Herboriste

À partir du Bac Emploi : Stable
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Herboriste
Brooke Balentine / Unsplash
Salaire net ~1 248 – 2 340 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

L'herboriste connaît les plantes sur le bout des doigts : il les cultive ou les cueille, les fait sécher, les transforme en tisanes, huiles ou baumes, puis conseille les clients sur leurs usages et leurs précautions. C'est un métier à la croisée de la nature, de l'artisanat et du contact humain, porté par l'engouement pour le bien-être et le naturel. Attention : en France le diplôme d'herboriste a été supprimé en 1941, le métier reste donc à construire soi-même, souvent en s'installant comme producteur ou en ouvrant sa boutique.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 248 €
net / mois
< 1 SMIC
1 600 € brut
Expérimenté
2 340 €
net / mois
≈ 1,6 SMIC
3 000 € brut

Salarié en herboristerie, magasin bio ou parapharmacie : environ 1 500 à 2 000 € brut par mois en début de carrière, jusqu'à 2 500-3 200 € avec de l'expérience et des responsabilités de gestion de point de vente (souvent complétés par des primes sur le chiffre d'affaires). Pour un paysan-herboriste installé à son compte, il ne s'agit pas d'un salaire mais d'un revenu très variable : les premières années tournent fréquemment autour du SMIC, voire en dessous, le temps de constituer la clientèle et la gamme de produits. Une petite herboristerie indépendante réalise souvent un chiffre d'affaires de 38 000 à 45 000 € par an, largement absorbé par les charges. Les revenus progressent avec la diversification (ateliers, cosmétiques, vente en ligne, accueil à la ferme). Le pharmacien-herboriste, lui, démarre autour de 28 000 à 33 000 € brut annuels.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du Bac
Diplôme de référence : BP REA — Responsable d'entreprise agricole, orientation paysan-herboriste / PPAM

Il n'existe aucun diplôme d'État d'herboriste en France depuis la loi de 1941 : le métier n'est pas réglementé, ce qui rend le choix de formation d'autant plus important.

La voie la plus structurée et reconnue est agricole : le BP REA (Brevet professionnel Responsable d'entreprise agricole), niveau bac, accessible dès 18 ans sans condition de diplôme, en 1 an, en formation continue ou en apprentissage. Le CFPPA de Nyons (Drôme) propose depuis 2020 une orientation « paysan-herboriste » spécifiquement dédiée aux plantes médicinales, à la transformation et au conseil ; d'autres centres (Montmorot, Le Valentin) proposent des BP REA orientés PPAM bio. On peut le compléter par le CS Conduite de la production de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (CS PPAM), un certificat de spécialisation de niveau 4 en un an.

Avant cela, un bac pro CGEA ou un BTSA production horticole / Agronomie-productions végétales donne de solides bases agronomiques. Pour la partie boutique et conseil, un bac pro ou BTS commerce peut aider à gérer un point de vente.

En parallèle, des écoles privées d'herboristerie (École lyonnaise de plantes médicinales, École des plantes de Paris, ARH, Cap Santé…) proposent des cursus de 1 à 4 ans, en présentiel ou à distance, regroupées depuis 2014 au sein de la Fédération française des écoles d'herboristerie. Attention : ces formations, souvent payantes et non financées, délivrent des certificats d'école sans reconnaissance de l'État ni inscription au RNCP. Elles sont utiles pour les connaissances botaniques, pas pour obtenir un titre.

À l'université, des DU/DIU de phytothérapie ou de plantes médicinales existent mais sont généralement réservés aux professionnels de santé. Enfin, le diplôme d'État de docteur en pharmacie (6 ans) est le seul parcours permettant légalement de vendre l'ensemble des plantes médicinales de la Pharmacopée et d'en évoquer les usages thérapeutiques.

Des voies non diplômantes complètent bien le parcours : compagnonnage PPAM et herboristerie (Fermes d'Avenir), stages chez un producteur installé, WWOOFing en ferme de plantes.

Diplômes les plus adaptés

Bac
BP REA — Responsable d'entreprise agricole, orientation paysan-herboriste / PPAM
Bac
CS Conduite de la production de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (CS PPAM)

Diplômes envisageables

Bac
Bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA)
Bac+2
BTSA Agronomie et cultures durables / Production horticole
Bac
Bac pro Métiers du commerce et de la vente (pour la partie boutique / herboristerie de détail)
Bac+5
Diplôme d'État de docteur en pharmacie (seule voie pour vendre toutes les plantes médicinales)
Autre
Certificat d'école d'herboristerie (École lyonnaise de plantes médicinales, École des plantes de Paris, ARH…) — non reconnu par l'État

Certifications et permis

Atout
Formation hygiène alimentaire (HACCP) Très souvent nécessaire dès qu'on transforme et vend des tisanes, sirops ou produits alimentaires à base de plantes.
Atout
Certiphyto (certificat individuel produits phytopharmaceutiques) Obligatoire uniquement si l'on utilise des produits phytosanitaires ; inutile en conduite 100 % biologique.
Atout
Certification Agriculture Biologique (AB) ou marque Simples Non obligatoire, mais un vrai atout commercial et un gage de qualité reconnu par la clientèle et les réseaux de vente.
Atout
Permis B Quasi indispensable pour les tournées de cueillette, les livraisons et les marchés en zone rurale.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Botanique et reconnaissance des plantes
Indispensable Connaissance des propriétés, dosages et contre-indications des plantes
Indispensable Maîtrise du cadre réglementaire (monopole pharmaceutique, 148 plantes libérées, allégations interdites)
Indispensable Séchage, tri et transformation (tisanes, macérats, baumes, distillation)
Important Techniques de culture et de cueillette durable
Important Gestion commerciale : stocks, traçabilité des lots, étiquetage, vente directe

