Un assistant ou une assistante luthière débute généralement autour du SMIC (environ 1 800-1 900 € brut par mois), soit à peu près 1 450-1 550 € net. Avec l'expérience et une bonne réputation, la rémunération d'un luthier salarié se situe le plus souvent entre 2 400 et 3 300 € brut par mois. À son compte, les revenus sont très variables : ils dépendent du carnet de commandes, de la part de vente et de location d'instruments, et de la notoriété de l'atelier. Les premières années d'installation sont souvent maigres, mais un luthier reconnu (instruments de concert, expertise, restauration d'instruments anciens) peut dépasser nettement ces fourchettes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux grandes voies coexistent. La voie « quatuor » (violon, alto, violoncelle, contrebasse) passe par le CAP assistant luthier du quatuor (2 ans après la 3e) puis, pour le niveau le plus recherché, par le DN MADE mention Instrument, spécialité lutherie du quatuor (3 ans après le bac), préparé à l'École nationale de lutherie de Mirecourt (lycée Jean-Baptiste-Vuillaume), seule formation publique de France dans ce domaine — il a remplacé l'ancien DMA lutherie. L'entrée y est très sélective : quelques places par an, et une pratique musicale ainsi qu'un stage préalable en atelier sont attendus.
La voie « guitare et facture instrumentale » passe par le CAP assistant technique en instruments de musique option guitare, puis le BMA technicien en facture instrumentale option guitare (2 ans après le CAP), notamment à l'ITEMM du Mans et au lycée Fernand-Léger à Bédarieux. Des FCIL et des formations privées de lutherie guitare complètent l'offre.
Dans tous les cas, l'apprentissage se poursuit longtemps après le diplôme : plusieurs années auprès d'un luthier confirmé sont nécessaires avant de pouvoir s'installer. Une bonne pratique instrumentale et de solides bases en travail du bois sont de vrais atouts à l'entrée en formation.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Dans son atelier, le luthier ou la luthière commence souvent la journée par les réparations et les réglages : remplacer une corde, ajuster un chevalet, redresser un manche de guitare, recoller une table d'harmonie fendue. Ces interventions du quotidien représentent l'essentiel du chiffre d'affaires de la plupart des ateliers.
La fabrication d'un instrument neuf, elle, se déroule sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Il faut choisir les bois (épicéa pour la table, érable pour le fond et les éclisses, ébène pour la touche), les laisser sécher parfois des années, puis découper, raboter, sculpter la volute, creuser les voûtes, ajuster l'âme, poser les filets, monter l'instrument et appliquer patiemment les couches de vernis. Chaque geste se fait à la main, avec des outils traditionnels : gouges, rabots miniatures, racloirs, canifs.
Une grande partie du métier consiste enfin à écouter : essayer l'instrument, le faire jouer par le musicien, comprendre ce qu'il ou elle cherche comme son, puis modifier un réglage d'un dixième de millimètre pour l'obtenir. S'y ajoutent la vente, la location d'instruments aux élèves des conservatoires, l'expertise et parfois la restauration d'instruments anciens de grande valeur.
Le travail se fait quasi exclusivement en atelier, souvent adossé à une boutique. Les horaires sont plutôt réguliers (type commerce), mais les indépendants prolongent volontiers leurs journées, surtout à la rentrée scolaire ou avant les concours et les concerts. L'effort physique reste modéré : on travaille beaucoup assis ou debout devant un établi, avec des gestes très précis et répétitifs, dans une posture penchée. L'exposition aux poussières de bois, aux colles et aux vernis impose de bonnes habitudes de ventilation et de protection.
La profession est petite : on compte de l'ordre d'un millier de professionnels en France, répartis dans de très nombreuses micro-entreprises, dont une large majorité n'a aucun salarié. Le télétravail n'existe pas : l'instrument et les outils sont dans l'atelier.
Après la formation, on débute presque toujours comme assistant ou assistante dans un atelier établi, en France ou à l'étranger (Allemagne, Italie, Royaume-Uni, États-Unis, Japon), le temps d'acquérir le tour de main et de se constituer un réseau de musiciens. Vient ensuite, pour beaucoup, l'installation à son compte.
On peut se spécialiser : lutherie du quatuor, guitare acoustique ou électrique, harpe, instruments anciens, archèterie (fabrication des archets), ou encore restauration d'instruments patrimoniaux pour les musées et les collections. Certains luthiers deviennent experts (authentification et estimation d'instruments), enseignants dans les écoles de lutherie, ou développent une activité de vente et de location plus large. Les passerelles existent aussi vers les autres métiers de la facture instrumentale (vents, claviers, percussions) et vers les métiers du bois et de la restauration d'objets d'art.
Le métier est passionnant mais l'accès en est étroit. Les places en formation sont peu nombreuses et très demandées, en particulier à Mirecourt. Côté emploi, la profession compte de l'ordre d'un millier de professionnels en France, majoritairement des indépendants : environ 60 % des ateliers n'ont aucun salarié, ce qui limite mécaniquement les offres de poste. Les débuts se font souvent en magasin de musique ou comme assistant dans un atelier, parfois à l'étranger. L'installation à son compte demande du temps pour se constituer une clientèle fidèle (musiciens, conservatoires, orchestres, écoles de musique). Les activités d'entretien, de réparation et de location, plus régulières que la fabrication, constituent le socle économique de la plupart des ateliers. Les profils polyvalents (quatuor + guitare, ou lutherie + expertise) et ceux qui savent se faire connaître en ligne s'en sortent le mieux.