtalmologie, basse vision. Côté carrière, on peut créer ou reprendre un cabinet, monter un centre d'ophtalmologie pluriprofessionnel avec des orthoptistes salariés, devenir praticien hospitalier puis chef de service, ou s'orienter vers l'enseignement et la recherche (professeur des universités-praticien hospitalier). D'autres voies existent hors soin direct : recherche clinique et innovation (thérapie génique, implants, intelligence artificielle de dépistage), industrie du dispositif médical, expertise médicale (médecin conseil, aptitude visuelle des pilotes ou des conducteurs), ou humanitaire — les missions de chirurgie de la cataracte à l'étranger sont nombreuses.
L'ophtalmologie est l'une des spécialités médicales les plus en tension en France. On compte environ 5 500 praticiens en activité pour un besoin estimé autour de 8 000, avec chaque année nettement plus de départs à la retraite que de nouveaux diplômés. Résultat : des délais de rendez-vous qui vont de quelques semaines dans les grandes métropoles à plusieurs mois ailleurs, et un ophtalmologue sur trois qui ne prend plus de nouveaux patients. Concrètement, un jeune diplômé n'a aucune difficulté à s'installer et peut choisir sa région ; certaines collectivités rurales proposent des primes d'installation de 20 000 à 50 000 €. Le numerus apertus a été relevé et le travail aidé (délégation d'actes aux orthoptistes) se généralise pour absorber la demande, mais le rééquilibrage démographique prendra encore une dizaine d'années. Le vrai goulot d'étranglement n'est pas l'emploi : c'est l'accès à la spécialité, très demandée au classement des EDN.