Un débutant démarre généralement entre 1 800 et 2 200 € brut par mois (souvent autour du SMIC + primes en sortie de CAP, davantage avec un bac pro ou un CQP). Après 3 à 5 ans, la rémunération se situe entre 2 400 et 2 900 € brut. Un chef d'équipe pose atteint 2 800 à 3 500 € brut, et un technicien de maintenance de centrales expérimenté 3 000 à 3 800 €. S'ajoutent presque toujours des primes de panier, de déplacement et de grand déplacement, qui pèsent lourd dans la fiche de paie. À son compte, un artisan installateur RGE peut dégager 35 000 à 80 000 € brut par an selon son carnet de commandes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas un diplôme unique et obligatoire : le métier se construit à partir d'une base bâtiment ou électricité, complétée par une spécialisation solaire.
Voie la plus courte : un CAP (électricien, couvreur, ou monteur en installations thermiques) suivi d'une spécialisation. Voie la plus solide : un bac pro (MELEC, installateur en chauffage climatisation et énergies renouvelables, maintenance et efficacité énergétique, ou métiers du froid et des énergies renouvelables), très souvent en apprentissage.
La certification de référence du métier est le CQP Installateur mainteneur en systèmes solaires thermiques et photovoltaïques, créé par la branche du bâtiment, enregistré au RNCP au niveau 4 (RNCP37644) et finançable via le CPF. Il se prépare en formation continue (AFPA, INES Formation, CFA du bâtiment, organismes agréés) et s'adresse aussi bien aux jeunes en reconversion qu'aux salariés du bâtiment. Un titre professionnel « Installateur de systèmes photovoltaïques » existe également.
Pour aller plus loin (bureau d'études, encadrement, maintenance de centrales), un BTS Fluides Énergies Domotique ou un BTS Maintenance des systèmes option énergétique ouvre l'accès aux fonctions de technicien supérieur.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent tôt, au dépôt : on charge le camion (panneaux, rails de fixation, câbles, onduleur, harnais de sécurité) puis direction le chantier. Sur place, tu sécurises la zone, tu montes l'échafaudage ou la ligne de vie, et tu prépares la toiture : repérage des chevrons, pose des crochets ou des rails, reprise de l'étanchéité. Vient ensuite le montage des modules, panneau par panneau, en respectant le calepinage prévu par le bureau d'études.
La deuxième moitié du métier est électrique : tu câbles les panneaux entre eux (les « strings »), tu tires les câbles jusqu'à l'onduleur, tu poses le coffret de protection et tu raccordes au tableau électrique, parfois à une batterie de stockage. Sur les installations thermiques (chauffe-eau solaire), tu travailles plutôt la plomberie : capteurs, circuit hydraulique, ballon, régulation. Puis tu mets en service, tu mesures, tu contrôles que la production correspond à ce qui était annoncé, et tu expliques au client comment suivre sa consommation.
Enfin, il y a la maintenance : visites de contrôle, nettoyage des modules, recherche de panne quand un onduleur décroche ou qu'une chaîne ne produit plus, remplacement de composants, mise à jour des supervisions à distance. C'est la partie « enquête » du métier, celle qui demande de comprendre vraiment comment fonctionne l'installation.
C'est un métier de plein air et de hauteur : toitures de maisons, hangars agricoles, bâtiments tertiaires, parfois grandes centrales au sol. Il faut supporter le soleil comme le froid, porter des charges (un panneau pèse 18 à 25 kg), travailler à genoux ou en équilibre — le tout avec un équipement de protection systématique, car le risque de chute et le risque électrique sont réels. On travaille presque toujours en binôme ou en équipe de 3 à 5 personnes, avec des déplacements quotidiens dans un rayon régional (le permis B est indispensable) et parfois des grands déplacements sur des chantiers de centrales.
Les horaires suivent le rythme des chantiers : départ tôt, journées pleines, parfois allongées pour finir une pose avant la pluie. Le télétravail est impossible, sauf pour les rares tâches de supervision à distance. Les employeurs sont surtout des PME du bâtiment, des entreprises d'électricité ou de génie climatique, des installateurs spécialisés RGE, et de plus en plus d'exploitants de centrales solaires.
Après quelques années, tu peux devenir chef d'équipe puis chef de chantier, ou te spécialiser : maintenance de centrales au sol, stockage sur batteries, bornes de recharge, pompes à chaleur. Beaucoup basculent vers le commercial technique (chiffrage, visite technique, conseil client) ou vers le bureau d'études après une formation complémentaire de type BTS. La création d'entreprise est très courante dans ce métier : avec la qualification RGE QualiPV, un artisan installateur peut monter sa structure et travailler directement pour des particuliers. Enfin, les passerelles vers l'électricité générale, la couverture ou le génie climatique restent ouvertes toute la carrière.
C'est un des métiers les plus tendus du bâtiment, au bon sens du terme : la demande dépasse largement le nombre de professionnels formés. La croissance de l'autoconsommation chez les particuliers, l'équipement des bâtiments agricoles et tertiaires, les ombrières de parkings et le déploiement des centrales au sol alimentent un besoin continu de poseurs et de techniciens de maintenance. Les plateformes d'emploi affichent en permanence plusieurs centaines d'offres actives en France, réparties sur tout le territoire, avec une forte concentration dans le Sud, l'Ouest et la région Rhône-Alpes. Les entreprises recrutent aussi bien des débutants formés en alternance que des profils issus de la couverture, de l'électricité ou du génie climatique. Deuxième bonne nouvelle : au parc déjà installé s'ajoute chaque année un stock de systèmes à entretenir, ce qui crée un gisement durable d'emplois de maintenance, moins soumis aux à-coups des aides publiques que la pose neuve.