Un débutant démarre autour du SMIC conventionnel de la branche des industries et services nautiques (environ 1 800 € brut par mois), les offres se situant plutôt entre 1 800 et 2 200 € brut. Après quelques années et une bonne maîtrise des composites ou de l'agencement haut de gamme, la rémunération monte vers 2 300 à 3 000 € brut, davantage pour un chef d'équipe ou sur des yachts de luxe. Les salaires sont en moyenne plus élevés en Côte d'Azur, en Bretagne et en Pays de la Loire. Les primes (déplacement, intéressement, heures supplémentaires en haute saison) complètent souvent le fixe, et les artisans installés à leur compte sur le refit peuvent dépasser ces fourchettes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe passe par un CAP de menuiserie (CAP menuisier fabricant, éventuellement CAP ébéniste ou CAP menuisier installateur), complété par une spécialisation nautique : la FCIL menuiserie agencement nautique (1 an après un CAP ou un bac pro) ou le titre professionnel « Constructeur aménageur nautique bois et composites » (niveau 3, proposé notamment par l'AFPA d'Auray, labellisé CINav). Le bac pro Technicien menuisier-agenceur est très apprécié des chantiers, car il ajoute la lecture de plans complexes, l'usinage sur machines à commande numérique et l'encadrement d'équipe. D'autres portes d'entrée existent côté maritime : CAP maintenance nautique, bac pro maintenance nautique. Un BTS (Développement et réalisation bois, ou Étude et réalisation d'agencement) ouvre vers le bureau d'études et l'encadrement. L'alternance est très courante, et la filière recrute aussi via des contrats de professionnalisation sans diplôme préalable, sur la seule motivation et l'habileté manuelle.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent par la lecture des plans de l'architecte naval ou du bureau d'études : le menuisier en construction nautique traduit un dessin en pièces réelles. Il trace, débite et usine des panneaux de contreplaqué marine, du teck, de l'acajou ou du chêne sur des machines d'atelier (scie à format, toupie, ponceuse, parfois commande numérique). Comme aucune paroi de coque n'est droite, il prend des gabarits directement à bord pour relever les formes courbes, puis ajuste ses pièces au millimètre.
Vient ensuite la pose : il monte les cloisons, fixe les meubles et les couchettes, installe l'ébénisterie de bord, les capots de pont et une partie de l'accastillage. Il assure les finitions (ponçage, vernis, joints) qui font la différence sur un bateau haut de gamme. Selon les chantiers, il fabrique aussi des moules et des pièces en composite (stratification verre/polyester), rénove des éléments abîmés par l'humidité ou l'usage, et prépare les passages des réseaux (eau, électricité) avec les autres corps de métier. Sur un chantier de restauration, il peut remettre en état un bateau classique unique ; sur une chaîne de production en série, il reproduit des modules identiques à cadence régulière.
Le travail se fait principalement en atelier couvert, dans un chantier naval spécialisé dans la construction ou la réparation de bateaux de plaisance, à voile ou à moteur. Les horaires sont généralement des horaires de journée, parfois en équipes sur les gros sites industriels (Bénéteau, Fountaine-Pajot, CNB…) et avec des pics d'activité avant les salons nautiques ou la saison estivale. Le métier est concentré sur les façades maritimes : Vendée, Loire-Atlantique, Bretagne, Charente-Maritime, Côte d'Azur.
C'est un métier physique et minutieux à la fois : on travaille debout, souvent à genoux ou dans des espaces confinés à l'intérieur d'une coque, parfois en hauteur sur un échafaudage. Le port d'équipements de protection est indispensable (poussières de bois, résines, solvants, bruit). Le télétravail n'existe pas : tout se joue à l'atelier et à bord.
Avec l'expérience, on peut se spécialiser : agencement haut de gamme et essences rares sur les yachts, restauration de bateaux du patrimoine, composites, prototypage. L'évolution classique passe par les postes de chef d'équipe, chef d'atelier puis responsable de production ou technicien méthodes / bureau d'études. Beaucoup de professionnels s'installent aussi à leur compte comme artisans, sur la réparation, le refit et l'aménagement sur mesure. Les compétences acquises sont transférables vers la menuiserie-agencement classique, l'ébénisterie, l'agencement de véhicules aménagés (vans, camping-cars) ou l'aménagement intérieur du bâtiment.
La France est le premier constructeur européen de bateaux de plaisance et le deuxième mondial, avec plus de 60 % de la production exportée. La filière nautique affiche environ 1 500 postes à pourvoir chaque année et identifie le menuisier d'agencement nautique parmi ses métiers en tension, aux côtés de l'opérateur composites, du mécanicien nautique, de l'électricien marine et de l'accastilleur. Les chantiers peinent à recruter des profils formés aux spécificités du bois marine et du composite, ce qui rend l'insertion rapide après une formation courte, y compris en reconversion. Les recrutements se concentrent sur les bassins littoraux (Vendée, Loire-Atlantique, Morbihan, Charente-Maritime, Var, Alpes-Maritimes) et l'activité reste sensible à la conjoncture du marché de la plaisance, mais la réparation et le refit amortissent les creux.