Pendant l'internat, on est déjà rémunéré : environ 2 200 € net par mois hors gardes en début d'internat. À l'hôpital, un praticien débutant démarre autour de 4 100 € brut mensuel, avec une progression à l'ancienneté et des primes (gardes, exercice exclusif). En libéral — le mode d'exercice de la grande majorité des médecins vasculaires — on raisonne en honoraires : les estimations situent la moyenne autour de 12 000 € brut par mois, mais il faut en retirer les charges du cabinet, l'URSSAF et la CARMF (de l'ordre de 45 à 60 % selon les sources), soit un revenu net souvent estimé entre 6 000 et 8 000 € par mois. Les écarts sont importants selon la région, le secteur conventionnel (1 ou 2), la part de gestes techniques (sclérothérapie, laser) et le volume de consultations.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter environ 11 ans après le bac. Après un bac général (spécialités conseillées : SVT, physique-chimie ou mathématiques), on entre en PASS (parcours d'accès spécifique santé) ou en L.AS (licence avec option accès santé). Suivent le 2e cycle (externat, 3 ans) puis les EDN (épreuves dématérialisées nationales), qui déterminent le choix de spécialité. La médecine vasculaire est un DES (diplôme d'études spécialisées) de 4 ans, soit 8 semestres d'internat, créé en 2017 : c'est aujourd'hui LA voie officielle pour exercer la phlébologie. La thèse d'exercice donne le diplôme d'État de docteur en médecine. Attention : la filière est très sélective par sa rareté — seulement une cinquantaine de postes ouverts chaque année en France. Des formations complémentaires (DU de phlébologie médicale, DIU de techniques avancées en phlébologie, DIU d'échographie vasculaire) permettent d'approfondir les gestes techniques. Avant 2017, on exerçait via la capacité d'angiologie ou le DESC de médecine vasculaire, aujourd'hui remplacés.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un médecin phlébologue s'organise autour de consultations d'une vingtaine à une quarantaine de minutes. Il commence par écouter le patient (jambes lourdes, douleurs, œdèmes, varices apparues), puis examine les jambes debout et allongé. Vient ensuite l'écho-Doppler : à l'aide d'une sonde à ultrasons et d'un gel, il « filme » en temps réel le sang qui circule dans les veines et les artères, repère les reflux, les caillots, les rétrécissements, et dessine une véritable cartographie veineuse du patient.
À partir de ce bilan, il traite lui-même la plupart des situations : sclérothérapie (injection d'un produit qui fait disparaître la varice), traitement thermique endoveineux au laser ou par radiofréquence, prescription de bas de contention, d'anticoagulants ou de règles d'hygiène de vie. Il assure aussi la prise en charge des phlébites et des embolies pulmonaires, le suivi des ulcères de jambe, le dépistage du risque cardiovasculaire (artérite des membres inférieurs, sténose carotidienne, anévrisme de l'aorte) et le suivi des patients diabétiques. Quand une opération lourde s'impose, il oriente vers le chirurgien vasculaire et travaille en réseau avec cardiologues, dermatologues, médecins traitants et infirmiers.
La très grande majorité des médecins vasculaires exercent en libéral, dans leur propre cabinet ou dans un cabinet de groupe : sur environ 2 000 praticiens en France, près de 1 800 sont libéraux. Les autres travaillent à l'hôpital ou en clinique, dans des services de médecine vasculaire et thérapeutique, avec des gardes et de l'hospitalisation. Les horaires du libéral sont plutôt réguliers (journées de cabinet, pas de nuit en général), mais les journées sont denses et l'agenda souvent saturé.
Le métier est essentiellement sédentaire, mais pas immobile : passer plusieurs heures par jour la sonde à la main, dans des postures parfois contraignantes, expose aux troubles musculo-squelettiques de l'épaule et du poignet. Le télétravail est marginal : l'écho-Doppler et les gestes de traitement se font obligatoirement en présentiel, seules quelques téléconsultations de suivi sont possibles. C'est un métier de gestes précis, de contact humain répété et, en libéral, de gestion d'entreprise (locaux, matériel d'échographie coûteux, secrétariat, comptabilité).
On peut se sur-spécialiser : phlébologie interventionnelle et esthétique (traitement des varices et des varicosités), pathologie thrombo-embolique, lymphologie (lymphœdèmes), plaies et cicatrisation, microcirculation, échographie vasculaire de haut niveau. D'autres évoluent vers l'hôpital public en devenant praticien hospitalier, chef de service, voire professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) en associant soin, enseignement et recherche clinique.
D'autres pistes existent : l'expertise médicale, la recherche clinique (essais sur les anticoagulants, les dispositifs endoveineux), la formation des internes et le DPC, ou encore la direction d'un centre vasculaire pluridisciplinaire. Enfin, comme tout médecin, on peut réorienter sa carrière vers la médecine du travail, la santé publique, l'industrie pharmaceutique ou les dispositifs médicaux.
La spécialité recrute sans difficulté : environ 2 000 médecins vasculaires en France pour une population vieillissante et des pathologies veineuses et artérielles très fréquentes. Plus d'un tiers des praticiens ont dépassé 60 ans et les départs à la retraite ne sont pas compensés : seulement une quarantaine à une cinquantaine de postes d'internes sont ouverts chaque année, ce qui a conduit les sociétés savantes et l'AFIMV à alerter publiquement sur le risque d'asphyxie de la spécialité (question au Sénat en 2025). Concrètement, pour un jeune diplômé, cela signifie des offres d'association et de reprise de cabinet nombreuses partout en France, y compris hors grandes métropoles, et un accès rapide à une patientèle. La difficulté n'est donc pas de trouver un emploi, mais d'obtenir une place d'internat en médecine vasculaire aux EDN.