À l'hôpital public, un praticien hospitalier débute autour de 4 000 à 4 600 € brut/mois (soit environ 3 200 à 3 700 € net) et atteint 7 500 à 8 300 € brut en fin de carrière selon les échelons — auxquels s'ajoutent les indemnités de garde et d'astreinte, qui pèsent lourd dans la fiche de paie. En clinique privée, un profil confirmé dépasse fréquemment 10 000 € brut/mois. En libéral, la rémunération moyenne se situe entre 12 000 et 16 000 € brut/mois (150 000 à 200 000 € de BNC par an), mais il faut en déduire charges, cotisations et assurance professionnelle. Pendant l'internat, un interne est rémunéré (environ 1 600 à 2 300 € net/mois selon l'année, gardes comprises).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Comptez 11 à 12 ans d'études après le bac. Le parcours : une 1re année PASS (parcours accès santé spécifique) ou L.AS (licence avec option accès santé), puis la poursuite du cursus de médecine jusqu'à la 6e année. Les épreuves nationales de fin de 2e cycle (EDN, ex-ECN) déterminent le classement qui permet de choisir la spécialité — l'anesthésie-réanimation reste une spécialité prisée (environ 479 postes ouverts en 2025-2026). Suit l'internat : le DES d'Anesthésie-Réanimation dure 5 ans, organisé en phase socle, phase d'approfondissement et phase de consolidation (docteur junior), avec des stages en anesthésie, réanimation, urgences, pédiatrie, obstétrique. La soutenance d'une thèse délivre le Diplôme d'État de docteur en médecine mentionnant la spécialité. L'inscription à l'Ordre des médecins est ensuite obligatoire pour exercer. Des FST (formations spécialisées transversales : médecine d'urgence, douleur, réanimation pédiatrique…) et des DU permettent de se surspécialiser.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence bien avant le bloc opératoire, en consultation pré-anesthésique : le MAR interroge le patient sur ses antécédents, ses allergies, ses traitements, évalue les risques et choisit la technique d'anesthésie la plus adaptée (générale, locorégionale, péridurale…). Il explique aussi comment se passera le réveil et la prise en charge de la douleur.
Au bloc opératoire, il installe le patient, l'endort, sécurise ses voies respiratoires et surveille en continu la respiration, la tension, le rythme cardiaque, la profondeur du sommeil. Il ajuste les doses en temps réel pendant que le chirurgien opère : c'est lui le garant de la sécurité vitale du patient pendant toute l'intervention. Ensuite vient la salle de réveil, où il vérifie que tout redémarre normalement et soulage les douleurs post-opératoires.
L'autre versant du métier, c'est la réanimation : prise en charge des patients en état critique (détresse respiratoire, choc septique, polytraumatisme), ventilation artificielle, gestion des défaillances d'organes. Beaucoup de MAR interviennent aussi en obstétrique (péridurales, césariennes en urgence), au SMUR, ou dans les équipes de prise en charge de la douleur. À l'hôpital, ils encadrent les internes, les infirmiers anesthésistes (IADE) et participent souvent à la recherche.
Le métier s'exerce à l'hôpital public, en clinique privée, ou en libéral rattaché à un établissement. Les journées au bloc suivent le programme opératoire : elles se terminent quand l'intervention est finie, ce qui provoque des dépassements d'horaires fréquents. S'y ajoutent les gardes de nuit et de week-end (souvent 18h-8h), obligatoires pour assurer la continuité des soins, rémunérées et compensées par des repos de sécurité.
C'est un environnement debout, sous pression, où la moindre erreur peut être vitale — mais aussi très collectif : le MAR est le coordinateur d'une équipe (IADE, IDE, aides-soignants, chirurgiens). Le stress, la charge mentale et la permanence des soins sont les contraintes les plus souvent citées par la profession. En contrepartie, le métier offre une grande autonomie technique et une reconnaissance forte.
On peut se spécialiser : anesthésie pédiatrique, cardiaque, neurochirurgicale, obstétricale, médecine d'urgence préhospitalière (SMUR), médecine de la douleur, coordination de prélèvements d'organes. Une formation spécialisée transversale (FST) ou un DU permettent d'orienter la carrière.
Côté carrière hospitalière, on progresse vers chef de service, chef de pôle, ou vers l'université (maître de conférences puis professeur des universités – praticien hospitalier, avec activité d'enseignement et de recherche). D'autres bifurquent vers la direction médicale d'établissement, la santé publique, la gestion de la qualité et des risques, ou l'industrie pharmaceutique. L'installation en libéral en clinique est aussi une voie très choisie, avec des revenus nettement supérieurs.
Le métier est en forte tension : plus de 35 % des postes de praticiens hospitaliers en anesthésie-réanimation étaient vacants au 1er janvier 2024 selon le SNPHARe, et 57 % des services de médecine intensive déclarent au moins un poste non pourvu. Environ 12 000 anesthésistes-réanimateurs exercent en France, avec plus de 300 départs en retraite attendus dans les cinq ans. Résultat : un diplômé trouve un poste sans difficulté, et peut choisir sa région et son mode d'exercice — les zones rurales et les petits établissements recrutent particulièrement. La contrepartie de cette pénurie, ce sont des charges de garde lourdes et une pression forte sur les équipes en place.