Les qualités qui comptent

Important Pédagogie et goût de la transmission
Important Curiosité et veille permanente
Indispensable Écoute et sens du conseil
Indispensable Rigueur et prudence (savoir dire « allez voir un médecin »)
Un plus Endurance et résistance aux saisons

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

La journée d'un herboriste dépend beaucoup de la voie choisie. Le paysan-herboriste passe une grande partie de son temps dehors : il sème, désherbe, récolte camomille, thym, mélisse ou calendula au bon stade végétatif, part en cueillette sauvage sur ses zones repérées, puis rentre à l'atelier pour le séchage, le tri, l'ébarbage, parfois la distillation d'huiles essentielles. Vient ensuite le conditionnement (sachets de tisanes, macérats, baumes, sirops), l'étiquetage réglementaire, et la vente sur les marchés, en AMAP, en magasin bio ou en ligne.

Le conseiller en herboristerie, lui, travaille surtout en boutique, en magasin de produits naturels ou en parapharmacie. Il accueille les clients, écoute leur demande (sommeil difficile, digestion, fatigue), propose des plantes adaptées et — c'est essentiel — signale les contre-indications et les interactions avec des médicaments, tout en renvoyant systématiquement vers un médecin dès qu'un symptôme sort du bien-être. Il compose des mélanges de tisanes, gère les stocks et la traçabilité des lots, anime parfois des ateliers ou des balades botaniques.

Dans les deux cas, une part importante du travail est invisible : la veille botanique et réglementaire. Les listes de plantes autorisées évoluent, les règles sur les allégations santé sont strictes, et se tromper de plante ou de partie de plante peut avoir des conséquences réelles.

Les conditions de travail

C'est un métier de terrain et de saisons. Le rythme est très irrégulier : intense de mai à septembre pour les récoltes, plus calme l'hiver, consacré à la transformation, à la vente et à la préparation de la saison suivante. Le travail en extérieur expose à la météo, avec des postures accroupies et du port de charges ; en boutique, on reste debout, avec des horaires de commerce (samedis inclus).

Le cadre juridique est la grande particularité française. Le certificat d'herboriste a été supprimé en 1941 : la vente des plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée relève du monopole pharmaceutique, à l'exception des 148 plantes « libérées » par le décret de 2008, vendables par des non-pharmaciens uniquement sous statut de denrée alimentaire, condiment ou cosmétique, et sans allégation thérapeutique. Concrètement : on peut vendre et informer, pas prescrire ni promettre de guérir. Beaucoup d'herboristes exercent donc comme agriculteurs, artisans ou commerçants, souvent en micro-entreprise, avec des revenus modestes les premières années. Le collectif est important : réseaux, syndicats et fédérations soutiennent la profession et militent pour sa reconnaissance.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Modéré
Environnement exploitation agricole, extérieur, atelier, commerce
Comment ça évolue ?

On peut se spécialiser dans une gamme (cosmétique naturelle, aromathérapie, plantes tinctoriales, plantes sauvages de montagne), passer en agriculture biologique ou obtenir une mention comme la marque Simples, ou développer la distillation d'huiles essentielles. Beaucoup élargissent leur activité vers la formation, l'animation de stages de botanique, l'accueil à la ferme et l'agrotourisme, ou la vente en ligne.

D'autres évoluent vers la gestion : ouvrir puis développer une herboristerie, encadrer une équipe, structurer une filière locale avec d'autres producteurs. Il est aussi possible de bifurquer vers des métiers voisins — production PPAM à plus grande échelle, approvisionnement pour des laboratoires de cosmétique ou de compléments alimentaires, naturopathie. Enfin, la voie la plus solide juridiquement reste les études de pharmacie : seul le pharmacien peut vendre l'ensemble des plantes médicinales et se prévaloir d'un usage thérapeutique.

Perspectives d'emploi

Stable

La demande du public est en forte croissance : engouement pour les plantes, le bien-être, le bio et les circuits courts, développement de la cosmétique naturelle et des compléments alimentaires. Mais cette dynamique se traduit surtout par des créations d'activité, pas par des offres d'emploi salarié : les postes en herboristerie de détail sont rares et concentrés dans les grandes villes, et la filière PPAM recrute surtout des saisonniers pour les récoltes. On recensait environ 750 paysans-herboristes en France en 2018, un chiffre en progression. L'essentiel des débouchés passe donc par l'installation à son compte — ce qui suppose un projet solide, du foncier ou un local, une trésorerie de départ et une bonne maîtrise du cadre réglementaire. Les métiers connexes (magasins bio, parapharmacies, laboratoires de phytothérapie, approvisionnement et qualité matières premières) offrent des passerelles salariées plus accessibles. La reconnaissance officielle du métier reste un sujet de débat parlementaire depuis 2018, sans issue à ce jour.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Paysan herboriste / Paysanne herboristeProducteur-cueilleur / Productrice-cueilleuse de plantes médicinalesConseiller / Conseillère en herboristeriePraticien / Praticienne en herboristerieVendeur / Vendeuse en herboristeriePhytothérapeuteHerbaliste

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéIndépendant / Auto-entrepreneurChef d'entrepriseArtisanCommerçantApprenti / Alternant