Goémonier / Goémonière

Goémonière
À partir du CAP / BEP Emploi : Stable
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Goémonier / Goémonière
Jeanne Pelegrin / Unsplash
Salaire net ~1 404 – 2 730 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le goémonier récolte les algues sauvages en mer, à bord d'un bateau équipé d'un bras hydraulique, ou à pied sur l'estran aux grandes marées. Ces algues partent ensuite vers l'alimentation, la cosmétique, la pharmacie ou l'agriculture. Un métier de plein air, physique et très encadré, concentré presque entièrement en Bretagne, où la mer donne le rythme et la saison.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 404 €
net / mois
≈ 1,0 SMIC
1 800 € brut
Expérimenté
2 730 €
net / mois
≈ 1,9 SMIC
3 500 € brut

Un matelot débutant sur un navire goémonier se situe autour du SMIC à 2 000 € brut par mois. La rémunération se fait souvent « à la part » : le marin touche un pourcentage du produit de la vente, ce qui rend les revenus très variables d'une campagne à l'autre selon la météo, les tonnages et le prix des algues. Un patron propriétaire de son bateau peut dépasser 3 000 à 4 000 € brut mensuels sur une bonne saison, mais doit amortir le navire, le carburant et l'entretien. Attention : l'activité étant fortement saisonnière (printemps-automne), beaucoup de professionnels complètent leurs revenus par une autre activité de pêche, de la transformation ou de la vente directe le reste de l'année.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du CAP / BEP
Diplôme de référence : CAP maritime de matelot

Aucun diplôme spécifique « goémonier » n'existe : on entre dans le métier par la filière maritime. La voie la plus directe est le CAP maritime de matelot (2 ans après la 3e, en lycée professionnel maritime), qui forme un marin polyvalent du pont et inclut un stage embarqué. Pour adultes ou en reconversion, le certificat de matelot pont (CMP, ex-CIN) se prépare en 6 mois environ et suffit pour embarquer.

Pour viser à terme le poste de patron et la propriété d'un navire, le bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes (CGEM) option pêche est la formation de référence : navigation, stratégie de pêche, sécurité, gestion d'entreprise. Un BTSM Pêche et gestion de l'environnement marin permet d'aller plus loin (commandement, gestion de la ressource).

Les lycées professionnels maritimes de Bretagne (Le Guilvinec, Paimpol, Étel) et le CEFCM (Concarneau) sont les principaux organismes. À noter : le métier reste accessible sans diplôme avec de l'expérience dans la pêche, à condition de détenir les certificats de sécurité et l'aptitude médicale. Pour la récolte d'algues de rive à pied, l'enjeu est moins le diplôme que l'obtention de la licence CRPMEM et l'immatriculation de l'activité.

Diplômes les plus adaptés

CAP
CAP maritime de matelot
Bac
Bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes - option pêche

Diplômes envisageables

CAP
CAP maritime de conchyliculture
Bac
Bac pro Cultures marines
Bac+2
BTSM Pêche et gestion de l'environnement marin

Certifications et permis

Requis
CFBS - Certificat de formation de base à la sécurité Formation sécurité obligatoire pour tout marin embarqué (survie, lutte contre l'incendie, secourisme).
Requis
Certificat de matelot pont (CMP, ex-CIN) Titre d'entrée dans la filière maritime, indispensable pour exercer à bord d'un navire de pêche.
Requis
Licence de récolte d'algues du CRPMEM Autorisation annuelle délivrée par le comité régional des pêches, obligatoire pour récolter des algues sauvages à titre professionnel.
Requis
Certificat d'aptitude médicale à la navigation maritime Visite médicale des gens de mer, à renouveler régulièrement pour pouvoir embarquer.
Atout
Capitaine 200 pêche Brevet permettant de commander un petit navire de pêche : indispensable pour devenir patron de son propre goémonier.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Conduite et manœuvre d'un navire de pêche
Indispensable Techniques de récolte des algues (scoubidou, peigne, faucille)
Indispensable Lecture de la météo marine, des marées et des courants
Important Identification et tri des espèces d'algues
Important Entretien et réparation du matériel de bord (treuil, bras hydraulique, moteur)
Important Application de la réglementation des pêches et des quotas de récolte
Un plus Gestion d'une petite entreprise (licences, ventes, comptabilité)

Les qualités qui comptent

Important Autonomie et sens des responsabilités
Indispensable Endurance physique et résistance au froid
Indispensable Sang-froid et réactivité face aux imprévus en mer
Important Respect de l'environnement et de la ressource

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

Le goémonier récolte des algues marines sauvages — surtout des laminaires (le « goémon ») — pour les revendre à des industriels ou à des transformateurs. Deux façons très différentes d'exercer : embarqué, sur un navire goémonier de 10 à 12 mètres équipé d'un bras hydraulique et d'un « scoubidou » (un crochet en tire-bouchon qui arrache les laminaires du fond) ou d'un peigne ; ou à pied, en cueillant les algues de rive à la main ou à la faucille sur l'estran, uniquement pendant les grandes marées.

