En sortie de CQP, la rémunération se situe autour de 1 800 à 2 100 € bruts par mois, dans la lignée des grilles de la convention collective des services de l'automobile (le métier est positionné à l'échelon 9 du RNQSA, avec des échelons 10 et 11 accessibles avec l'expérience ou des responsabilités élargies). Un professionnel confirmé et reconnu sur une marque ou une époque peut atteindre 2 500 à 3 200 € bruts, et davantage en tant qu'artisan à son compte, où le revenu dépend du carnet de commandes et du positionnement (haut de gamme, compétition historique, restauration complète). Pendant la formation en contrat de professionnalisation, tu es rémunéré en pourcentage du SMIC selon ton âge.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le socle, c'est d'abord une formation généraliste en mécanique automobile : CAP Maintenance des véhicules option A voitures particulières (2 ans après la 3e), éventuellement complété par un Bac pro Maintenance des véhicules. La spécialisation « véhicules anciens » vient ensuite : le CQP Mécanicien réparateur de véhicules anciens et historiques (RNCP39343, niveau 4), créé par Mobilians et l'ANFA avec le soutien de la FFVE, se prépare en contrat de professionnalisation sur environ 14 mois (environ 680 h en centre) dans 6 à 8 établissements agréés en France, dont le GARAC (Argenteuil). L'accès se fait sur diplôme automobile (CAP/Bac pro) plus tests d'aptitude et de motivation. Autre porte d'entrée : la FCIL Maintenance et restauration de véhicules historiques (post-CAP ou post-bac, 1 an), notamment au lycée des métiers de l'automobile Château d'Épluches (Saint-Ouen-l'Aumône) et dans quelques lycées comme Jean Guéhenno à Vannes. Pour aller plus loin côté technique et encadrement, le BTS Maintenance des véhicules est envisageable. La FFVE apporte une aide financière aux entreprises adhérentes qui accueillent un apprenti en CQP : n'hésite pas à passer par elle pour trouver ton employeur.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Ta journée se passe dans un atelier, autour de véhicules qui ne ressemblent en rien à ceux du garage du coin. Tu démontes un moteur, tu contrôles l'usure des pièces au micromètre, tu refais une culasse, tu règles un carburateur ou un allumage, tu remets en état une boîte de vitesses, un circuit de freinage ou un faisceau électrique 6 volts. Comme la voiture n'a aucun calculateur, le diagnostic se fait « à l'ancienne » : par l'écoute, l'observation, la logique et la mesure.
Une grande partie du travail est aussi de la recherche : retrouver la revue technique d'époque, un plan, une cote d'origine, ou dénicher une pièce qui ne se fabrique plus. Quand elle n'existe plus, il faut parfois la réajuster, la refaire ou la faire refaire. Tu ne remplaces pas en « échange standard » comme sur une voiture moderne : tu répares. Chaque intervention est aussi documentée, parce que l'objectif est de rendre le véhicule à son état d'origine, sans le dénaturer.
Tu travailles en atelier, le plus souvent dans une petite structure spécialisée, un garage d'artisan, chez un préparateur, dans un musée, une collection privée ou une écurie de véhicules historiques. Les horaires sont plutôt classiques (journée, du lundi au vendredi), avec des pics avant les grands rendez-vous du calendrier : Rétromobile, Le Mans Classic, rallyes historiques, ventes aux enchères. Tu fais aussi des essais routiers pour valider tes réglages.
Le travail est manuel et salissant : postures au sol ou sous pont, manipulation de pièces lourdes, produits et solvants, port des EPI. L'effort physique reste modéré mais réel. Le contact client compte beaucoup : les propriétaires sont des passionnés qui veulent comprendre ce que tu fais et pourquoi ça coûte ce que ça coûte.
Avec l'expérience, tu peux devenir technicien expert VAH (l'échelon supérieur reconnu par la branche des services de l'automobile), puis chef d'équipe ou responsable d'atelier. Beaucoup de professionnels finissent par ouvrir leur propre atelier : le secteur est majoritairement composé de très petites entreprises et d'artisans.
D'autres voies s'ouvrent aussi : la spécialisation sur une marque ou une époque (avant-guerre, youngtimers, moto ancienne), la préparation de véhicules de compétition historique, la conversion électrique de véhicules anciens (retrofit), l'expertise et l'estimation pour les assurances ou les maisons de vente, ou encore la tôlerie-formage VAH pour élargir ses compétences à la carrosserie.
Le marché des véhicules d'époque pèse plus de 3,5 milliards d'euros en France, avec plus de 1 000 clubs et une soixantaine de musées, et la demande de restauration ne faiblit pas. Le problème est inverse : les entreprises ne trouvent pas de bras. Selon la FFVE, environ 42 % des professionnels du secteur peinent à renforcer leurs équipes, au point que la Fédération a lancé son propre Forum de l'emploi dédié aux métiers de la restauration des véhicules historiques. Le savoir-faire de restauration a été inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel français en 2021, ce qui a donné un vrai coup de projecteur au métier. Les postes se trouvent surtout dans de petites structures spécialisées, réparties sur tout le territoire, et le bouche-à-oreille ainsi que les salons (Rétromobile, Époqu'Auto) restent des portes d'entrée efficaces. Attention toutefois : le nombre de places en CQP reste limité (6 à 8 centres) et il faut souvent décrocher son entreprise d'accueil avant d'entrer en formation.