En début de carrière, un ingénieur d'études de prix démarre autour de 2 600 à 3 000 € bruts par mois (environ 32 000 à 36 000 € bruts annuels). Après 5 à 10 ans, la rémunération se situe couramment entre 3 500 et 4 500 € bruts mensuels, et un responsable ou directeur d'études de prix dans un grand groupe peut dépasser 5 000 € bruts. Le salaire médian observé se situe autour de 3 500-3 600 € bruts mensuels. À cela s'ajoutent fréquemment une part variable liée aux affaires remportées, des primes de panier en déplacement, une voiture de fonction dans certaines entreprises, ainsi que l'intéressement et la participation, très répandus dans les grands groupes du BTP.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus fréquente est un Bac+5 : diplôme d'ingénieur d'une école spécialisée BTP / génie civil (ESTP, INSA, Polytech, ESITC, CESI, EIVP, ENTPE...) ou master mention génie civil à l'université. On y entre après un bac général (spécialités maths / physique-chimie ou sciences de l'ingénieur), un bac STI2D, une prépa scientifique, ou en admission parallèle après un BTS/BUT.
Une voie progressive existe et fonctionne très bien dans ce métier : BTS management économique de la construction (ex-BTS études et économie de la construction) ou BUT génie civil - construction durable, éventuellement suivi d'une licence professionnelle métiers du BTP, puis d'une école d'ingénieurs en alternance. Beaucoup de professionnels commencent comme technicien études de prix ou métreur et évoluent vers le poste d'ingénieur avec l'expérience.
L'alternance est particulièrement valorisée : elle permet d'apprendre les prix réels du marché, ce qu'aucun cours ne peut enseigner. Une double compétence technique + gestion/commerce (3e cycle en management de projet, en achats ou en école de commerce) est très appréciée des recruteurs.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, il commence par analyser le dossier de consultation : plans d'architecte, CCTP (le cahier qui décrit chaque prestation attendue), contraintes de site, délais imposés. Il réalise ensuite les métrés — le calcul détaillé des quantités : mètres cubes de terrassement, tonnes d'acier, mètres carrés de façade. Il consulte fournisseurs et sous-traitants pour obtenir des prix, les compare, négocie. Il chiffre la main-d'œuvre, la durée des tâches, la location des grues et des engins, les frais de chantier. En parallèle, il propose des variantes techniques : un autre mode constructif, un matériau différent, un phasage plus malin qui fait gagner trois semaines. Il construit son devis sur des logiciels spécialisés et sur Excel, rédige le mémoire technique qui accompagne l'offre, et présente son chiffrage à la direction avant remise. Il va aussi régulièrement sur le terrain : une visite de site révèle souvent ce qu'aucun plan ne montre (accès étroit, sol instable, réseaux enterrés).
Le métier s'exerce essentiellement en bureau, au siège ou en agence d'une entreprise de BTP, en bureau d'études, en cabinet d'économistes de la construction ou chez un maître d'œuvre. Les horaires sont globalement classiques, mais rythmés par les dates de remise des offres : à l'approche d'une échéance, les journées s'allongent, car un dossier remis en retard est un dossier perdu. Le poste est très collaboratif : échanges permanents avec les conducteurs de travaux, les acheteurs, les méthodes, les commerciaux, parfois les juristes pour sécuriser les clauses du marché. Les déplacements sont ponctuels (visites de site, rendez-vous fournisseurs) et le télétravail partiel est aujourd'hui courant dans les grands groupes, car le travail de chiffrage se fait sur ordinateur. L'effort physique est faible, mais la charge mentale est réelle : on gère plusieurs dossiers en parallèle, avec une pression forte sur la fiabilité des chiffres.
C'est un poste qui ouvre beaucoup de portes, parce qu'il donne une vision complète du projet — technique, économique et contractuelle. Après quelques années, on peut devenir responsable ou directeur du service études de prix, encadrer une équipe de deviseurs et de techniciens, ou passer côté production comme conducteur de travaux puis directeur de travaux. D'autres évoluent vers les achats, le montage d'opérations immobilières, le développement commercial (chargé d'affaires), l'expertise en économie de la construction en libéral, ou vers des fonctions liées au numérique du bâtiment comme BIM manager. Les spécialisations sont nombreuses : ouvrages d'art, génie civil nucléaire, réhabilitation énergétique, TCE (tous corps d'état), grands projets d'infrastructure.
Le métier fait partie des profils les plus recherchés du BTP. Le secteur annonce environ 143 000 projets de recrutement en 2026, dont près des deux tiers jugés difficiles à pourvoir, et les fonctions études de prix figurent parmi les postes les plus en tension : toutes les entreprises, de la PME au grand groupe, ont besoin de chiffrer leurs offres pour exister commercialement. La demande est portée par la rénovation énergétique du parc immobilier, les grands projets d'infrastructures (Grand Paris Express, lignes ferroviaires, ouvrages d'art à rénover) et le renouvellement des générations. Conséquence concrète pour un jeune diplômé : les débouchés sont réels partout en France, y compris hors des grandes métropoles, et l'alternance débouche très souvent sur une embauche. Le point de vigilance : le secteur reste sensible à la conjoncture du logement neuf, plus fragile ces dernières années que les travaux publics et la rénovation.