Au quotidien, la journée commence tôt : consultation de la météo et des coefficients de marée, préparation du navire, sortie sur les champs d'algues, récolte, puis retour au port pour débarquer le chargement à la grue. À terre, il faut trier, laver, parfois sécher ou pré-transformer les algues, tenir les déclarations de captures, entretenir le moteur, le treuil et les outils de récolte — le matériel souffre beaucoup dans l'eau salée. S'il est à son compte, le goémonier gère aussi la partie entreprise : licences, comptabilité, relations avec les acheteurs, et parfois vente directe.

Les conditions de travail

C'est un métier saisonnier et dépendant de la nature. La récolte s'étale globalement du printemps à l'automne (souvent de mai à octobre), avec des horaires calés sur les marées plutôt que sur l'horloge : on part quand la mer le permet, parfois avant l'aube. Le travail est physique (port de charges, manipulation d'outils lourds, station debout prolongée, humidité, froid) et se déroule dans des zones rocheuses aux forts courants, notamment autour de l'archipel de Molène et du nord Finistère — la sécurité en mer est un vrai enjeu, le métier a longtemps eu la réputation d'être dangereux.

L'activité est strictement réglementée : en Bretagne, il faut une licence de récolte délivrée chaque année par le CRPMEM (demande entre le 15 octobre et le 15 novembre), avec un nombre de licences plafonné par zone, des tailles minimales de coupe, des périodes autorisées et des zones mises en jachère pour préserver la ressource. Le goémonier est généralement affilié au régime social des marins (ENIM) s'il est aussi marin-pêcheur, ou à la MSA sinon. Les statuts vont du matelot salarié (souvent rémunéré « à la part », c'est-à-dire au pourcentage du produit de la vente) au patron propriétaire de son navire.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Élevé
Environnement mer, extérieur, atelier
Comment ça évolue ?

On commence souvent comme matelot sur un navire goémonier, puis on passe patron en obtenant les brevets de conduite de navire (capitaine 200 pêche, par exemple) et en achetant ou reprenant un bateau et une licence. Autre voie : développer une activité de transformation et de vente (algues alimentaires séchées, tartares, cosmétique artisanale, engrais) pour capter plus de valeur qu'en vendant la matière brute.

Les passerelles sont nombreuses vers la pêche côtière, la conchyliculture et l'aquaculture, ou vers l'algoculture (cultiver les algues plutôt que les récolter), une filière en plein développement en France. Avec de l'expérience et une formation complémentaire, on peut aussi rejoindre les entreprises de la filière (achat, qualité, logistique), les comités des pêches ou les structures de gestion de la ressource et des aires marines protégées.

Perspectives d'emploi

Stable

Métier de niche : on compte environ 200 professionnels à l'année et 300 saisonniers sur la récolte et la culture d'algues en Bretagne, qui concentre à elle seule près de 90 % de la production nationale (autour de 70 000 tonnes par an, dont l'essentiel récolté en mer par une petite flottille d'environ 35 navires goémoniers, avec Lanildut comme premier port de débarquement d'algues d'Europe). Le nombre de licences est plafonné pour protéger la ressource : on n'entre donc pas dans le métier par une offre d'emploi classique, mais plutôt en embarquant comme matelot puis en reprenant une entreprise et sa licence — le renouvellement des générations est un vrai enjeu, plusieurs patrons partant à la retraite. En parallèle, la demande en algues progresse (alimentation, cosmétique, agriculture, biotechnologies) et la feuille de route nationale sur les algues soutient le développement de la filière, notamment via l'algoculture, ce qui crée des débouchés autour du métier (transformation, qualité, R&D). Bilan : peu de postes, mais une filière porteuse pour qui vise la Bretagne et accepte la saisonnalité.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Récoltant / Récoltante d'alguesRécolteur / Récolteuse d'alguesPêcheur / Pêcheuse d'alguesMarin goémonierRécoltant professionnel d'algues de riveCueilleur / Cueilleuse d'algues à piedPigoulier

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéIndépendant / Auto-entrepreneurChef d'entreprise